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Critique Hush - En Route vers l'Enfer

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Petite production anglaise débarquée de nulle part, Hush – En Route vers l’Enfer avance le souhait de s’inscrire dans les plates-bandes d’un pourtant peu glorieux Une Virée en Enfer. Cultivant les similitudes dans son titre comme dans sa promotion, le métrage du débutant Mark Tonderai - tout juste auteur d'une petite ribambelle d'épisodes TV - s’articule cependant autour d’un synopsis nettement plus prometteur et propice à une cavalcade routière effrénée. Le jeune réalisateur manque pourtant partiellement son objectif, et effleure de près la mention de DTV d’honnête facture en se perdant dans une accumulation de séquences lourdes et interminables. Sans cotôyer les soubassements du feuilleton de commande, le travail de Tonderai ne parvient jamais véritablement à se détacher de son étiquette de thriller routier mou du genou.

 

 

Les premières minutes de Hush – En Route vers l’Enfer laissent pourtant présager d’un petit B aux qualités certaines. Bien que simpliste, le script - un jeune couple aperçoit une femme terrifiée, hurlant à l'intérieur d'un camion - s’avère potentiellement intriguant et adapté à un déroulé aussi sombre que dynamique, Mark Tonderai ayant pris soin d’emballer son métrage dans une ambiance très travaillée. Artistiquement comme techniquement, le réalisateur parvient à faire abstraction de son financement étriqué pour imposer un emballage somptueux, sublimé par des plans nocturnes glauques et nerveux. Au scope rigoureux, Tonderai ajoute des cadrages originaux traduisant avec brio toute l’explosivité des situations. Dominée par les teintes vertes et jaunes, la colorimétrie de Hush – En Route vers l’Enfer transpire la saleté et le désespoir, aspect renforcé par une pluie battante ainsi que par la froideur des décors autoroutiers. Le cinéaste joue des floutés et des mouvements pour traduire en images le sentiment de double dangerosité qui émane de ses protagonistes, optant pour une caméra épaule qui évoque l’urgence des situations sans pour autant sombrer dans l’illisibilité. Car si les deux jeunes fiancés restent avant tout la cible d’un maniaque de la route, le cinéaste prend soin d’attribuer à leurs caractères de solides bases et dépeint la noirceur de ses images jusque dans les relations humaines. Le cinéaste se sert de la situation de crise et de l’implosion du couple pour tenter une approche des personnages similaire à celle de Nimrod Antal sur l’excellent Motel - Vacancy -, sans parvenir pour autant à répliquer la puissance et la sincérité des sentiments dont témoignent le binôme moteur de l’intrigue.

 

 

Si Hush – En Route vers l’Enfer fait preuve d’une dimension visuelle plus qu’intéressante et assez inattendue pour un projet DTV, le film de Mark Tonderai souffre parallèlement d’un scénario impossible à transcender. Routinier et paresseux, le script enquille les poursuites mollassonnes, à peine parsemées de quelques inutiles séquences de mises à mort sans réelles incidences sur le bon déroulement de l’histoire. Le personnage du routier psychopathe se dresse mystère inintéressant et non élucidé, Tonderai - également scénariste de son métrage - le réduisant à son plus simple intérêt : kidnapper de jeunes femmes et assassiner quelques rares fouineurs. Condensé sur un post-it, le script se répercute irrémédiablement dans le rythme très mesuré du métrage. Difficile à visionner d’une seule traite, Hush – En Route vers l’Enfer tourne en rond, et ce malgré une séquence finale décevante qui s’avérait pourtant prétexte à la découverte de l’intimité et les motivations de son tortionnaire. Peine perdue, Mark Tonderai survolant une nouvelle fois l’essentiel pour se perdre dans un vrai-faux affrontement morne et sans suspens. La tension répond de ce fait aux abonnés absents, le métrage ne parvenant jamais à répliquer la nervosité de sa mise en scène dans ses séquences. 

 

 

Plus grave, le tout se fend de quelques invraisemblances troublantes, à commencer par un tueur à l’itinéraire et aux méthodes particulièrement incompréhensibles. Les deux protagonistes seront ainsi amenés à retrouver ce dernier sur une aire d’autoroute alors que celui-ci les a doublés depuis près d’une heure, ou encore à constater que leur némésis sème des complices dans tous les coins de campagne. Trop grossiers, les twists scénaristiques de Hush – En Route vers l’Enfer se montrent au final plus inconcevables que réellement surprenants. La maigreur du scénario est d’autant plus regrettable que les acteurs se donnent entiers dans leurs rôles respectifs. Si l’on pourra rapidement faire abstraction du maniaque interchangeable de circonstance, emmuré dans l’anonymat et le mutisme, la collaboration entre William Ash et Christine Bottomley fonctionne à plein régime et contribue à la réussite du premier tiers du métrage. Si le film verse dans le médiocre suite à leur séparation forcée, les deux acteurs matérialisent une relation tendue, passionnée et touchantes entre leurs rôles respectifs, et greffent à Hush – En Route vers l’Enfer un potentiel dramatique qui restera malheureusement seulement effleuré au moment du final. Un très bon point.

 

 

Bien que le métrage ne présente bon nombre de qualités non négligeables, Hush – En Route vers l’Enfer se profile comme un semi-ratage. Le potentiel du newcomer Mark Tonderai s’avère malgré tout plus qu’intéressant, sa réalisation restant suffisamment léchée et inventive pour illustrer un scénario plus travaillé. Ce qui n’est pas le cas de son premier long, qui pêche dangereusement dans sa profondeur et sa cohérence. Dommage. 

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