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Critique Jupiter : Le Destin de l'Univers

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Le virage de l’après-Matrix aura été complexe à négocier pour les Wachowski. Réalisateurs visionnaires mais assurément geeks, les deux larrons aiment les projets tarabiscotés, esthétiquement ébouriffants et souvent éloignés des attentes du grand public. Four monumental au box-office, leur Speed Racer et ses aspirations japonisantes aura été durement vilipendé par la critique. Cloud Atlas s’avérait pour sa part extrêmement dense et probablement trop ésotérique pour conquérir les masses. Si les financements sont aujourd’hui moins aisés à débloquer qu’à la suite de leur culte trilogie cyberpunk, les Wachowski poursuivent malgré tout leurs expérimentations cinématographiques sans jamais sacrifier une once de personnalité au potentiel commercial de leurs travaux. Si l’ensemble reste imparfait, Jupiter : Le Destin de l’Univers – traduction hasardeuse du titre original, Jupiter Ascending – se profile une nouvelle fois comme une étonnante expérience de cinéma.

 

 

Attendu pour la saison estivale 2014, Jupiter : Le Destin de l’Univers aura été subitement reporté de plus de sept mois par ses producteurs. Une nouvelle date de sortie à une période nettement moins favorable au cinoche pop-corn qui annonce presque toute l’étrangeté de ce projet au budget maousse-costaud mais à l’approche résolument bizarroïde. Car à contrario des grandes franchises galactiques – Star Wars et Star Trek en tête de liste –, le métrage des Wachowski est une œuvre geek à souhait, ultra-codifiée, presque hermétique sur certains aspects pour les non-initiés à la culture SF / Fantasy des dernières décennies. Les Wachowski construisent en effet ici un univers bien particulier autour des références de la pop-culture moderne, qu’elles soient américaines, japonaises ou européennes. Jupiter : Le Destin de l’Univers pourrait en effet être vu comme la parfaite synthèse de leurs travaux précédents, le film mixant allégrement des influences manga, steampunk, SF, cyber-truc et techno-machin-chose. Car s’il pioche de ci et là de multiples éléments visuels, le vaste monde imaginé par les deux ex-frères – Larry étant devenu Lana peu avant la sortie de Cloud Atlas – fait preuve d’une créativité délirante et presque inédite en matière de cinéma fantastique. Les deux réals’ déroulent le tout avec une hallucinante générosité, chaque séquence affichant son lot de trouvailles, de détails azimutés, d’objets futuristes ultra-cools. Un véritable feu d’artifice.

 

 

Les Wachowski sont des artistes d’une maniaquerie presque maladive. Leur science du grand-spectacle évite certes les facilités, mais se veut comme toujours des plus rigoureuses. Jupiter : Le Destin de l’Univers regorge de ce fait d’envolées pétaradantes et décomplexées. Le métrage s’avère extrêmement bien rythmé et aligne tout les indispensables du space-opéra « bigger than life » : bastons galactiques épiques, poursuites démentielles, destructions massives, gunfights à 360° avec pirouettes délicieusement irréalistes et bien plus encore. Du grand art, les Wachowski emballant chaque poussée d’adrénaline dans une réal’ virtuose qui tournoie dans tous les sens sans jamais sombrer dans l’illisibilité. Jupiter : Le Destin de l’Univers est beau, propre, inventif. Sublimée par un scope généreux, l’œuvre se présente probablement comme le projet le plus original et abouti de ses géniteurs, mais peine pourtant malheureusement à convaincre totalement, le scénario « lolilol » témoignant ici des mêmes défauts qu’un Avatar tout aussi bancal sur le plan narratif. Le script affiche d’emblée une affolante niaiserie, en plus d’honteusement recycler les idées phares de Matrix - la culture des humains, le personnage « élu » etc -. Petite planète au vu de la galaxie, la Terre n’est en fait qu’une colonie appartenant à une puissante famille d’extra-terrestres. Ces derniers espèrent en effet tirer de la population humaine des hectolitres de nectars destinés à servir d’élixir de jeunesse aux puissants. Manque de chance pour le triumvirat à la tête de cette entreprise, une immigrée Russe dénichée par l’ex-militaire de l’espace Caine Wise se révèle être la réincarnation de la figure maternelle et hérite de la Terre.

 

 

Partant de cette idée simple mais alléchante, Jupiter : Le Destin de l’Univers tourne plus ou moins dans le n’importe-nawak. Pire, le film des Wachowski patauge dans un développement répétitif qui casse partiellement l’excellente dynamique imposée par les séquences de déballages visuels en tous genres. L’« héritière » Jupiter Jones est confrontée tour à tour à chaque membre du trio de méchants – ses rejetons, donc –, chacun de ces sinistres individus cherchant à l’extorquer avec sournoiserie. Le beau guerrier de l’espace passe de ce fait son temps à la sauver des griffes de sa famille imposée. Passionnant. Les Wachowski décomposent de ce fait l’œuvre en trois tableaux bardés jusqu'à l'os d'action qui déménage, mais ne parviennent jamais à imposer un antagoniste véritablement charismatique ou menaçant, malgré tous les bons efforts d’un Eddie Redmayne isolent, nonchalant et cruel. Bref, parfaitement détestable. L’historiette amoureuse entre les deux protagonistes principaux aura par ailleurs tendance à irriter, faute d’une réelle symbiose entre les Tatum et Kunis. Dommage.

 

 

Jupiter : Le Destin de l’Univers aurait pu se profiler comme un monument de SF contemporaine. Colossal et remarquable par bien des aspects, le métrage des Wachowski pèche en s’habillant d’un scénario bébête et en brossant une héroïne centrale stéréotypée qui n’aurait rien à envier aux princesses Disney. Le film en envoie cependant plein les mirettes, et mérite à ce titre un visionnage attentif. Si ce n’est plus.

 

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