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Critique Hitchcock

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Le nom d’Alfred Hitchcock restera définitivement lié au succès-monstre de Psychose. Si le cinéaste aura réalisé bon nombre d’œuvres indispensables – Les Oiseaux, Fenêtre sur Cour ou encore La Mort aux Trousses –, l’histoire simple et efficace de Norman Bates restera elle plus durablement inscrite dans l’inconscient collectif. Et pour cause. Métrage scandaleux mis en boîte à une époque puritaine et bien-pensante, Psychose mêlait allégrement éléments horrifiques et suspense intenable, le tout plaçant au premier plan un personnage résolument psychotique et sexuellement troublé.  Cassant les codes du cinéma avec brio – l’héroïne est éliminée dès la première moitié du film –, le chef d’œuvre d’Hitchcock aura logiquement connu une gestation difficile. Une période et des événements relativement méconnus sur lesquels Hitchcock apporte un jour nouveau.

 

 

Le biopic est un exercice hautement difficile, d’autant plus lorsque les documents d’archives viennent à manquer. Réalisateur débutant et davantage connu pour ses travaux semi-documentaires – Anvil, consacré à une ancienne gloire du heavy metal –, Sacha Gervasi fait d’emblée le choix judicieux de se focaliser sur une courte période de la vie d’Alfred Hitchcock. Son métrage se cantonne en effet à détailler la pré-production et le tournage de son coup de maitre, projet pour lequel le cinéaste aura du naviguer à contre-courant. Rappel des événements : fin des années cinquante, Hitchcock est au sommet de sa carrière. Reconnu et adulé, ce dernier est pourtant en panne d’inspiration. Le goût du cinéma va lui revenir à lecture d’une histoire articulée autour d’un tueur en série bipolaire. Mais tous, producteurs, censure ou amis, tentent de le décourager. Hitchcock et son épouse, Alma, vont alors s’engager personnellement le projet, jusqu’à hypothéquer leurs biens et mettre en danger leur relation de couple. A mi-chemin entre comédie dramatique et pur documentaire, Hitchcock se profile comme un projet casse-gueule par excellence. Si les productions du maitre conservent un immense intérêt historique et auront en leur temps posées les bases du thriller horrifique, celles-ci ne susciteront probablement qu’un léger effroi aux générations actuelles. Qu’importe, Sacha Gervasi livre un métrage avant tout destiné aux amateurs, et parvient à soigneusement éviter d’habiller le tout d’un esprit bobo trop marqué.

 

 

Malgré quelques aspects que l’on imagine partiellement romancés, Hitchcock dresse un parallèle intéressant entre le réalisateur et son œuvre. Gervasi écorne pour ce faire l’image d’Alfred Hitchcock, le présentant comme un artiste certes génial mais assurément orgueilleux et individualiste. Tissant habillement des similitudes entre l’essence même de Psychose et l’état d’esprit du cinéaste sur le tournage, Gervasi creuse autant que possible la personnalité de son « protagoniste » principal. Bien que le cinéaste opte pour une orientation générale difficilement vérifiable – la psychose développée par Hitchcock concernant une éventuelle relation extraconjugale de son épouse –, son approche de la vie privée des personnages confère à son travail une épaisseur appréciable. Mieux, la construction même d’Hitchcock ainsi que la place consacrée à Alma Reville au sein du métrage éclaire plus nettement la teneur de Psychose, œuvre ultime qui transpire occasionnellement la rage et n’hésite pas à mettre en avant des sujets comme le voyeurisme. Des aspects que Gervasi incorpore de manière plus ou moins marquée à la personnalité de son Hitchcock. L’ensemble se profile dès lors comme une intéressante vision du mythe, mais pourra décourager les non-puristes par sa rythmique assurément mesurée.

 

 

Techniquement, Hitchcock s’inscrit définitivement davantage du côté long-métrage que de l’esthétique documentaire. Extrêmement soignée, la réalisation de Sacha Gervasi s’accorde parfaitement au ton et à la retenue du métrage. Si Hitchcock ne témoigne pas véritablement d’une approche « arty », l’ensemble se dote d’une photographie ultra-sobre qui magnifie la beauté des décors et des costumes, la reconstitution des fifties du métrage de Gervasi lui conférant un indiscutable charme rétro. Côté acteurs, le cinéaste fait également un sans-faute. Méconnaissable dans le rôle-phare, Anthony Hopkins s’avère absolument monstrueux de charisme, et parvient à éclipser les pourtant très bonnes prestations de Scarlett Johansson, pulpeuse au possible, ainsi que d’Helen Mirren. Dommage cependant qu’Hitchcock n’offre pas davantage de visibilité à James d'Arcy, qui dépeint un Anthony Perkins plus vrai que nature.

 

 

Biopic fidèle et bien mené, Hitchcock se profile comme un excellent complément à Psychose. Le tout s’avère cependant plus proche  du making-of ultra-léché que d’un projet cinématographique pouvant se déguster de manière indépendante. Difficile dès lors d’aborder le métrage de Sacha Gervasi sans avoir au préalable visionné une partie de la filmographie d’Alfred Hitchcock.

 

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