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Critique Infectés

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Àlex et David Pastor, deux jeunes réalisateurs espagnols, signent avec Infectés (Carriers) leur premier long métrage. Leur background compte différents courts dont un, réalisé par Àlex Pastor, a raflé treize récompenses, la plupart pour le meilleur court métrage, et une nomination à travers différents festivals. Un duo avec un talent certain qui se confirme à travers cette pellicule, certes classique, mais efficace, s’offrant le luxe de sortir légèrement des sentiers battus et de ne pas s’apparenter à un ersatz de film d’infectés tels que 28… Plus Tard ou autres œuvres de Romero.

 

 

Dans un futur immédiat, la totalité de la planète est contaminée par un virus ultra contagieux décimant tout sur son passage. A travers ce chaos, un groupe de quatre personnes tente désespérément de survivre afin de rejoindre une plage paradisiaque où deux d’entre elles, les frères Danny et Brian, avaient l’habitude de passer du temps ensemble. Le scénario importe peu et sert uniquement de base pour traiter un sujet bien plus pertinent. Souvent utilisés comme point de départ pour faire naître une critique sociale, ici, les infectés, ou plus précisément le virus, sert de déclencheur pour faire transparaître les rapports humains et fraternels, les règles qui les régissent et les décisions à prendre face à des situations extrêmes. Sur ce plan là, le métrage des frères Pastor aborde le sujet intelligemment et sans artifice malgré un côté dramatique parfois survolé qui n’enlève cependant rien au réalisme des faits. D’une part car les contaminés ne se transforment pas en enragés ni zombies dévoreurs de chair et meurent progressivement comme n’importe quelle autre maladie mortelle, et d’autre part car la menace ne provient pas toujours de là où l’on pourrait le croire. Les protagonistes et les personnages annexes forment le cœur du récit.

 

 

Infectés jouit d’une photographie bien léchée offrant ainsi des paysages désertiques magnifiques et un éclairage minutieux. Pas étonnant lorsque l’on sait que c’est Benoît Debie qui est à la barre, un brillant chef opérateur belge qui a travaillé sur les films de Fabrice Du Welz (Calvaire et Vinyan), et autres Irréversible ou encore  Enfermés Dehors. S’ajoute à cela une réalisation efficace livrant ainsi une pellicule travaillée et visuellement savoureuse. Ceux qui s’attendent à un film fun et sautillant font fausse route puisque les frères Pastor ont pondu ici un métrage quasi dénué de toute tension et d’action, focalisant celle-ci uniquement sur le voyage d’un groupe en route vers la terre promise, avec des décisions à prendre reconsidérant sans cesse la relation entre eux et faisant table rase de toute explication concernant l’origine du virus. Le film est construit de manière syncopé où le parcours du groupe est régulièrement entrecoupé d’arrêts, fortuits ou volontaires, qui vont redéfinir constamment leur situation. Une situation malléable qui ne doit avoir aucune incidence sur leur objectif premier, atteindre la plage. Infectés nous plonge directement au cœur de l’action et des personnages, permettant ainsi au spectateur de s’y attacher progressivement, et d’être de ce fait concerné par ce qui leur arrive, quoique la prévisibilité des évènements atténue sensiblement ce sentiment. Toute explication concernant leur passé est mise de côté au profit du présent, le spectateur apprend à les connaître à travers leurs actes et non à coup de flash-backs assommants. Àlex et David Pastor nous épargnent gracieusement les héros modèles et courageux en faveur de gens ordinaires, avec leur part d’ombre. Le rôle du grand frère, interprété par Chris Pine (le capitaine Kirk du récent Star Trek), est cependant parfois un peu cliché bien que sa prestation soit juste et amplement réussie.

 

 

On retrouve également Piper Perabo (vous savez, celle qui se dandine sur un bar dans Coyote Girls, qui a un papa trop génial et un copain avec lequel c’est pas facile quand même), Lou Taylor Pucci (Southland Tales, Les Cavaliers De L’Apocalypse), Emily Vancamp, dont la présence peine à se justifier, ou encore l’excellent Christopher Meloni (les séries Oz, et New York Unité Spéciale) qui offre sans aucun doute la meilleure prestation du film. Un casting bien choisit sans lequel le film aurait probablement plongé dans les abysses du B-Movie. Difficile avec Infectés de ne pas établir des parallèles avec les autres œuvres de ce type, d’une part par rapport au sujet abordé bien sûr, mais aussi à travers différentes scènes notamment une où nos joyeux fanfarons entament une partie de golf proche de celle que l’on retrouve dans le supermarché de 28 Jours Plus Tard, ou encore l’apparition d’hommes masqués qui ne sont pas sans rappeler ceux de The Crazies. Ce road movie nous porte de bout en bout, le spectateur assistant au destin résigné d’un groupe de gens ordinaires face à un drame qui les dépasse.

 

 

Les frères Pastor livrent ici une variante honnête de la pandémie virale sachant faire la part des choses sans se sceller à ses homologues. Pas de surprise pour cette pellicule sans prétention, mais un voyage dramatique et fataliste qui laisse présager deux réalisateurs à suivre.

 

Auteur : TIBO

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