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Critique Jennifer's Body

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Présenté à grands renforts de déclarations aguicheuses, Jennifer’s Body s’annonçait aussi atomique que la plastique irréprochable de son premier rôle. L’engouement médiatique dont aura bénéficié le long-métrage tient ici en partie à la teneur de l’équipe en charge du projet, uniquement féminine. Un fait rare dans le domaine horrifique, et d’autant plus prometteur que le projet se veut pensé et mené à bras le corps par la désormais très « hype » Diablo Cody, responsable de l’excellent Juno. Associé à une Megan Fox visiblement possédée par le rôle, le script laissait présager d’une curieuse association : l’aspect gore et fun du mouvement horrifique des eighties couplé à une narration poétique et décalée propre au travail de Cody. Des prétentions visiblement respectée au vu du classement R dont à écopé Jennifer’s Body sur le territoire américain. 

 

 

Sanglant, Jennifer’s Body l’est assurément. Pourtant, la réalisatrice Karyn Kusama ne se fourvoie à aucun moment dans la gratuité. Le métrage ne sombre jamais dans le racoleur, et mesure son taux d’hémoglobine avec une relative parcimonie. La transformation de Jennifer en suppôt de Satan suite à son meurtre brutal par un groupe de rock minable aurait pourtant pu être prétexte aux débordements les plus extravagants, orientation facile que Kusama contourne au profit de l’instauration d’une certaine tension ainsi que d’une narration fluide et originale. Les carnages - exclusivement masculins - se compteront donc sur les doigts d’une main, mais ne lésinent pas à s’illustrer de démembrements et autres dépiautages les plus sauvages. Pour autant, ces quelques scènes de fringale, bien que relativement graphiques, ne confèrent en rien Jennifer’s Body aux côtés des bobines sombres et malsaines particulièrement en vogue ces dernières années. Karyn Kusama met en boîte un film résolument marqué du sceau des années 80 : à la limite de la série B malgré un financement confortable, Jennifer’s Body en réplique les codes avec un certain respect. Si l’érotisme se montre timide malgré une réputation faussement-sulfureuse en partie inhérente au magnétisme animal véhiculé par la présence de Megan Fox, le film de Kusama fait preuve d’une certaine audace et tend en effet à se rapprocher d’une génération d’œuvres oubliées. Cette affiliation se profile en grande partie via l’aspect résolument second degré et déjanté du propos. Pitch nanardesque, éternel combat du bien contre le mal, ados affublés de tous les stéréotypes imaginables - la populaire et démoniaque Megan Fox contre la fausse-moche Amanda Seyfried -, Jennifer’s Body semble compiler avec bonheur tous les aspects du métrage jouissif et mineur. Si ce n’est une narration et un développement des plus soignés.

 

 

Bien que Diablo Cody n’ait imaginé Jennifer’s Body comme un hommage à un cinéma de genre aujourd’hui dépassé, cette dernière ponctue parallèlement son œuvre d’une originalité propre à l’écriture de Juno. La narration se montre résolument originale et ponctuée de dialogues piquants à souhait. Opérant sans surprise un semblant d’étude des mœurs adolescents aux encornures, Cody confère ici la parole au personnage de Needy, meilleure amie de la diabolique et sexy Jennifer. Exercice délicat, le fameux « langage jeune » sonne ici avec une très grande justesse et ne s’embarrasse d’aucun cliché. Déroulée comme un journal intime, la narration confère à l’horreur la plus crue un certain humour, et permet à la réalisatrice Karyn Kusama la mise en place d’une construction légèrement plus osée que la moyenne en ouvrant son œuvre sur sa conclusion, sans en dévoiler d’emblée les éléments clés. Les qualités de Jennifer’s Body sont d’autant plus appréciables que le métrage ne témoigne jamais des carences trop souvent propres à la série B. La ribambelle de jeunes talents cabotine avec un savoir-faire certain, poussant à l’occasion dans un sur-jeu néanmoins adapté au second degré très prononcé du scénario. Megan Fox compose une garce délicieusement vicieuse alors qu’ Amanda Seyfried se complait à merveille dans un personnage radicalement opposé, mais qui s’éveille étrangement plus volontiers aux choses de la vie. Les musiciens responsables du trépas de la protagoniste principale s’emparent pour leur part de tous les tics risibles de la nouvelle scène rock américaine, et renforcent ainsi le ridicule du postulat de base avec un humour noir appréciable.  Esthétiquement, Jennifer’s Body se veut enfin très respectueux de ses pairs et évite l’aspect clinique et clinquant des blockbusters actuels. Les couleurs légèrement passées des images tissent une affiliation évidente à l’âge d’or du genre, et lui apportent une âme souvent absente des productions calibrées teenagers.

 

 

Malgré la qualité générale de l’œuvre et l’aspect purement divertissant dont elle s’affranchit avec talent, Jennifer’s Body n’est cependant pas exempt de tous défauts. Si l’on passera outre le léger manque de victimes - une ou deux supplémentaires n’auraient pas été superflues - compte-tenu de la beauté des images et des dialogues finement ciselés, le tout accuse cependant quelques occasionnelles baisses de rythmes. Certaines rares séquences frisent à ce niveau le remplissage pur et simple, à l’instar d’une scène de baignade inutile et seulement prétexte à émoustiller le spectateur dans l’attente de plans plus explicites qui ne se profileront jamais. L’aspect physique de Jennifer semble également avoir fait face à une certaine frilosité, tant la décomposition du corps dont celle-ci devrait être victime lorsqu’elle se voit privée de chair fraiche se limite à un teint timidement blafard. Dommage que cet aspect du scénario n’ait pas donné lieu à des quelques prouesses de maquillages lorsque l’on constate le travail effectué sur la première victime de la diabolique pom-pom girl.

 

 

Sans révolutionner le genre, ni même en avoir la prétention, Jennifer’s Body remplit son cahier des charges sans véritable accroc. Bien joué, écrit avec finesse et mis en boîte sans négligence de notion artistique, l’œuvre menée par le tandem Karyn Kusama / Diablo Cody ne fait preuve d’aucun calibrage grand public - exception faite de sa bande-originale - malgré la présence d’une Megan Fox propulsée sur le devant de la scène par les minablissimes et clipesques blockbusters Transformers. Essai gagnant pour un trio Kusama / Cody / Fox novice dans le genre horrifique.

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