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Critique Kite

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Kite est un anime japonais qui aura fait scandale à la fin des nineties. Cumulant sans aucune limite violence outrancière et scènes de pornographie hautement explicites, le dessin-animé aura connu de véritables difficultés de distribution malgré les sorties successives de versions plus ou moins censurées. Classé X dans de nombreux pays, l’œuvre restera de ce fait relativement méconnue. Une discrétion qui ne l’empêchera pas d’accéder au statut de film culte, et motivera ainsi certains investisseurs américains à en produire une version live. Victime d’une pré-production des plus chaotiques, Kite aura pourtant subi les affres des réécritures, réorientations et autres rabotages budgétaires. Troisième cinéaste engagé sur l’œuvre, Ralph Ziman mène enfin le projet à terme, mais abandonne partiellement ce qui faisait l’étrangeté de l’anime pour s’affranchir d’un actioner simple et bourrin.

 

 

L’adaptation cinéma de Kite semble être le métrage maudit par excellence. Un temps engagé sur le film, Rob Cohen – xXx, Fast & Furious – jettera l’éponge après quelques mois de pré-production. David R. Ellis aura pour sa part tout juste le temps d’engager Samuel L. Jackson dans l’aventure avant de s’éteindre dans des circonstances encore mystérieuses. Les droits sont entre-temps cédés à de nouveaux studios, dont la Wenstein Company, société réputée pour ses déraisonnables stratégies de resserrages financiers. Clippeur inconnu au bataillon, Ziman vient donc occuper le poste de yes-man. Charge à lui d’équilibrer la formule au mieux afin de ne décevoir personne. Car si les aficionados sont en mesure d’attendre une adaptation live qui n’édulcore pas le matériau originel, le côté furieusement politiquement incorrect de l’anime reste difficilement envisageable pour un film soumis à une certaine exigence de rentabilité. Ziman opère à ce titre à des coupes drastiques. Légèrement sexy, son travail exfolie complètement les séquences de nudité full-frontal pour s’articuler plus volontiers comme un actioner brutal et ultra-stylisé. Sur le fond, rien ne change. Ou presque. Kite fait en effet dans l’efficacité : Sawa est une jeune fille dont les parents ont été assassinés par un cartel de la drogue. Aidée par l’ancien co-équipier de son père, cette dernière s’attelle à remonter la filière afin d’en supprimer les têtes dirigeantes. Basta.

 

 

Si Kite ne fait jamais preuve d’une trop grande complexité, le métrage de Ralph Ziman s’avère plutôt bien construit. Jamais bavard, l’ensemble évite les trop longues respirations sans pour autant négliger totalement les retournements de situation. Les cliffhangers sont certes assez téléphonés, voire prévisibles, mais offrent à ce revenge-movie un fil conducteur qui lui permet bon gré mal gré de s’épauler d’un petit suspense assez appréciable. Le film reste certes crétinisant, mais affiche de telles saillies burinées qu’il en devient absolument jouissif. Ralph Ziman livre en effet un spectacle décérébré et bourré d’effets de style complètement beaufs. L’ensemble fonctionne plutôt bien, Kite accumulant jusqu’à l’overdose les séquences furieuses et démesurées, exercice de style que le cinéaste aborde sous le même angle que le couple Neveldine / Taylor – Hyper Tension, Ultimate Game –. Kite se profile comme un pur shoot d’adrénaline situé à la frontière entre jeu-vidéo et cinéma, explosion continue de plomb et de coups de tatanes qui se patine au gros rouge qui tache. Car si le métrage affiche plus de « retenue » que l’anime, Ziman n’en abandonne pas totalement la violence. Kite tache dur, l’ensemble multipliant à l’écran les tronches explosées et autres démembrements avec une frénésie notable.

 

 

Kite répond parfaitement aux tendances du moment. Imaginé sous la forme d’un clip géant, le travail de Ralph Ziman sombre avec régularité dans les accélérations épileptiques. Sans grande surprise, le cinéaste habille grossièrement ses images de couleurs flashy ainsi que d’un gros son dubstep lourd en basses vrombissantes. Dressant un majeur bien tendu aux ayatollahs du cinéma arty, Ziman livre un gros morceau de péloche geek, certes parfois fatigante mais heureusement assez concise. Repérée dans Underworld : Nouvelle Ere, la très jeune India Eisley fracasse les cranes avec conviction. Personne ne viendra lui en demander plus. Samuel L. Jackson est par ailleurs comme un poisson dans l’eau : bad-ass, cabotin et tout juste assez impliqué pour rendre le personnage cool as hell.

 

 

Kite est un film d’action idiot à l’ambition artistique limitée. Malgré son petit budget, Ralph Ziman s’affranchit cependant d’un produit fracassant, sans retenue ni subtilité. Visuellement sympathique et jusqu’en boutiste, Kite fera probablement le bonheur des adeptes d’actioners sexy dopés aux amphétamines.

 

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