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Critique Interstellar

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Christopher Nolan est en passe de devenir un monstre sacré du septième art. Artiste virtuose et touche à tout, le cinéaste enchaine depuis quelques années les œuvres complexes et spectaculaires. Réinventeur du film de super-héros et concepteur du blockbuster intelligent par excellence – la trilogie The Dark Knight –, Nolan s’avère par ailleurs passionnant lorsqu’il s’attaque à des créations purement originales. Avec Le Prestige et Inception, ce dernier a poussé l’art du film labyrinthique à son paroxysme. Interstellar outrepasse pourtant aujourd’hui tout ce que le réalisateur a pu construire par le passé. Vibrant et vertigineux, le métrage se dresse en hommage à peine masqué aux œuvres d’Arthur C. Clarke mais témoigne parallèlement de toute la sensibilité cinématographique de son géniteur.

 

 

Le cinéma de science-fiction a souvent laissé sur le banc de touche ce qui faisait à l’origine son charme : une véritable rigueur scientifique, voire une accumulation de théories mathématiques quasi-hermétiques. Nolan est pour sa part plus adepte des concepts indéchiffrables que des effets spéciaux pop-corn, et a vraisemblablement été marqué au fer rouge par l’impressionnante quadrilogie littéraire de Clarke, souvent réduite à son premier opus fondateur 2001 : L’Odyssée de l’Espace. Interstellar s’appuie sur des bases similaires, certes invérifiables à l’heure actuelle mais pourtant farouchement défendues par bon nombre d’esprits brillants. Le film a une nouvelle fois l’intelligence d’afficher une intensité crescendo, véritable montée en puissance qui amène progressivement le spectateur vers des réflexions hallucinantes, souvent abstraites mais ouvrant le champ de tous les possibles. Nolan part pour ce faire d’un synopsis plutôt simple. Alors que la Terre semble condamnée, une petite équipe d’astronautes embarque dans une mission de la dernière chance. Les américains ont pour objectif de s’engager à travers un « trou de ver » – un « portail » permettant le voyage entre deux régions de l’espace-temps –  afin d’ouvrir la voie à la colonisation de nouvelles planètes. La suite se déroule en forme de plongée dans l’inconnu, Nolan offrant ici un spectacle inédit, furieusement sensitif, assurément transcendant.

 

 

Interstellar est une expérience. Rarement l’espace n’avait été représenté de manière aussi hypnotique. Nolan matérialise ici les rêves les plus fous des lecteurs de SF pure et dure, tout en associant à la magistrale beauté des images un développement chorale en forme de grand-huit éreintant. A l’instar d’Inception, le métrage multiplie les couches de lecture, les réalités, distord le temps et l’espace. Interstellar est un puzzle aux contours indéfinis, une énigme dont la finalité restera incertaine. Nolan pose en effet plus de questions qu’il ne propose de réponses, ce dernier insistant sur le réalisme des dérives les plus fantastiques. Le paradoxe est fascinant. Interstellar est une œuvre extrêmement documentée, tellement compliquée qu’elle en devient occasionnellement incompréhensible. La physique quantique et la mise en image d’hypothèses scientifiques ne prend pourtant jamais le pas sur l’humain. Nolan déroule avant tout son récit comme une incroyable aventure humaine. Un voyage sombre et effrayant, bardé de séquences à l’intensité dramatique tétanisante. Du très grand art. Le dernier tiers se déroule en apothéose grandiose, Nolan signant là le final le plus audacieux de sa carrière, bien que cette conclusion ne renvoie une nouvelle fois à la notion « d’enfant des étoiles » imaginé par Clarke au travers de son œuvre.

 

 

L’approche formelle du métrage s'accorde sans grande surprise à son fond. Nolan présente ici un métrage virtuose, qu’il s’agisse de sa mise en forme – la réalisation, incroyablement fluide – ou de la matérialisation de théories délirantes. Les passionnés d’espace trouveront dans les séquences d’Interstellar des représentations de trous de vers et de déformations de la dimension temporelle pensées dans les moindres détails. La musique composée par l’indispensable Hans Zimmer répond à la même exigence, le compositeur sublimant les images de thèmes d’obédiences classiques qui épousent parfaitement le travail effectué sur le son – les scènes d’espace sont pour une fois véritablement silencieuses –. Carton plein également en ce qui concerne le casting, composé de collaborateurs récurrents – Anne Hathaway, l’inévitable Michael Caine – et de nouveaux venus. Matthew McConaughey livre plus particulièrement une prestation hallucinée et troublante. Un potentiel rôle à Oscar, que le comédien interprète avec un sérieux et une implication totale.

 

 

Interstellar est amené à devenir une référence. Un statut d’indispensable auquel le métrage pourrait aussi bien prétendre dans le registre du drame noir que dans celui de la science-fiction. Nolan s’affranchit avec cette gigantesque odyssée spatiale d’un coup de maitre qui marque durablement le corps et l’esprit. Déjà culte.

 

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