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Critique L'Enfer des Zombies

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Pour commencer, un petit cours d'histoire : En 1978 sortait le cultissime L'aube des Morts Vivants de George A. Romero, qui fut titré Zombie à l'international. Jamais à la traîne lorsqu'il s'agit de flairer le bon coup marketing, les producteurs italiens sentent la possibilité de faire du fric facile. Ce film de Lucio Fulci sera ainsi titré Zombi 2  (sans « e ») et vendu comme une suite au film de Romero alors qu'il n'y est apparenté ni de près ni de loin. De l'exploitation assumée, pure et simple. Ailleurs, ce film sera aussi appelé Flesh Eaters aux USA ou encore  Woodoo en  Autriche et en Allemagne. Pourtant, cet exercice va vite se transformer en coup de génie.

 

 

Avec L’Enfer des Zombies, Lucio Fulci entame sa période la plus faste et probablement la plus connue des fans, celle de l'Horreur Gore - ou Splatter -, surtout l'année suivante lorsqu'il entamera sa trilogie des 7 Portes de l'Enfer. Alors que ce film était destiné à n'être ni plus ni moins qu'un pur produit d'exploitation basé sur une formule à la mode, Fulci arrive avec brio à réaliser l'une des œuvres les plus singulières et les plus abouties du film d'horreur, mais aussi une œuvre très personnelle qui porte indéniablement la patte de son créateur. Ainsi, plutôt que de suivre le chemin balisé de son prédécesseur américain en tournant en milieu urbain, Fulci préfère puiser directement dans les origines du mythe des morts vivants et nous plonger au cœur des forêts tropicales au rythme des rituels Voodoos - explication qui fut notamment suggérée chez Romero -, créant de ce fait un formidable contraste entre la beauté des lieux, la clarté du jour aux horreurs qui surviennent tout au long de l'intrigue.

 

 

La singularité des films de Fulci vient principalement de l'ambiance poisseuse, inquiétante et oppressante qui se dégage de ses œuvres même ici, en plein paradis tropical et avant même l'apparition d'un quelconque mort vivant. On sent d'emblée que quelque chose va se passer, et quelque chose de super moche, sentiment accentué par la superbe musique de Fabio Frizzi, l'Ennio Morricone de Lucio Fulci, qui a longuement collaboré avec lui et qui sait mieux que personne retranscrire toute la singularité de sa mise en scène. Mais le réalisateur n'en oublie pas moins le business et autant dire qu'il n'y va pas de main morte. Passant la satire sociale d'un Romero à la trappe, Fulci se focalise entièrement sur l'horreur et, fidèle à sa réputation signe des scènes de gore purement jouissives et rarement égalées dans le genre, grâce là aussi à un collaborateur fidèle en la personne de Giannetto de Rossi. Ce dernier, à l'instar d'un Tom Savini pour Romero, a beaucoup contribué à donner un style particulier aux zombies de Fulci, bien loin de ceux de Romero. En effet ces zombies-là foutent immédiatement la trouille avant même d'avoir croqué la moindre carotide, en putréfaction avancée, édentés, grouillant de vers... Bref une vision de cauchemar à l'instar de cette scène où, dans un cimetière abandonné, une horde de morts vivants sort de la terre lentement mais sûrement. Le talent de Fulci est tel qu'il arrive à la transformer en une scène effrayante à la limite du poétique.

 

 

Le gore est lui, bien à la fête et en ce sens L’Enfer des Zombies regorge de scènes qui sont de véritables chocs visuels devenus cultes par la suite. La plus mémorable - et la plus barrée - est sans doute celle d'un duel sous marin entre un zombie et un requin qui se fait bouffer sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrive. Notons aussi la célèbre scène du meurtre d'une femme par un zombie voyeur qui lui empale l'œil sur une écharde de bois - l'énucléation est très appréciée par Lucio - et dont le corps servira ensuite pour un festin sanglant à haute teneur en hémoglobine et entrailles fumeuses diverses. Et pour finir, on ne peut pas passer à côté de la scène finale sur le pont de Brooklyn avec cette horde zombies déferlants sur la ville, scène d'une poésie et d'un pessimisme chers à Lucio Fulci qui reste gravée dans la mémoire longtemps après la vision du film.

 

 

Avec L’Enfer des Zombies, Lucio Fulci transforme un produit de commande en une œuvre personnelle et puissante dans son domaine, et parvient à se réinventer tout en redonnant un deuxième souffle à une carrière sur le déclin. Il continuera plus tard sur cette lancée avec d'autres films aussi singuliers et violents. Ce film reste un must pour tous les amateurs du genre de l'horreur en général et de la mythologie du zombie en particulier, qui vieillit plutôt bien - à part peut être pour la musique Funky ? -.

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