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Critique H2 : Halloween 2 (2009)

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A bout de souffle malgré un Halloween : 20 Ans Après qui aurait pu se profiler comme un nouveau départ, la saga initiée par John Carpenter en 1978 semblait définitivement destinée à s’auto-parodier dans des déclinaisons grotesques et calibrées. La douche froide Halloween : Resurrection aura cependant encouragée les producteurs a revoir leurs ambitions et a aborder le concept sous un angle nouveau. Catapulté sauveur de la franchise, le furieux Rob Zombie n’avait pourtant pas réussi à détacher sa préquelle / remake de certains clichés dans lesquels s’étaient enlisés une majeure partie des séquelles au film original. Si l’approche de l’enfance de Michael Myers s’avérait remarquable, la seconde moitié du métrage ne montrait qu’une bien faible audace à s’éloigner du classique de Carpenter. Lessivé par l’expérience, Zombie s’engage pourtant avec H2 : Halloween 2 dans une retranscription totalement personnelle du mythe, le film déchainant inévitablement dans son sillon un flot de mécontentement et drainant depuis sa sortie une bien piètre réputation. Si elle demeure habillée de quelques défauts mineurs, cette première suite du reboot n’a pourtant rien de la catastrophe annoncée.

 

 

Le choix est aujourd’hui cornélien. Rob Zombie aurait pu se profiler en honnête artisan, à l’image d’un Steve Miner sur le septième opus, et signer sur les bases de son remake un Halloween conventionnel et codifié à souhait, certes divertissant sur l’instant mais probablement destiné à rejoindre une déjà trop longue ribambelle de suites sans réelles ambitions. Fait étonnant, le studio Dimension a pourtant fait le choix de laisser les rennes de son projet à une personnalité forte et ambitieuse, enfin mandatée des pleins pouvoirs pour remanier de manière significative un personnage de croquemitaine jusque ici trop limité. Avec H2 : Halloween 2, le cinéaste Américain prend d’énormes risques, et aborde son concept avec une démence et une passion presque anarchiste. Si le scénario ne déroge pas à la sempiternelle tradition du massacre familial initié le 31 octobre, Zombie retravaille entièrement son emballage et ses personnages pour conférer à son Halloween un souffle nouveau, le réalisateur faisant fit des habituelles contraintes pour orienter son métrage dans les extrêmes les plus affolants. Le traitement des protagonistes est particulièrement significatif de la sombre vision du monde cultivée par leur géniteur. En dressant des personnalités à couteaux tirés, physiquement marquées, psychologiquement déviantes, Zombie transforme la sage Annie Brackett ainsi que la puritaine Laurie Strode en icônes punk, et laisse muer la personnalité de Sam Loomis vers des accents détestables de mercantilisme. Le développement des caractères esquissés par le cinéaste laisse presque émaner de H2 : Halloween 2 un sentiment d’auto-destruction permanent, le film dressant une galerie de portraits marginaux, cabossés, bardés de tatouages, plus prompts à user de paradis artificiels qu’à rentrer dans une norme imposée par la suprématie médiatique. Déjantée dans sa forme, l’œuvre s’éloigne en ce sens des poncifs imposés par les scénarios précédents visant à dresser  des adolescents propres sur eux en Némésis parfaits d’un Myers visage du  mal absolu. Un anti-manichéisme passionnant.

 

 

C’est à cette opposition maléfique que Zombie greffe les contours les plus notables et surprenants. Autrefois uniquement perçu comme une invincible machine à tuer, Myers gagne indiscutablement en épaisseur ce qu’il perd en mystère, le cinéaste faisant preuve d’une réelle audace en dévoilant à plus d’une occasion son tueur sous son véritable visage. Objet de culte, le masque se limite presque à un nostalgique accessoire, l’état dépouillé de ce dernier laissant transparaitre l'aspect animal d’un faciès proprement détaché de toute notion d’humanité. Etrangement complexe et torturé, le Michael Myers en perdition dessiné par Rob Zombie hante H2 : Halloween 2 d’une présence sale et fantomatique, l’aspect décharné du colosse contribuant encore d’avantage à accentuer la noirceur d’une œuvre sans concessions. Véritable voyage sous acides, l’épopée sanglante de Myers s’émaille de plongées hallucinées dans un inconscient torturé, retranscrit à l’écran par de nombreuses apparitions spectrales d’une figure maternelle disparue. Si certaines séquences ne trouvent pas de réelle explication, H2 : Halloween 2 se pare d’un aspect sensitif en partie inhérente à l’ambiance et à la forme quasi-expérimentale du métrage. Une volonté presque avant-gardiste que Rob Zombie traduit dans des images saturées de teintes glauques, l’impérial noir de circonstance se mariant avec des verts et des jaunes poisseux et dégoulinants, ou encore via quelques effets visuels striant les plans d’une présence nerveuse. Bien qu’elle s’avère nettement plus ambitieuse, la réalisation gagne parallèlement en lisibilité par rapport au premier opus, le dynamisme explosif s’intégrant plus volontiers dans le développement azimuté de l’histoire que dans une enfilade épileptique de plans superflus. Malgré quelques écarts excusables, Zombie témoigne avec H2 : Halloween 2 d’une véritable maitrise technique, tout en apportant au métrage un esprit décalé bien personnel absent de son premier essai sur Halloween.

 

 

Le regard ténébreux porté par le réalisateur sur la franchise se renforce d’une brutalité encore plus poussée que sur le reboot. H2 : Halloween 2 transpire d’une violence inédite par l’acharnement témoignée par Myers a appuyer ses coups d’une rage viscérale, ainsi que d’une vulgarité outrancière résolument cohérente à l’anti-conformisme de son œuvre. Autrefois image du slasher lambda, Halloween vire subitement vers une vision nettement plus crasseuse et dérangeante d’un registre fatigué. La gestation trop expéditive du projet aura probablement en partie desservie cette relecture, le métrage de Zombie accusant quelques baisses de rythmes assez dommageables mais néanmoins excusables, ainsi qu’un changement de casting pas forcément emballant en ce qui concerne le personnage de Myers enfant. Le reste de la distribution s’avère en contrepartie impeccable, chaque interprète faisant abstraction du court temps de préparation accordée au projet pour repousser son personnage dans ses derniers retranchements. Continuellement sur la brèche, Scout Taylor-Compton transcende son rôle d’une tension continue ainsi que d’une fragilité palpable, son interprétation de Laurie Strode explosant à l’occasion d’un final brisant définitivement les interdits pour permettre à la franchise de s’orienter vers un éventuel prolongement tout aussi original.

 

 

H2 : Halloween 2 laisse derrière lui les impératifs pour faire table rase du passé. Sujet à polémique par excellence, la démarche burinée de Zombie laissera probablement place à une œuvre incomprise, aux changements peut-être un brin trop radicaux. Mais H2 : Halloween 2 mérite indiscutablement de se faire violence et de daigner accepter les traits d’un visage nouveau, certes déroutant, mais nettement plus intéressant que les suites auxquelles nous avaient habitués les exécutifs de Dimension. 

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