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Critique L'Eventreur de New York

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Après avoir achevé sa série de films sur les zombies avec La Maison près du Cimetière l'année d'avant, Lucio Fulci, en quête de renouveau, revient au registre du giallo - genre qu'il avait contribué lui même à populariser - avec cette histoire vaguement inspirée d'un fait divers de l'époque. Avec L'Eventreur de New York, il signe un film noir et violent qui suscite encore toutes sortes d'émotions mais soulève aussi beaucoup d'interrogations sur les intentions réelles de son réalisateur.

 

 

Les années quatre vingt marquent un nouveau tournant dans la carrière de Lucio Fulci, celle du déclin autant artistique que physique - le diabète lui en fera voir de toutes les couleurs -. Ce déclin était palpable sur La Maison près du Cimetière où l'originalité manquait cruellement, bien que le métrage soit sauvé par quelques scènes chocs qui font encore aujourd’hui le bonheur des amateurs du splatter. Sur ce film-ci par contre, le constat est nettement moins mitigé. En effet on aura rarement vu un giallo aussi violent, glauque et déprimant que celui-ci, à l'image de la ville même que dépeint Fulci. Le New York où évolue l'action est en effet sombre et froid, construit exclusivement en ruelles et recoins sales et peuplé surtout par des cinémas pornos et des sex-shops... Un New York pourri jusqu'à la moelle, en mal d'amour et d'affection, qui finit inéluctablement par déteindre sur tous les personnages du film.

 

 

Cette pléiade de personnages est justement l'un des points les plus singuliers de L'Eventreur de New York. A de très rares exceptions, tous  sont décrits sous un angle extrêmement négatif et très peu flatteur, à commencer par les deux personnages principaux. Le policier responsable de l'enquête - Jack Headley - est un bof amateur de prostituées, d'une passivité crasse et qui passe le plus clair du temps à se tourner les pouces, n'hésitant pas à avouer à son supérieur - joué par Lucio Fulci Himself, sans la barbe, mais avec la pipe - qu'il n'a foutrement aucune idée pour attraper l'assassin. Il préférera purement et simplement engager un spécialiste en psychanalyse - Paulo Malco - pour l'aider à élucider l'affaire. Ce dernier aussi n'est pas en reste puisqu'il est décrit comme un connard arrogant, imbu de lui même et versant dans le porno gay et les jeux d'échec - non pas qu'il y ait un rapport, remarquez - qui n'hésitera pas non plus à demander d'être payé pour ses services d'entrée de jeu. Les femmes ne sont pas à la fête non plus puisqu'en plus de servir de défouloir sanglant à l'éventreur du titre, elles sont au choix soit sottes et nunuches - la victime du ferry -, soumises et effacées - la rescapée du tueur - ou alors d'une perversité sans limites - Jane, la bourgeoise collet monté nymphomane -. Tous ont en commun des vices cachés que Fucli prend un malin plaisir à filmer, comme si toutes ces perversions étaient la norme et non pas l’exception.

 

 

Ce regard acerbe que porte le réalisateur sur ses congénères est déroutant, même s'il n'est pas nouveau. Fulci a souvent été traité de facho et de misogyne bien que tous ses collaborateurs aient affirmé le contraire. Pourtant, lors du visionnage de L'Eventreur de New York, il est pratiquement impossible de se défaire de ce sentiment de malaise et de gêne tant sa démarche est obscure et les portraits de femmes si peu flatteurs. Ceci n'est pas le seul souci du film puisque pour un giallo, le réalisateur ne semble pas intéressé le moins du monde par l'évolution de son intrigue qu'il se contente de filmer avec désinvolture. Les événements se succèdent sans lien apparent, de scénettes en scénettes et il n'est pas surprenant que le dénouement final et la révélation du tueur arrivent par pur hasard. De plus Fulci semble beaucoup plus intéressé par les scènes érotiques – pornographiques - qui sont légion et qu'il étire inutilement sans que ça ait le moindre rapport avec notre histoire à l'instar de cette longue scène de pédiporn dans un bar malfamé qui mettra notre indulgence à rude épreuve. Bien évidemment, les scènes chocs existent ainsi que le gore mais elles sont assez timides comparé à ce que fait le maître d'habitude - on sent cruellement l'absence de Giannetto de Rossi aux effets spéciaux -, mais elles n'arrivent pas à raviver un quelconque intérêt du spectateur, usé par tant de diversions et de vulgarité.

 

 

L'Eventreur de New York aurait pu être un giallo de qualité s'il ne s'était pas perdu dans des sous intrigues bancales et des scènes de cul interminables. A vouloir réussir un thriller violent et sulfureux, Lucio Fulci se plante sur les deux fronts : son film n'est certes pas dénué d'attraits mais un scénario trop éparpillé et une fin nihiliste empêcheront une adhésion totale à l'œuvre.

 

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