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Critique L'Autre Monde

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Tourné au cours de l’année 2008, L’Autre Monde aura attendu près de deux années dans les cartons de ses producteurs. La notoriété soudaine de Louise Bourgoin, ex-miss météo brillamment reconvertie dans l’industrie cinématographique, aura probablement apporté le coup de projecteur nécessaire à l’œuvre de Gilles Marchand, déclenchant sa sortie sur les écrans Français au mois de juin 2010. Artisan méconnu – ce dernier intervient en tant que scénariste, réalisateur ou encore directeur de la photographie depuis de nombreuses années –, le cinéaste n’aura pourtant hérité que de la relative indifférence à laquelle son travail semble irrémédiablement condamné. Film quasi-anti commercial et résolument personnel, L’Autre Monde s’éloigne en effet des chemins tracés pour exposer un fond intéressant et propice à l’exposition d’une critique acerbe envers la virtualisation croissante de l’existence humaine. Etrange expérience, le travail de Gilles Marchand n’exploite pourtant malheureusement pas totalement l’étendue de son potentiel scénaristique. 

 

 

Articulé sous la forme d’un film d’auteur, L’Autre Monde ne se risque pourtant pas dans l’expérimentation alambiquée et incompréhensible. Désireux d’installer une ambiance bien particulière, Marchand prend surtout le temps d’installer ses personnages au sein d’un script volontairement simple et efficace, entre Drame et Thriller. Adolescent lambda, partagé entre sa copine et ses amies, Gaspard sauve Audrey du suicide. Sombre, énigmatique et fascinante, la jeune femme vit à travers un avatar sur un jeu en réseau populaire. Réservé par nature, le jeune homme se crée un avatar afin de l'approcher à travers Black Hole. Ancré dans l’air du temps, le synopsis dresse un portrait alarmant des effets addictifs et dangereux – voire pervers – des réalités virtuelles. Si l’approche n’est pas foncièrement fine ou argumentée, elle n’en reste pas moins réaliste. Extrêmement détaillé et actif en continu, le monde de Black Hole ne reste qu’une déclinaison du fameux Second Life, responsable d’indénombrables désocialisations et transferts d’identités sur la sphère Internet. Une vie par procuration dans laquelle s’engage le personnage de Gaspard afin de surmonter timidité et banalité de son existence, démarche débouchant rapidement à une succession d’ennuis et de faux-semblants bien réels. Si le cinéaste n’a d’autres soucis que de dénoncer la perversité du système – les gens sont-ils vraiment ce qu’ils prétendent être sur la toile ? –, les ficèles employées demeurent cependant grossières et attendues. En résulte un développement assez linéaire, qui bien non dénué de qualités demeure plombé par un propos rabâché et sans surprise. Probable que le métrage souffre de son long délai de sortie – deux années – tant semble aujourd’hui se profiler en énième redite d’un débat qui enflamme les médias depuis quelques temps.

 

 

Cette vétusté du message qui s’accompagne de plus d’un relatif irréalisme du monde virtuel au sein duquel s’abandonnent les personnages d’Audrey et Gaspard. Bien que L’Autre Monde témoigne parallèlement d’une maitrise cinématographique inhérente à l’expérience de son géniteur, les séquences en images de synthèses dévoilent un monde relativement improbable et trop parfait au vu de la technologie actuelle. On imagine aisément le réalisateur peu enclin à intégrer à son œuvre des séquences pixélisées aux décors dépouillés – ce à quoi s’apparente pourtant en partie Second Life actuellement – au détriment de belles images propices à créer un lien cohérent entre réalité et monde virtuel, mais ce choix rend le métrage difficilement percutant. Difficile en effet de croire à cette réalité informatique pourtant primordiale dans la construction du métrage, tant cette dernière ne s’apparente à rien de vraiment connu. Le métrage peine de ce fait à flouter les frontières entre les deux univers, et ne parvient jamais à recréer chez le spectateur la perdition de ses protagonistes principaux. Dommage, L'Autre Monde développant parallèlement un côté noir plutôt envoutant. Rythmiquement mesuré et relativement sombre dans son ambiance, le travail de Gilles Marchand s’arme de toutes les qualités nécessaires à l’instauration d’un climax pesant.

 

 

Remarquablement développés, les personnages insufflent notamment au film une âme énigmatique et torturée, le cinéaste parvenant par ce biais à s’affranchir d’une étude assez intéressante de l’adolescence actuelle. Torturés et perdus entre fantasmes, doutes et banalité du quotidien, les protagonistes de Marchand s’approchent au plus près des préoccupations relatives à l’entrée dans la vie adulte. Une justesse de ton en partie imputable à la direction d’acteur de Gilles Marchand. Impeccable, le duo incarné à l’écran par Louise Bourgoin – Audrey –  et Grégoire Leprince-Ringuet – Gaspard – fonctionne parfaitement. En parfaite symbiose, les deux comédiens greffent à leurs interprétations une aura trouble, quasi-mystique et dramatique. Un réel charisme qui rend L’Autre Monde étrangement attachant, ce dernier se montrant nettement plus passionnant par ses personnages que par sa toile narrative. Car si les qualités humaines – comme techniques, la réalisation se montrant aussi sobre que réussie – du film s’avèrent remarquables, cette aisance d’interprétation met malheureusement encore plus en exergue les carences scénaristiques d’un projet à l’épilogue attendu.

 

 

Bien que doté d’un potentiel intéressant, L’Autre Monde ne parvient jamais à remplir pleinement ses objectifs. Reste un métrage artistiquement réussi, mais desservi par un flagrant manque de consistance. Une expérience qui mérite malgré tout un peu d’attention, ne serait-ce que pour son travail d’acteur.

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