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Critique Hardcore Henry

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Le film en caméra subjective est désormais un genre à part entière. Depuis le fameux Projet Blair Witch, les copycats se sont multipliés. Parfois pour le meilleur – les deux premiers [Rec] –, souvent pour le pire – les métrages fauchés pour adolescents à la Paranormal Activity –. Agité du bocal remarqué pour ses œuvres à haute teneur épileptique, le russe Timour Bekmambetov pousse pour sa part le mauvais goût à son paroxysme. Tombé par hasard sur un clip vidéo du groupe Biting Elbows tourné sous la forme d'un « First Person Shooter » live, le producteur-cinéaste pousse son réalisateur à envisager la chose à grande échelle. En résulte Hardcore Henry, métrage crétinisant shooté comme un jeu-vidéo bourrinos. Si la formule amusait sur un format court, la version « extended » lobotomise douloureusement les esprits.

 

 

Ilya Naishuller n’était jusqu’ici que le petit chanteur d’un groupe indie-rock russe abonné aux premières parties de grosses pointures internationales. Avec le clip de « Bad Motherfucker » – le titre témoigne de l’esprit du bonhomme –, le frontman s’accorde un beau petit buzz 2.0. Inspiré de jeux de tirs à la première personne, ce véritable court-métrage affiche quelques surprenantes idées de mise en scène, un impressionant sens du rythme, mais surtout une volonté de faire dans l’anticonformisme le plus marqué. La vidéo est violente, énervée, sexy. Tout ce qu’il faut pour attirer l’œil de Bekmambetov et de quelques investisseurs internationaux. Doté d’une enveloppe budgétaire confortable à défaut d’être véritablement épaisse, Naishuller se laisse convaincre et revoit sa copie : Hardcore Henry en est la version upgradée. Plus sale, plus violente, plus racoleuse. Le nouveau cinéaste dresse avec ce premier film un beau doigt d’honneur aux ayatollahs du cinéma et livre une pure connerie cinématographique, un bis d’un mauvais goût si furieux qu’il semble presque irréel. Du putain de nanar assumé, destiné à abrutir une jeunesse aux cerveaux déglingués par les jeux-vidéos. L’idée témoigne d’une cool-attitude totale, le scénar’ est aussi grotesque que les réflexions métaphysiques de Nabilla sur le sens de la l’existence. Henry, un brave quidam transformé en cyborg, se réveille dans un laboratoire. Le mec, qui a perdu mémoire et parole, se fait direct attaquer par un dénommé Akan. Le méchant gonz’ de service lui chourave sa femme. Henry va donc dégommer la moitié de la population Russe pour la récupérer. Here we go.

 

 

Le spectateur est donc invité à suivre les pérégrinations bad-ass d’Henry depuis le bout de son flingue. Hardcore Henry se profile ainsi comme le premier film d’action en mode FPS, ou Doom / Quake-like pour les gosses des nineties. Histoire de faire dans le gras, Ilya Naishuller aborde l’exercice à la façon d’un CrankHyper Tension en céfran –. En gros, c’est absolument n’importe nawak. Mais le public n’est clairement pas là pour mater du Lynch. Henry explose donc des tronches, des cranes, de la pute. Pourtant, regarder Hardcore Henry s’assimile un peu à observer un pote jouer à Duke Nukem. L’ensemble transpire certes la brutalité délirante, se voit régulièrement émaillé de meufs à poil, est accompagné d’une bande-son furieusement bandante. Pour autant, l’expérience s’avère diablement frustrante et gonflante. Hardcore Henry ne tient assurément pas la longueur, et sombre dans une répétitivité lassante passé son premier tiers. La bobine fatigue rapidement, assomme, tue à petit feu. Les moins rodés aux métrages mitraillettes jetteront rapidement l’éponge. Les autres fantasmeront probablement sur le fait de pouvoir prendre la manette, et pourront de ce fait éventuellement tenir le choc.

 

 

Difficile cependant de contester la virtuosité de la chose. Aussi vulgos soit-il, Hardcore Henry est un métrage absolument ouf. Ilya Naishuller accouche ici d’une véritable démonstration technique bardée de cascades impossibles, d’effets hallucinants, d’angles improbables. Le film veut presque en ce sens un visionnage attentif. S’il parvient à s’exprimer de manière moins « limitée » sur un prochain projet d’actioner, Naishuller pourrait s’imposer comme une étoile montante du genre. Croisons les doigts. Le casting est pour sa part sans importance. 99% des intervenants se font en effet démonter la gueule en deux-trois secondes, exceptions faites de la femme d’Henry, du méchant et de Sharlto Copley, seul véritable acteur de l’entreprise, qui s’éclate dans la surenchère et le grand-guignol. Tant mieux pour lui.

 

 

Hardcore Henry est un objet filmique non identifié qui pourra être perçu de bien des manières. Hot as hell pour certains, le métrage de Ilya Naishuller est cependant d’une telle bêtise qu’il lassera rapidement bon nombre de curieux. Pour la violence cradingue, le spectateur pourra aisément sortir de la passivité imposée par ce curieux produit en privilégiant une bonne partie de Doom. Et interrompre ses fusillades afin de lancer « Faites l’amour avec Clara Morgane », boulard en POV à options multiples, pour le zeste d’érotisme. A vous de voir.

 

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korku 22-08-2016
film très violent parfois gore et fun a regarder....

 

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