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Critique Kinatay

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Ayant connu son âge d’or dans les années 70, le cinéma philippin souffre aujourd’hui de sa situation financière et sociale agrémentée par l’invasion des productions américaines. Brillante Mendoza fait partie de ce renouveau de réalisateurs qui tentent de proposer un cinéma anticonformiste et de refléter leur pays à travers  leurs œuvres. Il n’en est pas à son premier coup d’essai puisque le bonhomme nous avait déjà livré des films comme The Teacher, Serbis ou encore John John. Il signe avec Kinatay son sixième long métrage et plonge le spectateur au cœur d’un cinéma sensoriel dans la ville de Manille. Présenté au Festival de Cannes en 2009, il a notamment reçu le prix de la meilleure mise en scène.

 

 

Kinatay – « massacre » en philippin – suit les mésaventures d’un jeune étudiant en criminologie, Peping, fraichement marié et papa d’une petite fille, tentant de se faire un peu d’argent à travers quelques magouilles aux côtés d’un de ses anciens camarades de classe. Un soir, ce dernier l’embarque dans une mission un peu spéciale avec un gang, grosse somme d’argent à la clé. D’après le réalisateur, le scénario du film est basé sur une histoire qui lui a été racontée un jour par un étudiant en criminologie. Captivé et intéressé, il a donc décidé de porter ces paroles à l’écran car elle retranscrivait intelligemment la situation sociale et financière des philippines, entre perte de l’intégrité et difficultés pécuniaires. Bien qu’il contienne des éléments inhérents au genre, Kinatay n’est pas un film d’horreur à proprement parlé et se rapproche plus du film noir ou du thriller. Très sombre, Brillante Mendoza nous emmène dans les dessous de la pègre et de la justice véreuse à travers l’histoire de Peping, embarqué malgré lui dans quelque chose qui le dépasse et contre lequel il se bat originellement, le crime. Le réalisateur choisit de nous raconter son récit à la manière du cinéma vérité – par affinité mais aussi par restriction budgétaire, le cinéma philippin n’étant pas des plus viables financièrement –, caméra à l’épaule pour coller au plus près de l’action.

 

 

Sans être dans le documentaire, Kinatay se déroule en temps réel et suit le personnage principal dans sa virée. A ce titre, la mise en scène est impressionnante et son prix est amplement justifié. Sachant prendre de la distance à la manière d’un rodeur quand c’est nécessaire et accompagner son protagoniste tel un reporter pour faire monter la pression, Brillante Mendoza sait où il va et n’use d’aucun subterfuge avec pour seul objectif de capter l’essence de la situation. Kinatay fait ressortir deux périodes aux facettes bien distinctes : le jour, et la nuit. La journée, Peping est simple étudiant en criminologie et s’occupe de sa famille dans une ville en ébullition. Cependant, cette facette va très rapidement être mise de côté et dès que la pellicule plonge dans l’obscurité, l’environnement arbore un tout autre visage et la population n’est plus la même. Une ville et une société schizophrènes dont Peping en est l’allégorie. Sa mésaventure nocturne va se traduire par la perte graduelle de son intégrité et de son innocence en assistant à la perpétration d’un crime, devenant ainsi complice. Une longue descente aux enfers avant de retrouver sa vie normale. Là où Brillante Mendoza est pertinent et construit la force de Kinatay, c’est qu’il ne raconte pas une histoire, mais la fait vivre au spectateur – ou du moins, il tente. On évolue aux côtés du protagoniste sans aucune information et l’auditoire découvre les choses en même temps que lui, avec ce sentiment constant de désorientation et de perdition. Pour parvenir à retranscrire ces sentiments, des éléments sont indispensables : une atmosphère et des acteurs en béton. 

 

 

Heureusement, le réalisateur l’a bien compris. L’ambiance très noire et inquiétante couplée avec l’horrible crime perpétué se retrouvent en total décalage avec le comportement routinier du gang. Dans un décor somptueux de noirceur, les acteurs livrent une performance au poil, le naturel avant tout. Pas de pseudo gangster stéréotypé mais des personnes venues exécuter un « travail » comme un autre. Que ce soit la tête d’affiche Coco Martin (acteur fétiche du réalisateur) ou les différents membres du groupe, chacun pose sa pierre laissant de côté tout cabotinage malvenu. Cependant, même si l’on est obligé de reconnaitre tout le talent de son géniteur et de la pertinence des différents éléments qui composent la pellicule, la cohésion entre ceux-ci ne semble pas réellement fonctionner. Kinatay est une œuvre radicalement transgressive mais régulièrement d’un ennui mortel. Seules les affinités personnelles pourront décider de l’implication du spectateur face à cette situation. Le moindre détachement émotionnel fera perdre pied et la lassitude pointera avec joie le bout de son nez. Si la pellicule reflète une réalité tristement judicieuse – notamment lors d’une scène finale d’apparence neutre mais criante de vérité –, celle de l’exploitation de la misère sociale par des gangs peu scrupuleux, il n’en reste pas moins qu’il ne se passe pas grand-chose et qu’elle manque grandement d’accroche.

 

 

Œuvre viscérale, transgressive et difficilement classifiable, Kinatay ne parlera pas à tout le monde et pourra en faire sombrer certains face à une monotonie qui ne se voit bousculée qu’à trop peu de reprises. Brillante Mendoza n’est pas le genre à faire l’unanimité, vous voilà prévenus.

Auteur : TIBO

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