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Critique I Spit on your Grave 3 : Vengeance is Mine

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La vague de torture-porn des années 2000 avait ravivé l’intérêt des producteurs pour I Spit on your Grave, rape and revenge indé’ au doux parfum de scandale. Plus crade, plus osé, plus tout, le remake de 2010 avait ainsi repoussé les limites du mauvais goût afin de contenter un public avide d’ultra-violence. Le capitaine du navire, Steven R. Monroe, livrait cependant un film artistiquement très poussé, quasi-insoutenable mais parallèlement extrêmement tendu. Un équilibre précaire entre suspense et grand-guignol que le cinéaste échoue à reproduire quelques années plus tard avec le second volet, copycat absolument ridicule du concept initial. Bien qu’articulée sous la forme d’une véritable séquelle aux événements du premier film – le personnage de Jennifer Hills y effectue donc son retour –, I Spit on your Grave 3 : Vengeance is Mine pousse le bouchon encore plus loin dans la médiocrité.

 

 

Steven R. Monroe avait visiblement d’autres chats à fouetter. Engagé sur une bonne palanquée de produits télévisuels, ce dernier laisse donc son siège au « yes-man » R.D. Braunstein, « artiste » au casier douteux. Uniquement connu pour son travail sur un nanar anthologique avec le gros et has-been professeur Arturo de la série Sliders – John Rhys-Davis –, Braunstein est placé aux commandes pour livrer un pur film de commande. Le synopsis laissait pourtant espérer d’une variation intéressante de l’idée originelle, forcément limitée et sans grande possibilité de développement sur le format franchise. Revenue à la civilisation après l’élimination brutale d’un groupe d’hommes qui l’avaient violée puis laissée pour morte, Jennifer Hills a désormais adoptée l’identité d’Angela. Sous l’apparence d’une modeste employée de bureau, la jeune femme conserve pourtant de graves traumatismes qui l’amènent à prendre part à un groupe de parole. Lorsque son amie Marla est abusée puis assassinée par son compagnon, les vieux démons reviennent la hanter et Jennifer / Angela s’engage de nouveau dans sa quête de vengeance. I Spit on your Grave 3 : Vengeance is Mine redessine donc légèrement son schéma, le métrage exfoliant le viol du personnage central comme ressort principal. Le film ne s’affranchit pas pour autant de la cruauté hallucinante et complètement fantaisiste qui desservait littéralement le second opus.

 

 

La version de 1978 était articulée sous la forme d’un film coup de poing prônant des idées féministes. S’il n’usait pas véritablement du même message contestataire comme fil conducteur, le remake affichait pour sa part des enjeux dramatiques bien travaillés. I Spit on Your Grave 3 : Vengeance is Mine se profile pour sa part en n’importe-nawak imbécile et insoutenable. Peu soucieux du fond, Braunstein livre un métrage foireux qui se complait dans les séquences chocs à base de bite et de cul. Ce dernier capture quelque uns des plans les plus immondes du cinéma d’horreur contemporain – un sexe coupé en deux dans le sens de la longueur – sans jamais y adjoindre de justification autre que celle de choquer à tout prix. Puéril au possible, ce troisième volet parvient même à massacrer la dimension psychologique du personnage de Jennifer Hills, Braunstein dépeignant dans un premier temps cette dernière comme une femme faible et soumise au machisme. Un véritable contre-sens. Le métrage est par ailleurs incroyablement chiantissime. Bien que déroulé sur un format concis – 1h30 montre en main –, I Spit on your Grave 3 : Vengeance is Mine déroule une séquence d’exposition d’une interminable longueur, multiplie les digressions inutiles et se complait dans le bla-bla de bas étage bardé de clichés nauséabonds. La présence d’un homme au sein du groupe de parole ou encore les conflits intérieurs qui animent l’héroïne auraient pourtant aisément permis une certaine subtilité ou l’adoption d’un discours moins manichéen.

 

 

Formellement, le film tient la route. Braunstein réplique habilement le style de son prédécesseur et livre une copie tout à fait correcte. Le cinéaste se paye même le luxe du format scope, choix peu fréquent pour un projet destiné à la vidéo. Gris, posé et baigné dans une sympathique ambiance nocturne, ce I Spit on Your Grave 3 bénéficie de maquillages et d’effets gores pas dégueux bien que peu nombreux – le métrage ne mise que sur deux véritables meurtres sadiques –. Sarah Butler rempile côté casting dans la peau de la déesse vengeresse, mais se montre nettement moins impliquée dans l’entreprise. La faute probable à une écriture maladroite du personnage, qui l’encourage à osciller constamment et de manière incongrue entre la frêle femme sans caractère et la tueuse psychotique qui grimace avec exagération. Un Docteur Jekyll et Mister Hyde du pauvre. Le reste du casting est sans surprise transparent et cachetonne sans honte, à l’instar du type qui incarne le bon pote black bien blaireau.

 

 

I Spit on your Grave 3 : Vengeance is Mine est une bouse destinée à capitaliser sur une idée sulfureuse. R.D. Braunstein livre un film certes bien emballé qui, non content de passer à côté de possibilité intéressantes de développement, trahit littéralement le passif de la série et se complait dans les séquences de souffrance. Honteux et malsain.

 

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Votre réponse :

Oh Manu tu descends ? 23-12-2015
Je viens de voir le 3ième volet après avoir vu les deux précédents. je suis on ne peut plus d'accord avec cet article !
D'un point de vue formel il est bien fait, on a même l'impression d'avoir affaire à un thriller avec un gros budget; film soigné et bien filmé, acteurs un peu factices mais plutôt convaincants. Dans le scénario il y a même des éléments qui auraient pu déboucher sur une bonne histoire autant tragique que dure, voire "émouvante".
Seulement voilà, le réalisateur gâche tout en exposant des scènes de violence aussi ridicules qu'inutiles et évidemment malsaines.
Et que dire de ce final honteux où l'héroïne a une hallucination celle de tuer d'autres (femmes) innocentes ainsi que la psy de la prison ? bref ........dans cette trilogie seul le volet 1 est à voir (remarquable dans son genre il faut bien le reconnaitre).
Oh Manu tu descends ? 23-12-2015
Je viens de voir le 3ième volet après avoir vu les deux précédents. je suis on ne peut plus d'accord avec cet article !
D'un point de vue formel il est bien fait, on a même l'impression d'avoir affaire à un thriller avec un gros budget; film soigné et bien filmé, acteurs un peu factices mais plutôt convaincants. Dans le scénario il y a même des éléments qui auraient pu déboucher sur une bonne histoire autant tragique que dure, voire "émouvante".
Seulement voilà, le réalisateur gâche tout en exposant des scènes de violence aussi ridicules qu'inutiles et évidemment malsaines.
Et que dire de ce final honteux où l'héroïne a une hallucination celle de tuer d'autres (femmes) innocentes ainsi que la psy de la prison ? bref ........dans cette trilogie seul le volet 1 est à voir (remarquable dans son genre il faut bien le reconnaitre).

 

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