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Critique Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers

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Commençons par situer cet épisode dans la longue saga des Halloween, une franchise aussi irrégulière dans son aspect lucratif que dans le qualitatif. Le premier épisode est un véritable chef d'œuvre du cinéma d'horreur, John Carpenter y a acquis ses lettres de noblesse et les confirmeras dans la suite trois ans plus tard. Mais l'échec retentissant d’Halloween 3 : Le Sang du Sorcier a au moins eu l'avantage de faire comprendre aux producteurs que cette licence est indissociable de son mythique Boogeyman. Le retour de Michael Myers permettra aussi de faire revenir le public dans les salles de cinéma. Il n'en faudra pas plus au producteur Moustapha Akkad - dont l'opportunisme n'est plus à prouver - pour se lancer dans cette nouvelle suite, Hallloween 5 : La Vengeance de Michael Myers. Ainsi la production de ce énième épisode à était mise en chantier bien avant que la promotion du précèdent « produit » ne soit terminée. Et cela se ressent fatalement dans le résultat final, la précipitation liée à l'appât du gain n'étant jamais compatible avec l'art.

 

 

[Début du Spoiler] Le premier Halloween est directement liée à Halloween 2, formant ainsi un seul et même pavé. Halloween 3 n'inclus pas Michael Myers qui est mort brûlé dans le second volume. Il revient dans Halloween 4 miraculeusement indemne pour se venger de sa nièce, puis il est à nouveau criblé de balles et enterré dans l'éboulement d'une ancienne mine de charbon. [Fin du Spoiler]. Mais c'était sans compter sur le lien de parenté entre Myers et les Chevaliers du Zodiaque - jamais ils ne crèvent ?  - et qui trouve dans cette mine en plein effondrement un tunnel l'amenant directement dans un cours d'eau sur lequel il fait alors la planche avec la grâce d'un mérou surgelé. Il est alors recueilli par un Ermite pas net qui le soigne dans sa cahute et le remet sur pied en un an, ce qui tombe plutôt bien étant donné qu'il est opérationnel juste à temps pour la prochaine fête d'Halloween. Myers exécute immédiatement son sauveur et cela même avant que nous ayons eu le temps de comprendre qu'une année entière s'était déjà écoulée. À vrai dire les scènes décrivant les soins prodigués par ce reclus - aussi décalé par rapport au monde extérieur que peut l'être notre assassin - étaient prévues dans le scénario original, mais n'ont malheureusement jamais été tournées. Ce qui est dommage, cela aurait décuplé l'aspect inhumain de notre tueur exécutant de sang-froid celui qui l'a sauvé,  tel Mickey et Malory dans Tueur Nés assassinant leur ami apache. Il est donc temps pour « Micky » - pour les intimes - de se remettre à traquer son arbre généalogique. La petite Jamie Loyd - Danielle Harris et ses faux airs de Punky Brewster -, survivante du précèdent chapitre, est soignée dans un hôpital alors qu'elle à aussi perdue l'usage de la parole suite au traumatisme du précédent volume. Elle est hantée par les meurtres de son oncle au point de les resentir physiquement. Mais ce don médiumnique n'est presque jamais utilisé dans le film, alors qu'il aurait pu être un élément de l'histoire intéressant. Il en va de même pour son incapacité à parler qui aurait pu donner lieu à de nombreuses situations effrayantes pour le spectateur. Cette idée sera aussi balayée en cours de métrage. Elle retrouve donc la parole ce qui est fort dommage, car le doublage dans sa version française est abominable et nous laisse entendre une Jamie Loyd affublée d'une tessiture vocale mélangeant Gollum et Donald Duck.

