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Critique Honeymoon

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Leigh Janiak est une jeune artiste inconnue. Entrée dans l’univers du cinéma par la petite porte, cette dernière aura assuré diverses fonctions – assistante de production ou encore régisseuse de plateau – sur des métrages mineurs avant de s’engager sur son premier projet de long métrage. Mais bien que débutante en matière de réalisation, Janiak a une vision artistique bien précise du septième art. Honeymoon se profile certes comme un film a petit budget, mais la cinéaste y fait preuve d’une incroyable aisance dans la mise en scène et imprime à son travail une réelle personnalité. Avec deux-trois bouts de ficelles et à peine plus d’acteurs, cette dernière livre un passionnant huis-clos.

 

 

Sur le papier, le métrage affiche un classicisme certain. Voir une légère impression de déjà vu. Le synopsis rédigé par Leigh Janiak et Phil Graziadei semble en effet plus propice à une énième œuvrette vidéo qu’à une troublante expérience de cinéma sensitif. C’est pourtant ce vers quoi tend Honeymoon, le traitement de l’intrigue et des enjeux dramatiques répondant ici à de rigoureuses exigences formelles. La cinéaste ne positionne au cœur de son récit qu’un couple de jeunes américains. Récemment mariés, Bea et Paul décident de s’isoler dans une maison de famille afin de profiter pleinement de leur lune de miel. Peu après leur arrivée, Bea disparait mystérieusement au cours de la nuit. Lorsque Paul la retrouve nue dans les bois, cette dernière évoque une crise de somnambulisme. Son comportement va pourtant devenir de plus en plus étrange. S’il s’avère relativement avare en rebondissements explosifs et exfolié de toute facilité scénaristique, le métrage s'habille rapidement une atmosphère pesante, tendue et presque oppressante. Un climax puissant et hypnotique que la cinéaste obtient en misant ses atouts sur la dégradation de la relation du couple, les interactions entre les deux protagonistes étant brossées avec une rare maitrise.

 

 

Honeymoon tend autant vers le drame noir et profond que du côté du film de genre. Leigh Janiak prend en effet le temps nécessaire à la présentation de ses personnages ainsi qu'à la pureté de leur relation. Ces derniers en deviennent incroyablement attachants. Si la réalisatrice ne distille par la suite ses éléments purement fantastico-horrifiques qu'avec une avarice certaine, la déchéance progressive de la figure féminine touche en plein cœur et assure au métrage une aura mystérieuse envoutante. Janiak privilégie l’épaississement progressif de son brouillard scénaristique plutôt que de distiller de véritables explications, parfois au risque d’habiller son travail de contours relativement hermétiques. Honeymoon est  un film particulier, radicalement éloigné de la norme, mais parvient à tenir un hallucinant suspense avec peu de matière première. La conclusion finale atteint à ce titre des sommets de puissance dramatique, tout en conservant jusque dans ses dernières secondes une ouverture à la libre interprétation. Limitée à une séquence, l’horreur pure se montre par ailleurs percutante, presque douloureuse.

 

 

Techniquement, Honeymoon tient du véritable tour de force. Leigh Janiak ne laisse absolument jamais transparaitre à l’écran son petit budget, et s’affranchit d’images ultra-soignées. Le film est beau à en pleurer, et témoigne de toute la sensibilité artistique de sa créatrice. Baigné de teintes patinées et sépias, Honeymoon bénéficie d’un scope généreux qui offre à Janiak l’opportunité de composer ses images comme des tableaux. Celle-ci capture une foule de jeux de lumières et d’ombres qui contribuent de manière notable à l’ambiance inquiétante de l’ensemble. Mais la plus grande force du métrage réside dans sa direction d’acteurs. Irréprochables et presque fusionnels, Rose Leslie et Harry Treadaway – la série Penny Dreadful – insufflent passion, folie et désespoir dans une relation de couple qui bascule inévitablement vers l’implosion. Leur complicité suinte littéralement à l’écran. Impressionant.

 

 

Avec Honeymoon, Leigh Janiak fait une entrée fracassante dans le petit monde du cinéma indépendant. Intelligent et magnifiquement construit, son premier métrage se profile comme un grand-huit émotionnellement  vertigineux. Un véritable uppercut.

 

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Votre réponse :

CinéDark 11-02-2017
Je me permets simplement de répondre au commentaire de Roxy, car effectivement, la présentation et l'analyse du film sont complètes et complètement dans mon sens, merci BEN !

Roxy :
Honeymoon est un film fantastique, ça tu as déjà dû le comprendre. Il n'y pas d'explication rationnelle. Cependant, on peut déduire certaines choses irrationnelles présentes dans le film et les mettre bout à bout pour comprendre un peu mieux le fantastique du long-métrage.

J'espère que ce petit pavé pourra éclaircir tes idées...

(Attention, ce qui va suivre contient des spoilers du film, donc, si vous ne l'avez pas encore vu, je vous conseille de le regarder avant de lire la suite.)

