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Critique I'll never die alone

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Sous genre extrême très controversé, le rape & revenge ne fait pas toujours l’unanimité et est le plus souvent traîné dans la boue par les critiques peu habitués à faire face à ce genre d’images. Alors qu’il explose avec la sortie de La Dernière Maison sur la Gauche, le genre va entraîner derrière lui une flopée de rejetons le plus souvent médiocres. Cependant, on peut retenir certains métrages comme I Spit on your Grave (dont le remake s’apprête à faire surface) ou Thriller : a cruel picture. Cinéaste espagnol au goût prononcé pour le cinéma de genre, Adrián García Bogliano n’en est pas à sa première réalisation et livre avec I’ll Never Die Alone un rape & revenge poussiéreux, sans détour mais à la limite de l’ennui profond et qui aurait mérité un traitement un peu plus fougueux, le métrage se contentant de suivre rigoureusement des bases déjà établies sans jamais franchir la ligne blanche.

Il est difficile de savoir jusqu’où le spectateur est près à aller face à la dégradation de la femme, à cette perte partielle d’humanité et à ce voyeurisme auquel le spectateur est impliqué malgré lui. Si les limites se sont déjà vues repoussées assez loin, I’ll Never Die Alone ne s’est pas permis de les outrepasser et ne fait que suivre des « normes » installées. Rien de neuf ici, le métrage est un pur produit du rape & revenge poisseux et amoral qui a fait la gloire du genre. Là où la pellicule s’est permise d’enfoncer légèrement le clou, c’est que les protagonistes féminins se comptent au nombre de quatre engendrant ainsi un viol collectif – qui aurait pu devenir mémorable si la maladresse n’était pas omniprésente. En effet, alors qu’elles rentrent de leur année scolaire sur une route peu fréquentée, elles vont croiser le chemin d’une femme violée et mutilée et décident de se rendre au commissariat. Malheureusement pour elles, les bourreaux sont bien décidés à leur faire subir le même sort. Les fondements d’un rape & revenge peuvent être parfois discutables. Ici, le réalisateur affirme s’être inspiré de faits réels. En Argentine, certains fils de riches et de nantis maltraitent et tuent des filles de classes inférieures en toute impunité. Adrián García Bogliano exprime donc son sentiment de révolte en mettant en scène la réalité des faits. Micro budget avoisinant les $6000, autant dire que la bande n’a pas eu grand mal à recréer cette ambiance poisseuse et délavée. En voulant atteindre un réalisme très brut, Adrián García Bogliano en a tout simplement oublié sa mise en scène.

Filmé avec les pieds, I’ll Never Die Alone aurait aisément pu se passer du nombre incalculable de plans bancals qui ont le chic d’annihiler avec brio le potentiel de certaines scènes et d’enfoncer le métrage encore plus dans l’amateurisme dans lequel il est déjà bien ancré. Avec des cadrages sortis de nulle part dignes du pire des pornos et des plans à rallonge se voulant pesants – regarder des gens reboucher un trou ou fumer une cigarette pendant de longues minutes n’est franchement pas palpitant –, la pellicule perd son spectateur à de trop nombreuses reprises. « Heureusement », la scène de viol est la plus réussie de l’ensemble. Réussite est peut-être un mot un peu fort, mais elle a moins le mérite de faire naître quelques grincements de dents et si sa mise en scène – encore – avait été un peu plus réfléchie, la séquence aurait facilement pu se frotter à ses homologues les plus percutants. Ce n’est malheureusement pas le cas et on se lasse vite des mésaventures de nos quatre victimes. Première raison, le jeu d’acteur très approximatif où le réalisateur a visiblement laissé ses interprètes en roue libre. Un choix honnête, mais lorsque ça ne fonctionne pas, mieux vaut brider l’ensemble. Seconde raison, une empathie quasiment inexistante entraînée par des réactions peu crédibles et une mollesse d’action irritante. Suivre de tels évènements avec un désintérêt total est probablement la pire des choses qu’un réalisateur peut attendre de son public.

I’ll Never Die Alone est un métrage très brut et instinctif. Film lent et silencieux, les dialogues sont quasi inexistants et la loi de la nature y règne, faisant appel aux comportements les plus primitifs. Si les longueurs ne se font pas prier, il faut reconnaître que certaines scènes de mise à mort sont efficaces, mais trop peu nombreuses. Le spectateur espère le carnage auquel il aurait pu s’attendre, en vain. En plus d’une bande son minimaliste, celle-ci est tout simplement atroce. Alternant entre bruits extérieurs et respirations internes, le tout ressemble plus au travail d’un bruiteur sourdingue en fin de carrière. Honnête dans son contenu, I’ll Never Die Alone se retrouve massacré par une mise en scène chaotique et une interprétation plate qui font perdre au film la quasi-totalité de son impact. Ce qui aurait pu aboutir à un drame éprouvant, il ne l’est que par sa maladresse.

En suivant les traces du rape & revenge des années 70, I’ll Never Die Alone ne parvient pas à recréer la magie de l’époque. Beaucoup trop gauche et brouillon pour accrocher son spectateur, ni choquant, ni dérangeant, la pellicule ne fait que reproduire des œuvres passées, bien au-dessus de ses moyens.

Auteur : TIBO

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