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Critique Insensibles

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Juan Carlos Medina est un persévérant passionné. Auteur d’un début de script prometteur, le jeune cinéaste aura peaufiné son œuvre pendant près d’une décennie. Sa rencontre avec Luiso Berdejo – scénariste de l’explosif [Rec] – lui ouvrira les portes des producteurs, en plus de lui permettre de trouver le professionnel capable de lui apporter les corrections nécessaires. A la clé, l’un des métrages les plus impressionnants de l’année écoulé. Car si Insensibles s’inscrit clairement dans la vague initiée par l’école Del Toro, Medina livre un métrage à l’intensité palpable, capable d’effectuer un audacieux grand écart stylistique drame sensitif et horreur terrifiante.

 

 

Le fantôme du Franquisme plane définitivement sur le passé historique de l’Espagne. A l’instar de son cinéaste référence avec Le Labyrinthe de Pan, Juan Carlos Medina y plonge une poignée de personnages torturés. Malicieux, ce dernier construit pourtant deux lignes temporelles bien distinctes, les histoires parallèles tissant des liens progressifs entre elles au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les tourments de l’histoire. Si le procédé n’est pas foncièrement novateur, Medina manipule sa structure avec une telle maitrise que la plongée en apnée se veut totale et traumatisante. D’un côté, un groupe d’enfants insensibles à la douleur se voit interné dans un hôpital au cœur des Pyrénées à la veille de la guerre civile. De l’autre, David Martel, brillant neurochirurgien, se découvre une tumeur nécessitant un don de moelle épinière indispensable à sa survie. Une greffe qui va l’amener à découvrir qui va l’amener à découvrir un passé enfoui par ceux qu’il pensait être ses parents biologiques. A travers un script solide, Juan Carlos Medina aborde le cinéma avec un œil bien personnel, et n’hésite jamais à inscrire son travail dans plusieurs registres bien distincts. Si Insensibles semble de prime abord s’inscrire plus distinctement du côté de cinéma de genre, la fresque construite par le cinéaste braque rapidement vers le drame épidermique. Sombre et passionnant, le déroulement du métrage impose à intervalles réguliers son lot de séquences aussi traumatisantes qu’hypnotiques.

 

 

Articulant davantage son histoire autour de la mutation progressive d’un enfant en monstre plutôt que sur le protagoniste présenté comme « principal », Medina livre un film à couteaux tirés. Exfoliant toute notion de manichéisme, Insensibles navigue constamment en eaux troubles, le réalisateur creusant ses personnages au plus profond. Le travail de Medina s’habille en effet d’un noir d’encre, le cinéaste profitant de la période la plus sombre de l’histoire – le Nazisme / Franquisme – pour dépeindre toute la folie de l’esprit humain lorsqu’il se voit confronté à la différence. Medina déroule pour se faire un métrage coup de poing, la violence d’Insensibles s’avérant d’autant plus dérangeante que le cinéaste fait ici le choix quasi-dérangeant de positionner un groupe d’enfants en victimes du totalitarisme de l’époque. La brutalité d’Insensibles n’est cependant jamais gratuite. Plus psychologique que purement visuelle, la violence agit ici comme un catalyseur à la puissance du message et des émotions, qui fulminent dans un final absolument étourdissant.

 

 

Bien que novice, Juan Carlos Medina livre un premier essai maitrisé de bout en bout. L’ensemble s’inscrit certes inévitablement dans le style des récentes productions Espagnoles – L’Orphelinat ou Les Yeux de Julia -, mais le cinéaste parvient à transcender son cahier des charges pour s’affranchir d’un somptueux tableau cinématographique. A l’aise dans ses mouvements de caméras, Medina parvient avec brio à se servir de la technique – la direction photo, sublime – comme d’un relai à l’assommante tristesse du propos. Impressionnant. Même constat en ce qui concerne le casting, constitué autour d’une petite ribambelle d’acteurs résolument habités par leurs rôles respectifs. Le jeune Tomas Lemarquis s’avère plus particulièrement remarquable dans le rôle d’un Berkano mutique, inhumain mais pourtant incroyablement attachant.

 

 

Jouant constamment avec des éléments antagonistes, Juan Carlos Medina se fend d’un enivrant maelström d’émotions. Redoutablement bien construit, Insensibles reste réservé à un public averti, mais se présente comme une expérience cinématographique dont on ne parvient que difficilement à se détacher après visionnage. Immanquable.

 

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TONIO 07-01-2016
Un très très bon film, d'une intelligence rare. L'histoire est formidable, la mise en scène est épatante, les acteurs investis, bref, du tout bon sur toute la ligne. A découvrir absolument !
MarcDoc 28-02-2013
Un film magnifique !

 

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