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Critique Jusqu'en Enfer

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Un grand nom suffit-il à faire un bon film ? A en croire certains médias, assurément. Bénéficiant d’un battage inhabituel pour un film classé dans un registre fantastico-horrifique d’ordinaire systématiquement dénigré par l’élite intellectuelle Française, Jusqu’en Enfer se sera même offert la primeur d’une sélection officielle au festival de Cannes. Des égards assez peu compréhensibles après visionnage de la dernière œuvre cinématographique de Sam Raimi - Un Plan Simple, la saga Spider-Man -, qui livre un métrage tout simplement moyen et semble accuser le contrecoup des années ainsi que de ses infidélités au genre qui l’a vu émerger. Car si son Drag Me To Hell se revendique des glorieuses eighties par son synopsis, le film peine à se hisser au niveau de la cultissime trilogie des Evil Dead

 

 

Au vu du scénario ainsi que des prétentions affichées par le dernier témoignage cinématographique de Sam Raimi, il semble difficile de ne pas tisser de liens avec l’indétrônable maitre-étalon de la filmographie du réalisateur. En lorgnant du côté de la série B efficace et décomplexée, Jusqu’en Enfer paraissait prompt à remettre au goût du jour le côté fun et très second degré dont s’était jadis habillé  l’azimuté Evil Dead. Dans sa forme stricte, Jusqu’en Enfer est pourtant pleinement convaincant, et transpire la maitrise technique et artistique. Très typé eighties, la bobine témoigne d’un certain amour aux œuvres mineures mais purement jouissive de l’âge d’or du mouvement horrifique à travers un scénario teinté d’occultisme ainsi que des choix artistiques privilégiant les tons mats aux couleurs clinquantes du cinéma actuel. Sans faille, la réalisation de Raimi se pare de cadrages impeccables ainsi que d’un superbe format scope malheureusement délaissé dans le genre pour des raisons strictement budgétaires. Bien qu’il se rapproche des métrages fabriqués avec trois bouts de ficelle, Jusqu’en Enfer se voit emballé avec un talent bien souvent absent à des productions actuelles trop souvent estampillées d’un cachet « DTV de luxe ».

 

 

Au delà d’une mise en forme particulièrement soignée et appréciable, la direction d’acteurs demeure par ailleurs impeccable, et c’est avec un plaisir non dissimulé que l’éternel adolescent Justin Long - Jeepers Creepers - effectue ici un retour au cinéma de genre dans un rôle de second couteau taillé sur mesure. Le développement travaillé de la protagoniste principale est par ailleurs l’une des grande force de Jusqu’en Enfer, le personnage ambigu de Christine Brown passant par plusieurs phases bien distinctes suite à l’envoutement de la terrifiante Sylvia Ganush. Joué à la perfection par Alison Lohman, la jeune fille traverse des instants de psychose névrosée particulièrement savoureux et contrastant à merveille avec sa douceur naturelle. Face à cette bonté communicative de l’héroïne de cette fable horrifique, la sorcière imaginé par Sam Raimi n’en est que plus drôle et terrifiante. Visuellement peu ragoutante - la rencontre à la banque ainsi que la dispute dans la voiture de Christine se montrent désopilantes au possible -, le personnage se veut par ailleurs responsable de frissons délectables. Raimi connaît son art à la perfection, et associe l’image et le son pour amener sur le tapis quelques sursauts particulièrement éprouvants, mais malheureusement trop peu nombreux. Etrangement et malgré l’intérêt de cette sorcière furibonde, Raimi opère en effet un choix incompréhensible en éjectant rapidement sa meilleure carte du récit.

 

 

Malgré toutes ses qualités, Jusqu’en Enfer souffre d’un certain manque de rythme et manque son véritable objectif. Ni trop sérieux ni véritablement comique, la bobine navigue constamment entre deux eaux, et n’instaure son climax que dans un troisième tiers à la mise en place longuette. Jusqu’en Enfer tourne de ce fait légèrement en rond en multipliant les effets de la malédiction tziganes, sans que ceux-ci n’apportent de débordements comiques ou d’effets particulièrement intéressants. Tout juste dénotera-t-on d’amusants clins d’œil à Evil Dead - la voiture de la sorcière ainsi que ses yeux éjectés, qui renvoient à la scène de la vieille énuclée par la trappe de la cave dans le second volet de la trilogie -. Les longueurs sont malheureusement légion, fait d’autant plus dommageable que Jusqu’en Enfer devient absolument délirant dans son dernier acte. Proche de la qualité d’Evil Dead, ce dernier associe enfin le tempérament occulte du film à des scènes furieusement comiques, magnifiées par des décors visuellement débridées. Chèvre parlante, possessions débridées, explosion névrotique du personnage de Christine lors de la scène du cimetière, les dernières séquences du métrage se montrent en tous points délectables et tendent encore d’avantage à faire regretter les quelques inutiles développements greffés sur la première heure du film. Le surprenant cliff final met un terme aux derniers coups de manivelle avec une incroyable inventivité, concluant Jusqu’en Enfer sur une note de négativisme aujourd’hui radicalement écartée des productions cinématographique.

 

 

Conçu en deux temps inégaux, Jusqu’en Enfer compte autant de qualités que de défauts. Bien que l’œuvre demeure mineure, elle a cependant au moins le mérite de ramener Sam Raimi à son style de prédilection, genre pour lequel il recèle encore indiscutablement de bonnes idées. Sans s’avérer foncièrement original, Jusqu’en Enfer est un honnête divertissement, malheureusement plombé par une première moitié occasionnellement soporifique. La bobine se présente néanmoins comme un bel hommage à un cinéma aujourd’hui partiellement oublié du grand public.

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