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Critique Kiss of the Damned

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Le mythe du vampire a été décliné à toutes les sauces. De l’actioner bourrin – Underworld – à la romance gnan-gnan pour adolescentes, le suceur de sang est un élément indémodable et accommodable à toutes les tendances. Xan Cassavetes, réalisatrice underground reconnue pour son travail sur le documentaire Z Channel : Une Obsession Magnifique, aborde le genre en respectant un cahier des charges depuis longtemps oublié. A l’instar des œuvres de Neil Jordan, son Kiss of the Damned est une œuvre sensuelle, parfaitement ambiancée, toute en retenue. Une approche anticonformiste qui confère certes une relative originalité au projet, mais le condamne à une certaine obscurité.

 

 

Kiss of the Damned n’a rien du métrage grand-public. Cassavetes explose ici les schémas traditionnels, ignorant volontairement les nécessités de disposer des rebondissements à intervalles réguliers. Son film se veut sensoriel, entièrement articulé autour d’une ambiance romantico-dramatique bien troussée. Loin de l’image du prédateur nocturne, la cinéaste brosse ici un personnage de vampire quasi-dépressif, handicapé par une nature qui l’empêche de vivre comme une femme « normale ». Barricadée dans une immense bâtisse du Connecticut, Djuna évite ainsi tout contact avec l’extérieur. Lors d’une rapide excursion dans un vidéoclub, cette dernière croise pourtant le regard de Paolo, scénariste pour le cinéma. Bien que d’abord réticente à lui faire partager son quotidien, Djuna cède à ses demandes et le transforme en créature immortelle. Cependant, la sœur de Djuna, Mimi, débarque dans leur existence et chamboule le fonctionnement du jeune couple. Nettement moins désireuse de préserver les humains, celle-ci va peu à peu anéantir leur relation. Habillé d’un rythme ultra-mesuré, Kiss of the Damned s’articule donc majoritairement autour de ses personnages, Cassavetes construisant un « triangle » plus ou moins amoureux, les actes de la sœur mettant à mal la relation Paolo / Djuna sans que cette dernière ne s’immisce totalement dans leur histoire.

 

 

Kiss of the Damned est un métrage contemplatif, peut-être trop. Xan Cassavetes livre ici un film d’auteurs, mais semble se moquer de la substance. Son travail exfolie presque toute problématique de scénario, la réalisatrice se contentant d’une étude de mœurs qui pourra parfois sembler plutôt moribonde. Il ne se passe en effet pas grand-chose au cours de ce Kiss of the Damned, le film ne développant aucun véritable enjeu dramatique et passant ainsi totalement à côté de l’installation d’un quelconque suspense ou mystère. Dommage. Le projet de Cassavetes s’avère parallèlement bien plus prude que promis. Le côté érotico-gore est en effet bien présent, mais reste très timide. Cassavetes installe pourtant au cœur de son métrage des protagonistes hautement cabossés, parfois déviants, mais peine à rendre le tout vraiment sulfureux. Reste un « petit » film sexy aux entournures, qui malgré quelques grosses carences rythmiques ainsi qu’une totale absence de fond, se montre très soigné dans l’approche.

 

 

La cinéaste est en effet très fidèle aux origines du vampire, et couche sur pellicules une œuvre romantique particulièrement aboutie. Kiss of the Damned s’appréhende presque comme un tableau, le travail effectué en matière d’équilibre des couleurs et d’éclairage s’avérant impressionnant. Cassavetes assure ici une réalisation de haute volée et ne sombre jamais dans le mauvais goût. Malgré un budget des plus resserrés, Kiss of the Damned marque des points sur la forme, les rares effets spéciaux ainsi que du casting répondant aux mêmes exigences de qualité que la réalisation. Ce dernier intègre d’ailleurs trois françaises dans les rôles titres – Joséphine de la Baume, Roxane Mesquida et Anna Mouglalis –. A contre-emploi, ces dames sont d'ailleurs parfaitement convaincantes bien que l’accent anglais ne trahisse parfois leurs origines.

 

 

Kiss of the Damned se profile comme un film expérimental intéressant dans sa forme, moins sur le fond. Si Xan Cassavetes livre une œuvre personnelle et dotée d’une réelle sensibilité, le sérieux de l’entreprise ne suffit pas à masquer le désintérêt affiché pour la trame narrative en elle-même, et ce malgré de très beaux personnages. Une curiosité cinématographique.

 

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