film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique John Dies at the End

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Ceux qui ont eu la chance de connaître les premiers films de Don Coscarelli savent déjà à quoi s’attendre face à son dernier projet en date, John Dies at the End. En effet, ce réalisateur mythique possède une griffe que les amateurs reconnaissent de loin. Dans le monde du cinéma d’horreur, la majorité des projets sont précalibrés pour les salles de cinéma, régurgitant sans cesse les mêmes idées depuis 30 ans. Le cinéma indépendant ou semi-indépendant - par réaction certainement - est de plus en plus innovant, piochant même dans des idées parfois folles si ce n’est purement conceptuelles. Dans ce groupe d’anarchistes culturels, Don Coscarelli fait figure de maître et de précurseur grâce à ses films cultes Phantasm 1 à 4. Délibérément fou et violent, chacun d’entre eux amène son lot de trouvailles hors normes dans un univers décalé. Par la suite Coscarelli nous a offert son génial Bubba Ho Tep en 2006, bénéficiant en sous-texte d’une critique acerbe sur une société vieillissante et inexorablement sur le déclin. John Dies at the End quant à lui nous propose une aventure sous narcotique et un pèlerinage mystique aussi philosophique qu’épileptique.
 
 
 
 
Dès l’ouverture de John Dies at the End, le spectateur est plongé en plein cauchemar - peut-être une hallucination - ou plus précisément le déroulement cocasse de plusieurs réactions en chaîne. L’ensemble est parsemé d'éléments surnaturels et totalement loufoques pouvant provenir d’un cerveau en phase de sommeil profond. Mais il n’y aura pas de réveil soudain, tout est bien réel, du moins dans la tête du narrateur. David Wong - du nom de l’auteur du livre dont ce film est l’adaptation - donne rendez-vous à un journaliste, le grand Paul Giamatti à qui il va raconter son histoire. Il espère que celui-ci relatera dans un article, la situation paranormale et catastrophique qui se déroule dans sa ville. Notre héros lui explique par la suite qu’il a ingéré par accident une nouvelle drogue, la sauce soja qui décuple les facultés humaines, lui permettant ainsi de voyager dans le temps et les dimensions. Après avoir démontré ses dons et son omniscience totale, David explique alors comment il chassent les démons au quotidien avec son meilleur ami décédé, le fameux John du titre. Aussi brutalement que cela, les bases du métrage sont mises en place. Dans un style se rapprochant de la série Supernatural - dont le film s'éloignera rapidement - nous suivons alors nos deux compères dans leurs traques surnaturelles, cherchant à sauver un monde proche d’une apocalypse imminente.
 
 
 
 
Là où Takashi Miike nous laissait dans la confusion la plus totale dans son génial Gozu - et son accouchement... en sens contraire - Don Coscarelli nous prend par la main pour nous faire traverser son métrage sans encombres et avec un maximum d'éléments utiles à sa compréhension. Le spectateur, ainsi que le protagoniste principal, rentrent petit à petit dans ce monde complètement fou et ... n'y comprennent rien du tout. Le héros se comporte comme quelqu’un de sain et sobre face à des délires de toxico en manque. Mais une injection accidentelle de sauce soja le force à se rendre à l'évidence : cette substance à des effets secondaires magiques voir divins. L’intelligence du scénario tient au fait qu'il s'acharne à crédibiliser et à rendre véritablement ancrées dans le réel des situations incroyables face auxquelles nous sommes perplexes. Car les faits nous sont décrits par un narrateur qui ne raisonne qu’en fonction de sa propre réalité, l’ensemble de l’histoire est conté soit par un esprit d’une clairvoyance divine, soit par un junkie en train de se taper une sale redescente. Puis, tout doucement, le spectateur s’éloigne de cette réflexion et finit même par s’en foutre complètement. Il est tellement agréable de se laisser transporter par un métrage d’une telle maîtrise et surtout, sans faire aucun effort, se laisser glisser lentement vers un rêve - cauchemar ? - à demi éveillé. Il est bien là le but de ce métrage, sortir de la stricte logique humaine et se balader dans un songe burlesque jumelé à une réflexion philosophique sur la mort.
 
 
 
 
Malgré un rendu à l’image qui se rapproche d’un programme TV - la faute au choix de grain de pellicule particulier proche de la DTV lambda - John Dies at the End est malgré tout filmé et mis en scène par des mains d’un maître. Oscillant entre montage dynamique des scènes d’action et celui d’une ‘’caméra saoule’’ - ou alors portée par un caméraman ivre - décrivant une réalité parallèle, le spectateur ne s’ennuie jamais. Les couleurs sont ocre/orangées et comme les anciens films de Coscarelli, un certain effet vintage est appliqué autant sur les images du film que sur les affiches. Le projet paraît comme enveloppé d'un flou léger, d’un voile de poussière omniprésent rappelant le cachet grindhouse cher à Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. Coscarelli sait comment produire un grand spectacle avec un minimum  de budget et il fait le choix ici d’emmener son film vers une conclusion dantesque à la limite d’un blockbuster estival. On se croirait presque devant une relecture du Sucker Punch de Zack Snyder ou du jouissif Atomik Circus, le retour de James Bataille des frères Poiraud, avec leur humour décalé baignant dans un monde terrifiant. Notre réalisateur, comme à son habitude, mélange avec habileté des styles diamétralement opposés, mais qui sous sa focale deviennent indissociables. La folie et le burlesque sont omniprésents, justifiant à travers une écriture précise des circonstances totalement irréelles. On se retrouve par exemple devant une conversation avec un chien terriblement perspicace, à regarder un combat entre un homme et une moustache volante ou encore à écouter un coup de téléphone donné via un hot dog. Et le pire c’est qu’on y croit à fond. 
 
 
 
 
Don Coscarelli, comme à son habitude, nous livre avec John Dies at the End une analyse sociétale sous LSD, un article Gonzo sur l’acceptation du deuil qu’il titrerait : comment survivre dans un monde devenu virtuellement réel et vice et versa. L’ensemble est tellement dingue que toutes les références s’écroulent, les dogmes s'annihilent d’eux-mêmes et que notre dimension fusionne avec sa jumelle. Plus qu’un film, une expérience. Un film concept peut être même supérieur à certains David Lynch ou du moins bien plus accessible et moins prétentieux. In fine, un dialogue vient définir l'essence même de John Dies at The End à travers le héros qui demande : Comment on sait que l’on devient fou ? On ne s’en rend pas compte, on a juste l’impression que ce sont les autres qui le deviennent. 

Auteur : MARC D'OC

Critique vue 4560 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 88+4

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction