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Critique Iron Sky

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Timo Vuorensola semble être un cinéaste particulièrement timbré. Le réalisateur débarque en effet au sein de l’industrie cinématographique avec un projet tellement barré qu’il semblait impossible à monter. D’autant plus du fait de l’inexpérience totale de son géniteur, qui signe là son premier long-métrage. Coproduction germano-finlandaise - ! -, Iron Sky aura pourtant bénéficié d’un véritable engouement du public geek, auquel Vuorensola n’aura pas hésité à faire appel afin de financer son œuvre bizarroïde.  Terminé à près de 80% au cours de l’année 2010, le métrage aura ainsi bénéficié d’une rallonge de près de 900 000 euros. Emballé dans des conditions professionnelles malgré son approche résolument Z, Iron Sky se présente aujourd'hui comme un pur témoignage de cinéma décalé, plus prompt à remplir les créneaux horaires des séances de minuit qu’à singer les dernières productions à la testostérone d’une Amérique aux ambitions bien timorées.

 

 

Des nazis, un black albinos, une belle ribambelle de pépées sexy, des combats spatiaux qui déménagent. Iron Sky ose une mixture azimutée. Explosant littéralement les frontières entre les différents registres, le métrage de Timo Vuorensola lorgne autant du côté de la science-fiction que de la nazisploitation nanardesque. Le tout s’habille avant tout d’un second degré ultra-prononcé, l’humour décérébré du métrage se manifestant davantage dans son côté délicieusement cinglé qu’à travers de réelles écarts potaches. Le pitch de base se profile en ce sens comme une amusante réminiscence de la série B eighties. Exilés dans le plus grand secret sur la face cachée de la lune, les hordes SS préparent patiemment leur retour. A l’aube de l’année 2018, le smartphone d’un explorateur Américain égaré aux environs de la base offre enfin aux troupes l’élément manquant à leurs recherches. L’invasion du monde peut enfin débuter. Iron Sky est un audacieux pari. Le métrage de Vuorensola s’inscrit certes dans un certain mouvement, en partie défriché par le travail conjoint de Tarantino et Rodriguez sur le diptyque Grindhouse, mais reste en marge des productions calibrées pour le box-office. Imitant avec brio l’esthétique et le côté fun des films d’exploitation,  Vuorensola adopte la même logique : exacerber les accents politiquement incorrects, marquer sa différence et pousser autant que possible l’invraisemblance de son script initial. Iron Sky s’épanche à ce titre à maintes reprises dans une connerie assumée, confinant au métrage des contours de « comédie » auxquels les non-initiés pourront rester hermétiques. A contrario du pitoyable étron érotico-gore Bloodrayne : The Third Reich, Iron Sky parvient pourtant à assembler ses idées avec une relative « finesse ». 

 

 

Le jeune Timo Vuorensola ne s’abandonne jamais dans l’excès. Iron Sky reste mesuré, peut-être trop en ce qui concerne le côté sexy. Le cinéaste livre malgré tout un divertissement furieusement original et bien mené. Son travail pioche plus particulièrement dans le registre steampunk, les comics ou encore le jeu-vidéo en complément du cinéma bis. Les références sont certes foisonnantes – Wolfenstein, Capitaine Sky et le monde de demain –, mais n’empèchent pourtant pas Iron Sky de se profiler comme une œuvre singulière, léchée et personnelle. Vuorensola signe un métrage détonnant, qui n’hésite parallèlement à aucun moment à tirer à boulets rouges sur les instances politiques. Ridiculisant avec une certaine insistance les gouvernants et leurs éternelles magouilles, Iron Sky se permet un brin de critique astucieuse, là ou d’autres se seraient contentés d’articuler l’architecture du projet autour du potentiel hautement explosif du scénario. Un contrat que Timo Vuorensola signe également avec un certain panache. Sans se perdre dans la surenchère épileptique, ce dernier emballe un film buriné, à l’action pop-corn rythmée avec soin. L’aspect rétro-futuriste des armées nazies et de leurs armes de destruction massives offre notamment l’occasion à Vuorensola de signer quelques séquences d’invasion aussi funs qu’épiques. Feuer frei !

 

 

Si l'ensemble ne se veut pas bien sérieux, Iron Sky reste mis en boite avec un savoir-faire certain. Transcendant littéralement son petit budget, Vuorensola livre un produit artistiquement bien plus poussé que les habituelles sorties vidéo dégueulées par les studios américains. Bénéficiant d’une direction photo grisâtre et crépusculaire s’accordant parfaitement à l’approche old-school du projet, le film bénéficie d’effets spéciaux et de trucages informatiques parfaitement convaincants. Une qualité étonnante au vu des financements majoritairement indépendants, Iron Sky n’ayant pas trop à rougir face à certaines machines de guerre hollywoodiennes. Même constat côté casting. Bien que constitué d’une écrasante majorité d’acteurs inconnus, ce dernier tient la route. Bien qu’Iron Sky ne brille pas particulièrement en matière d’interprétation, cette dernière s’avère très correcte pour un projet avant tout centré sur la déconne et la pétarade geek.

 

 

Iron Sky est un film génialement con. Réalisateur acharné et probablement gavé à la série B sans le sou, Timo Vuorensola livre une version « new generation » du registre. Et force est de constater que son update s’avère redoutablement efficace. A consommer sans modération.

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