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Critique Irréversible

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Irréversible compte parmi ces films qui n’ont aucun scrupule à bousculer leur audience et préfèrent proposer un contenu sans concessions, une expérience cinématographique qui prend aux tripes. Son réalisateur, Gaspard Noé, n’en est pas à son coup d’essai. Ses premiers courts et longs-métrages, Carne et Seul contre tous, avaient laissé voir tout le bien qu’il pensait d’une humanité qu’il présente dans tous ses vices et ses torts. Une humanité à vomir, malheureusement trop réelle.

 

 

Le film, au déroulement déchronologique en treize séquences, s’ouvre donc sur le générique de fin suivi d’une scène sous forme de clin d’œil aux précédents métrages de l’auteur. Le ton est donné. Le pessimisme et le nihilisme du réalisateur seront encore de mise. Irréversible narre le départ pour une soirée d’un couple, Alex et Vincent, accompagné de l’ex de cette dernière, Pierre. La soirée se passe, certains s’amusant plus que d’autres, et très vite, agacée par le comportement de son conjoint, Alex quitte précipitamment la fête pour rentrer chez eux. Empruntant un tunnel pour traverser la rue, elle y croisera Le Ténia qui abattra sa violence et son sadisme sur elle en la violant brutalement. Alex et Pierre découvrant la jeune femme alors que les pompiers mettent le corps dans le camion, partent alors tous deux dans la nuit, à la recherche du Ténia, dans une spirale de vengeance et de violence inexorable. Voilà l’histoire. Et tout cela à l’envers dans le métrage.

 

 

La force du film tient principalement dans sa réalisation. La séquence de départ, dans un club gay poétiquement et très justement nommé Le Rectum, où la caméra stroboscopiques laisse deviner orgies et scènes SM dans un camaïeu de rouge et de noir, impose le talent du cinéaste. Noé immerge le spectateur dans l’ambiance, aussi sordide soit-elle, à coup de stimuli visuels et auditifs. Cadrages houleux, bande sonore friande d’ultrasons, images furtives de débauches sadiennes, tout est mis en place pour donner dès les premiers moments la nausée au spectateur. Cette maîtrise de la caméra, Gaspard Noé continue de la déployer à mesure qu’il remonte le cours de la soirée. Il s’en sert pour mieux mettre à mal son spectateur, dans le souci de l’inclure dans le cauchemar dont ce dernier se retrouve témoin. Les cadrages embrassent le chaos et l’anarchie, ils collent au plus près l’histoire qu’ils servent. Lorsque la fameuse scène du tunnel arrive et qu’enfin la caméra se pose, ce n’est que pour amplifier l’atrocité du crime qui se déroule sous les yeux du spectateur.

 

 

Irréversible serait donc purement un trip cinéphile pour spectateur sadomasochistes ? Non. Loin de là. Il suffit de se pencher sur la scène centrale du film pour comprendre la portée du propos de Gaspard Noé : une scène de viol en caméra fixe au sol… Une séquence dans son ensemble de vingt-cinq interminablement  longues minutes… Un tunnel rouge avec seulement Alex et le Ténia… Le spectateur n’a nulle part ailleurs où regarder dans la salle obscure. Alors que dans le quotidien, Monsieur Toutlemonde démontre une facilité déconcertante pour détourner le regard des situations les plus déplaisantes, de la plus petite agression au crime le plus insoutenable, Gaspard Noé force le spectateur à être témoin, à subir la réalité de la situation dans toute son horreur. Cela est déplaisant et inconfortable au plus haut point. Il met le spectateur face au genre humain dans toute sa monstruosité et l’interroge sur sa propre culpabilité. Nombreux sont ceux à avoir fait entendre leur mécontentement et leur indignation face au choix d’une violence hyperréaliste. Encore heureux ! Il semble malheureusement que les boucheries chorégraphiées et souvent divertissantes pour le plus grand nombre où le héros tue toute une série de méchants avec sa seule mitraillette soit plus facile à regarder. Néanmoins, ces action-movies font facilement oublier la souffrance et la douleur. Gaspard Noé favorise l’approche réaliste, quasi naturaliste et replace le drame à l’échelle humaine. Les treize séquences, habillement maquillées en plan-séquences, se succèdent également sans coupure visible mais par les effets inventifs d’une caméra virevoltante, poursuivant l’impression d’un cauchemar sans fin, sans exutoire et de ce fait terriblement réaliste.

 

 

Avec Irréversible, Gaspard Noé confronte l’humanité à ses plus atroces déviances. Le métrage est sans concessions, il ne ménage ni ses acteurs ni ses spectateurs, de la même manière que la vraie vie. Ce n’est pas un voyage pour tous, certainement pas pour ceux qui ne voient dans le cinéma qu’un pur divertissement permettant d’échapper au monde réel, mais il a au moins le mérite d’exister. Pour ceux qui osent s’y aventurer, cette expérience unique et viscérale ne les laissera pas indemne. Le final du film, une envolée lyrique et beethovenienne, prend tout son sens grâce à la construction antéchronologique. Une fois la violence, les hurlements et l’horreur passés, ne reste qu’un apophtégme, silencieux, terrible et inéluctable: le temps détruit tout.

 

Auteur : GUILLAUME

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