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Critique Instinct de Survie - The Shallows

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Budgété à hauteur d’un peu moins de vingt millions de dollars, le scénario d’Instinct de SurvieThe Shallows en version originale – trainant dans les cartons de ses producteurs depuis quelques années. Le frenchy Louis Leterrier s’était un temps penché sur le script, avant de retourner bien vite à des projets plus friqués et inoffensifs. Le film de squale échouera finalement entre les mains de l’espagnol Jaume Collet-Serra, ex-faiseur doué dans le registre du suspense – l’excellent Esther – perdu depuis quelques années dans les copycats de produtions Besson. Délaissant aussi bien Liam Neeson que le registre de l’actioner commercial, Collet-Serra capture un film de requin hard-boiled et tendu à souhait, survival aquatique qui éclipse sans grande peine les récents et rares prétendants à la couronne du genre.

 

 

Les Dents de la Mer a suscité bon nombre de rejetons illégitimes. Véritable raz de marée au box-office, le film de Steven Spielberg a drainé dans son sillon certains des nanars les plus hallucinants des trente dernières années, à commencer par ses propres suites. Alors que le maitre-étalon de ce courant « sharksploitation » s’appuyait majoritairement et magistralement sur l’effet de la suggestion pour provoquer l’effroi, le genre misera bien vite plus franchement sur le grand-spectacle, le gore et les pirouettes scénaristiques délirantes. Particulièrement symptomatique des déviances débilo-comiques du film de squale, la franchise Sharknado fait désormais les beaux jours des chaines câblées et des distributeurs vidéo. Le constat n’est guère plus reluisant en salles obscures : Peur Bleue et Shark Night 3D se profilaient en divertissements sympatiques mais assurément trop gonflés d’effets spéciaux pour susciter autre chose que de l’amusement. Retournant au moyen budget après trois péloches confortables mais peu convaincantes – Sans Identité, Non-Stop et Night Run –, Collet-Serra shoote un métrage qui retourne à l’essence du genre. Enfin presque. S’il n’hésite en effet jamais à faire usage de l’attirail technologique mis à sa disposition – le requin est ici en images de synthèse –, ce dernier n’abuse jamais de séquences invraisemblables et se concentre avant tout sur l’aspect « survie » de son produit. Proche dans l’idée d’un 127 Heures, Instinct de Survie resserre au maximum le timing – environ 1h20, générique exclu – comme les protagonistes, mais se pare d’une tension suffisamment rare pour être soulignée.

 

 

Blake Lively, un rocher, un requin. Et une mouette. Jaume Collet-Serra fait dans l'économie de moyens, mais certainement pas d'idées. Le scénario de son film tient en peu de choses : Nancy, étudiante en médecine, est venue surfer sur une plage isolée. Cette dernière est attaquée par un grand requin blanc et se réfugie, blessée, sur un rocher. Nancy va devoir mobiliser toutes ses ressources afin d’espérer survivre. Point. Instinct de Survie fait donc dans le semi-minimalisme. Collet-Serra colle au plus près de son actrice et développe astucieusement l’aspect dramatique de l’entreprise : les doutes, la souffrance, le désespoir. Son film est assurément prenant, ultra-nerveux, parfois quasi-douloureux. La brutalité du traitement contraste ici parfaitement à l’hallucinante beauté des images, Collet-Serra amorçant son récit comme un « feel-good movie » avant de verser brusquement dans un survival hardcore féroce. Pour autant, son Instinct de Survie s’autorise quelques judicieuses séquences purement pop-corn afin de maintenir la rythmique tambour battant. On pourra aisément croire à la combativité presque surnaturelle de l’héroïne, moins à l’intelligence démentielle et perverse du squale. Ni même au final certes très efficace mais résolument too-much et un peu trop orienté « affrontement jusqu’à ce que mort s’en suive ». L’ensemble reste malgré tout parfaitement cohérent – on reste loin du second Lara Croft, dans lequel l’héroïne collait une rouste à un requin avant de lui surfer l’aileron –, et surtout extrêmement accrocheur au vu du peu d’éléments déployés.

 

 

La réussite d’Instinct de Survie tient par ailleurs pour beaucoup dans son approche artistique. Désormais rodé aux défis techniques – Non-Stop était entièrement capturé dans l’espace confiné d’un avion –, Jaume Collet-Serra shoote un film élégant et bardé de contrastes. Les bleus sont d’une pureté inégalée, sublimés par quelques effets de ralentis jamais putassiers. Les séquences nocturnes se montrent froides et terrifiantes. Du grand art. Esthétiquement très poussé, Instinct de Survie ne s’abandonne jamais dans les pièges du clip Rip-Curl et parvient à afficher une réelle personnalité. Seule ou presque face à la caméra, la jeune Blake Lively s’impose pour sa part enfin comme une véritable actrice de cinéma de premier plan. Impliquée corps et âme dans le projet, cette dernière parvient à conférer à son personnage une véritable épaisseur. Et à rester parfaitement crédible face à pas grand-chose, la bestiole ayant été matérialisée en post-production. Chapeau bas.

 

 

Un peu perdu au milieu des superproductions estivales, Instinct de Survie est pourtant l’un des films les plus intéressants de ces derniers mois. Malgré deux-trois scories qui atténuent légèrement le réalisme de la bobine, Jaume Collet-Serra livre un film plastiquement magnifique et doté d’une tension nickel-chrome. On n’avait pas fait aussi bien dans le genre depuis bien longtemps. Trop longtemps.

 

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