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Critique Humains

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Pur long-métrage de commande produit sous l’égérie de l'indépendant La Fabrique du Film, Humains laissait subsister de bons espoirs suite à l’intégration à la réalisation de deux talentueux orfèvres des effets spéciaux. Bien que cinéastes encore inexpérimentés, Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin ont par le passé eu l’occasion d’intervenir sur quelques pépites du genre made in France, et plus particulièrement le fantastique A l’Intérieur, œuvre choc et hardcore sortie au cours de l’année 2007. Etrangement, leur premier long n’est pourtant qu’une accumulation d’idées non concrétisées, et souffre de toutes les carences imaginables en matière de film d’aventure. Retour sur un massacre cinématographique proprement incompréhensible.

 

 

Le visionnage d’Humains ne laisse place qu’à un unique constat. Nanardesque de la première à la dernière seconde, le métrage fustige littéralement un script prometteur, dont l’idée originelle se voit partiellement bien mieux exploitée par Jean-Christophe Grangé pour son dernier roman en date - La Forêt des Manes -. L’élément déclencheur se montre pourtant propice à l’instauration d’une base solide : accidentés en pleine forêt, égarés dans les montagnes suisses, les protagonistes d’Humains se voient rapidement confrontés à un peuple ancestral et primitif. Bien que le pitch s’avère original et s’impose en véritable prétexte à un excellent survival hard-boiled,  Molon et Thévenin préfèrent lorgner du côté de l’aventure plutôt que vers une horreur viscérale. Si le choix reste louable, les deux cinéastes en devenir manquent cependant complètement leur objectif. Paresseux et ronflant à souhait, Humains se limite rapidement à une course dans les bois à l’intérêt tout relatif, si ce n’est celui de divertir par un ridicule assumé. Passée une mise en place des éléments qui en vaut une autre, mais qui demeure malgré tout défendable, le métrage sombre dans une incohérence totale et enquille les situations rocambolesques avec un entrain assez stupéfiant. Les protagonistes d’Humains témoignent d’ailleurs d’une rationalité fortement mis à mal par un scénario bancal et souvent navrant. Exemple parmi tant d’autres, ces derniers optent un temps pour un silence religieux afin d’échapper à leurs dangereux prédateurs, ce qui n’empêchera pas les jeunes citadins d’hurler dans la même clairière quelques secondes plus tard. Les hommes préhistoriques auront pour leur part totalement disparus, sans doute appelés par une quête plus digne d’intérêt. Une illustration représentative de l’aspect comique du développement de l’histoire, les situations involontairement burlesques se voyant de plus toujours accompagnées de quelques dialogues savamment étudiés.

 

 

Les tentatives d’explications présentées avant la découverte de l’abominable vérité s’avèrent, au vu de la situation, étonnantes en tout points.  Le très rationnel personnage de Nadia - Sara Forestier - n’hésitera pas à résumer leur agression par un simple malentendu  de chasseurs, ceux-ci les ayant probablement confondus avec des sangliers des bois ! Est-il utile de rappeler aux scénaristes d’Humains que cette même scientifique en herbe s’était vu agressée quelques séquences plus tôt dans une rivière avec une massue hérissée de pointes ? Tout du moins pourra-t-on douter des facultés du personnage, qui déclarait en toute logique « on a essayé de me pécher » suite à cette peu commune mésaventure aquatique. Le reste du scénario, lorsque que ce dernier ne sombre pas de soporifiques et nombreuses séquences de marche, semble toujours plus désireux de répondre à ce n’importe quoi constant. Nos scientifiques d’opérette prennent le temps d’établir un plan d’action dans des cavernes grouillant quelques secondes plus tôt d’hommes préhistoriques, délivrent leurs comparses en ouvrant simplement la porte des cages - les prisonniers n’avaient jamais eu à l’idée de le faire eux mêmes -, l’un des primitifs en peaux de bêtes gambade en futal de tissu écossais… Inextricable gloubi-boulga de séquences grossières, Humains réplique toute la nanardise des ses situations dans des dialogues  pourtant construits sur un sérieux qui impose le respect. Les échanges entre les personnages témoignent d’un manque de profondeur qui met encore d’avantage en exergue les défauts du long-métrage.  En roue libre totale, les acteurs se noient tous sans exception dans un surjeu d’une nullité abyssale. Personne n’est crédible dans ce survival poussif, chaque protagoniste accentuant sa performance en se vautrant dans les pires clichés imaginables - les survivants se jetant sur la nourriture avec une animalité risible suite à une nuit dans les bois -. Seul Philippe Nahon fait preuve d’une véritable présence à l’écran, bien que ce dernier voit sa participation limitée à une grosse vingtaine de minutes introductives.

 

 

Le défaut majeur d’Humains reste avant tout une erreur de casting magistrale. Meneur de troupe complètement irréalise, le freluquet Thomas - Lorànt Deutsch - impose son autorité sur un charisme aux abonnés absents : tout juste sera-t-on tentés d’esquisser un sourire lorsque celui-ci fulmine dans une colère montante, déclarant avec un aplomb qui en impose « les gâteaux, ca se partage » à un collègue d’infortune particulièrement individualiste. Si le jeune français fait preuve d’un physique naïf et adolescent particulièrement adapté à un registre humoristique dans lequel il évolue avec succès, sa métamorphose en aventurier du dimanche ne convainc jamais, pas plus qu’un Dominique Pinon complètement perdu et résigné à forcer tous les traits de caractères d’un personnage beauf au possible. Techniquement, Humains laisse entendre le même son de cloche et complète son piètre tableau par une réalisation fadasse. Bien que certaines séquences ne laissent présager d’un bon potentiel, le probable manque de moyens ramène systématiquement tout début de tentative à une tension zéro. Charcuté sans finesse, le montage rend souvent le tout incompréhensible - la traversée de la rivière - et laisserait presque présager la perte de pans entiers de séquences. Ces dernières s’écroulent d’ailleurs à de trop nombreuses occasions sur de mauvais fondu au noir, l’effet facile se voyant toujours  précédé de blancs presque gênants censés marquer la conclusion hâtive de dialogues sans queue ni tête. Afin de couronner le tout, Humains se pare d’accessoires en plastique, d’effets spéciaux minables - les CGI de l’accident sont catastrophiques - ou encore de maquillages complètement ratés - heureusement, les hommes préhistoriques n’apparaissent pas avant une heure -, mais le tout ne choque plus outre mesure tant le métrage parvient à détourner toute attention via ses interminables poursuites parsemées d’explications fumeuses.

 

 

Probablement dépassés par d’insurmontables contraintes de temps et de moyens, Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin livrent un premier essai cinématographique plombé par d’insurmontables erreurs en tous genre. Un ratage complet qui ne demeure portant pas totalement imputable à ces jeunes géniteurs, les acteurs les plus expérimentés faisant eux-aussi étrangement preuve d’un manque d’inspiration abyssal. Un nanar pur jus.

 

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