 

 

Et ça ne va pas en s'arrangeant, car la hâte dans laquelle le réalisateur Dominique Othenin Girard a réalisé Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers  se ressent tout au long du métrage. Les personnages par exemple. Dès le début la grande soeur de Jamie est assassinée, ce qui ne laisse que le Docteur Loomis pour accompagner et protéger la petite fille. Mais il faut être honnête : après tout ce qu'il a traversé, il serait peut être temps pour lui de prendre sa retraite. Il ne faut pas oublier qu'il a été lacéré, poignardé, frappé, brûlé au visage, sur le corps, qu'il boite et qu'il se rapproche maintenant d'un bon vieux Burnout. Donald Pleasence est d'ailleurs mort après le tournage d’Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers. Tous ces protagonistes sont présents dans les autres films de la saga et sont donc déjà tous précisément précentés depuis un moment,  il ne fallait plus que quelques nouveaux personnages pour compléter l'oeuvre. Mais il est impossible de différencier les seconds rôles des figurants. Le substitut de grande sœur de Jamie Loyd est campé par une cruche post-pubère qui laisse sous-entendre qu'elle a perdu autant de neurones qu'elle a crevé de boutons d'acné devant son miroir. Elle rit pour un rien, cabotine, sur-joue, sautille dans tous les sens et fait des blagues marrantes à un chien - WTF? -. Elle a aussi un petit ami, stéréotype du loubard des années 80 version Dick Rivers gomina et peigne à la main. Ce dernier ne bénéficie d'aucun dialogue, car il est trop occupé a bichonné sa voiture. Son pote est aussi crétin que lui, mais plus extraverti et blond. En vrac, il y a aussi la meilleure amie de la cruche, qui l'est un peu moins, car elle n'a comme mission que de montrer ses seins puis mourir dans un orgasme mal simulé. Mais aussi les deux flics complètement débiles, le petit garçon - Jeffrey Landman - qui est le meilleur ami de Jamie, monolithique bourré aux anxiolytiques et moche comme un pou d'Halloween. Tout ce joli petit monde n'est absolument pas dirigé : ils jouent tous comme des pieds et n'ont aucune utilité dans l'histoire, sans parler du pathétique doublage français.

 

 

Au milieu de ce foutoir, Michael Myers déambule d'un pas non-chaland et semble lui aussi accablé par tant de médiocrité. Il faut dire qu'il est loin de la mise en lumière des précédents volumes initiée par le maître Carpenter. Il apparaît dans des ombres ou bien des coins de ruelle, scrutant cses futures victimes, mais ne sait plus se cacher comme avant. Il se place devant ses cibles à quelques mètres ou bien encore face aux policiers qui le recherchent assidûment, mais personne ne le voit. Invisible Myers? Oui, et même invulnérable. Le tueur reçoit des coups à tout va et ne ressent aucune douleur. C'est tout juste si un léger spasme facial se devine sous son masque immaculé. Il avance malgré les balles qui le touchent, il est à gauche puis apparaît à droite, il ne court jamais, mais effectue de grandes distances en peu de temps et fini inexorablement par  gagner au sprint tous les protagonistes du film. Le boucher de Haddonfield s'est-il procuré de l' EPO chez le fournisseur d'Amstrong ? Celui qui roule sur le bitume et non pas sur la lune. Son attitude a été entièrement revue. Il est maintenant un tueur froid sans grandes convictions qui aligne avec un tempo monotone les cadavres sur sa route et change ainsi sa nature première : celle du prédateur tapi dans les ombres et scrutant un moment de faiblesse chez sa future proie dans un assaut de lumières criardes. En 1989, le genre horrifique au cinéma est dominé par les Vendredi 13 et Les Griffes de la Nuit, ce qui change radicalement la teneur des Halloween ainsi que le traitement général de l'oeuvre. Cela ne correspond pas vraiment au style de Myers dont la seule source de motivation était de se venger de sa famille et n'exécutait que ceux qui se mettaient en travers de sa route.

 

 

Dominique Othenin Girard donne l'impression de n'avoir eu le temps que de se concentrer sur le climax et la fin de son métrage. Le final est digne des originaux, bien filmé, terrifiant et témoignant d'un rythme soutenu qui obstrue les voies respiratoires du spectateur. On aurait aimé voir autant de virtuosité sur l'ensemble de ce Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers. On imagine bien notre réalisateur bloqué entre le producteur Moustapha Akkad, un timing aussi serré et son respect pour la saga. Mais aussi entre un budget modeste et des découpages à la tronçonneuse en post-production. Malgré tout cela, un nouveau chapitre verra le jour six ans plus tard... Pour le pire, vu que le meilleur est déjà derrière nous.

 

Auteur : MARC D'OC

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