Notons avant tout l'élément perturbateur du film qui est la nuit où Paul retrouve sa femme nue dans la forêt, car même si Leigh Janiak mesure avec brio son ton surréaliste, il est clair que Bea a changé à ce moment.
Ensuite vient la dégradation de plus en plus significative du personnage de Bea. Ca commence avec des boutons entre les jambes, sa nuisette retrouvée dans la forêt totalement déchirée mais surtout avec une espèce de matière gluante dessus, ses absences ponctuelles qui virent à l'amnésie vers le long-terme, ses boutons deviennent des plaies, ensuite, lorsque son mari voulait glisser une main coquine entre ses jambes, il se rend compte que Bea a carrément une hémorragie au niveau de son vagin. Et ça n'en finit pas là, la scène où Paul finit enfin par découvrir le mal de sa femme touche l'aboutissement : Paul découvre un parasite dans le corps de sa femme.

La réalisatrice reste volontairement floue sur le fantastique de son film, donc, on ne peut faire que des suppositions plus ou moins fondées.

Pour ma part, après l'aveu de Bea sur la nuit, on comprend qu'elle a été attrapée/attaquée voire violée (elle déclare avoir été "pénétrée"). Du moins, des êtres vivants ont été intégrés dans son organisme, par quel moyen, il n'y a pas de certitude, mais il ne serait pas surprenant qu'un hôte aurait "pondu" en elle (voir le film "Alien"). On peut affirmer par contre, que ce sont des parasites car ils se servent d'elle afin de communiquer avec les leurs et altèrent lourdement ses capacités cérébrales (d'où ses absences puis ses amnésies).

Finalement, on arrive au dénouement. Lorsque Bea déclare qu'elle les sent toujours en elle, on comprend qu'il n'y aura pas d'issue raisonnable pour le couple (et c'est difficile à avaler, je l'avoue, car on s'attache beaucoup à ce jeune couple). Le couple implose alors et chacun dans son idée tente de trouver une solution :
- Paul affirme qu'il doit trouver de l'aide grâce à un médecin par exemple ;
- Bea se focalise sur son amour et tente de le protéger à tout prix.

Alors pourquoi noyer son mari me demanderez-vous. Et bien, je vois deux réponses sans pour autant affirmer laquelle est la bonne. Je répète, Leigh Janiak reste énigmatique volontairement :
- soit l'amnésie de Bea est telle que pour elle un humain peut respirer sous l'eau ou n'a pas besoin de respirer et étant tellement obsédée à protéger son homme qu'elle ne prête pas attention à ce qu'il essaye de dire ("Bea, je ne peux pas respirer sous l'eau") ;
- soit Bea a toute sa tête et mène son homme à la mort afin qu'il se subisse pas le sort de ces êtres étrangers, car elle déclare bien qu'elle sait ce qu'ils veulent, ce qu'ils ont besoins, etc... Dans un ultime effort de réflexion, elle ne vit que la mort pour son mari comme solution, certaine qu'il ne pourrait s'échapper du chalet/de la forêt.

Personnellement, je pencherai pour la seconde option. Mêlant le drame ultime et un sacrifice presque "poétique". Ce qui se rapprocherait du ton que Leigh Janiak donne à son film.

Enfin, pour le climax final, chacun peut faire sa propre opinion. Pour ma part, la transformation de Bea indique l'aboutissement du travail des parasites et comme elle l'avait déclaré à son mari, son "corps sera là mais Bea va disparaître". Jusqu'au moment où les parasites prendront définitivement son corps, on la voit s'accrocher à ses souvenirs en regardant le film de son mariage.

Le film se clôture sur ce corps de Bea, mais sans "elle", et ce fameux corps part rejoindre cette fameuse "communauté". Terrestre, extraterrestre, humaine, bestial, insecte, tout ça on en sait rien, mais au combien fantastique !
Roxy 22-06-2016
J'ai pas compris ce qu'il est arrivé en fait à bea mais vraiment je capte pas la chute 😳😑😕🤔

Quelqu'un pourrait-il m'éclairer !? Au risque de paraître idiote j'avoue la je suis troublée et curieuse de comprendre finalement ... Je m'sents bête mais sérieux j'arrive pas à comprendre .... 😬💩 merci si quelqu'un prend le temps de me donner les explications issues de ce qu'il a compris ! 😁 Dommage car le film était pas mal je trouvais ... La fin est juste chelou et les pseudo explications ne m'ont pas permisent de comprendre sa transformation à bea 🤔😩❓❓❓allez svp à vos claviers ⌨ donnez moi vos conclusions pleazzzzz 😸🙏🏽 merci d'avance 🤘🏼

BEN (Strange-Movies) 19-01-2015
Bastien, je pense que tu t'es clairement trompé de film. Pour la baston, je te recommande plutôt The Raid 1 / 2 ou John Wick, ils devraient te consoler de ce Honeymoon en effet plutôt avare en testostérone.
Bastien 16-01-2015
Tu chies ben... ce film est naze, ou est la baston ?

 

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