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Critique Knock Knock

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Eli Roth est l’un des pires trublions du cinéma indé’ des années 2000. Réalisateur allumé, Roth est un artisan à l’ancienne. Un mec mené par une vision, un style, une volonté de faire dans l’anticonformisme. L’Américain aime le cinéma qui fait mal, sans concessions, bardé de gros rouge qui tache. Disciple de Tarantino, ce dernier a ainsi produit un bon petit chapelet aux potentiels commerciaux franchement inégaux, campé quelques rôles pas piqués des hannetons – notamment dans Inglourious Basterds, le Piranha d’Alexandre Aja ou encore dans Aftershock, réalisé par son pote Nicolás López – et surtout réalisé plusieurs œuvres polémiques, viscérales et sulfureuses. Knock Knock n’échappe pas à la règle.

 

 

Roth construit ses films avec un cahier des charges bien précis. Cabin Fever et Hostel ont en leurs temps filé un bon coup de pied au cul aux producteurs qui pensaient que le cinéma de genre n’était qu’une affaire d’ados attardés. Précédant la vague de torture-porn qui instaurera l’ultra-violence en nouvelle tendance au détriment de toute autre préoccupation – la ridicule déchéance de la franchise Saw –, Eli Roth usait de son côté d’une brutalité sans bornes afin d’instaurer un humour noir franchement décalé, presque comique. Knock Knock, qui précède de peu la sortie étrangement tardive de son Green Inferno, permet au cinéaste de sortir de sa zone de confort. Avec ce cinquième long en tant que réalisateur, Roth s’attaque au thriller pseudo-coquin, style tombé en désuétude en raison de la relative frilosité de producteurs peu aventureux lorsqu’il s’agit de se coltiner une interdiction – Rated R aux US, moins de 16 ans en France – qui freine la bonne distribution du produit. Knock Knock se profile sans surprise comme un petit budget au casting resserré – trois acteurs, deux figurants – et au scénario digne d’un heureux midnight movie. Architecte talentueux, père de famille heureux, Evan Webber reste seul au foyer en raison d’une commande urgente. Alors que sa famille passe le week-end sur la côte, ce dernier voit débarquer deux superbes jeunes filles surprises par un orage. Lorqu'il cède à la tentation d’une aventure d’un soir, Evan est loin de se douter des réelles intentions de ses partenaires.

 

 

S’il s’articule autour d’un synopsis sans fioritures ni détours inutilement complexes, Knock Knock témoigne de toute l’irrévérence et la maestria d’Eli Roth, qui construit ici un savoureuse parabole entre l’unique personnage masculin et le spectateur masculin. Le film n’affiche certes jamais ouvertement son message – il serait un poil gonflé de cataloguer Knock Knock comme « film féministe » – mais amène inévitablement à se questionner sur sa propre sexualité, ses limites, son sens moral. Roth n’est pas un idiot : ce dernier a pleinement conscience qu’une majeure partie des spectateurs se rendra en salles afin d’espérer y trouver un métrage gentiment hot, produit certes « coquin » mais néanmoins acceptable aux yeux des autres. Une population globalement masculine, aguichée par les plastiques des deux jeunes inconnues qui portent littéralement le projet, mais à laquelle Roth ne donne quasiment jamais satisfaction. Knock Knock renferme certes une affolante séquence de triolisme débridé, mais mise davantage sur un montage rapide et une suggestivité maitrisée pour frustrer davantage qu’elle ne satisfait. Malin. La suite du métrage tire presque à boulet rouge sur ceux qui auraient aimé trouver dans ce Knock Knock plus que deux-trois minutes de plans lubriques. Autrement dit, sur vous. Le cinéaste déroule constamment et sans lourdeur aucune des sous-entendus afin de ridiculiser les faiblesses de l’homme moderne, citoyen sans histoires de l'extérieur mais hanté d'idées libidineuses inspirées par plusieurs décennies de libre accès à une pornographie désormais démystifiée.

 

 

Pour autant, Knock Knock n’a rien d’un film véritablement coup de poing. Le métrage peut en effet avant tout être vu comme un « home invasion » pur et dur, bien construit mais néanmoins imparfait. Victime d’une bonne série de dialogues assez cons – le personnage d’Evan, interprété par Keanu Reeves, est plutôt brise-noix –, ce dernier se paye un bon ventre mou à mi-parcours. La seconde partie du film n’atteint malheureusement pas l’excellence de la montée en puissance déroulée à l’occasion du long-jeu de séduction entre les trois protagonistes. Roth tient malgré tout correctement la barre en creusant juste ce qu’il faut ses deux âmes psychotiques, le réal’ évitant soigneusement d’en dévoiler trop profondément les psychoses. Knock Knock navigue de ce fait plutôt habilement, à contre-courant des films de psychopathes vus et revus, et parvient à conserver une certaine aura intrigante autour des deux nanas. Bardé d’humour noir – les deux dernières séquences sont absolument savoureuses –, le film profite par ailleurs d’une direction d’acteurs aux petits oignons. Si la star déchue Keanu Reeves fait correctement le job, Lorenza Izzo et Ana de Arma dépeignent deux malades hallucinantes et imposent une grosse dose de folie ainsi que de sex-appeal à ce Knock Knock. Chapeau bas. Roth emballe le tout avec sa sobriété habituelle : bien cadré, monté avec soin, le film fait dans le classicisme. Les plus tatillons souligneront le côté impersonnel de la chose, les autres apprécieront l’exemplaire lisibilité des séquences.

 

 

Knock Knock est une excellente surprise. Gentiment chaud et bien troussé, ce premier essai d’Eli Roth dans le domaine du thriller se profile comme un bon bis du dimanche soir. Lorenza Izzo et Ana de Arma dynamitent littéralement l'ensemble et y impriment l’irrévérence attendue. L’élément clé du cinéma de Roth, qui abandonne la surabondance de gore qui faisait sa marque de fabrique pour dérouler un métrage plus intéressant qu’il n’y parait de prime abord.

 

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