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Critique La Colère des Titans

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Le Choc des Titans avait-il vraiment besoin d’une séquelle ? Non pas que le métrage du frenchy Louis Leterier – Le Transporteur, L’Incroyable Hulk – se suffise à lui-même, mais l’ensemble se profilait à l’époque déjà tout juste comme un honnête divertissement. Transfuge de Luc Besson, le cinéaste livrait un remake en forme de péplum bourrin et décérébré, métrage geek uniquement digne d’intérêt pour sa pléiade d’effets spéciaux explosifs. Réalisateur honnête mais cantonné à développer des projets de commandes – Massacre à la Tronçonneuse : le Commencement, World Invasion : Battle Los Angeles –, le yes-man Jonathan Liebesman se risque à prendre la relève. Annoncé à grands renforts d’annonces fracassantes au cours de sa pré-production, La Colère des Titans s’inscrit pourtant dans la directe continuité de son prédécesseur. Bien loin du « Gladiator grec » avancé par Liebesman ou même du film d’action en relief chargé de révolutionner la technique, le métrage s’avère même plombé par un script nettement plus anémique que le premier opus. Un exploit.

 

 

Difficile de conserver un souvenir précis du Choc des Titans. Le musculeux Persée – Sam Worthington – y déglinguait des créatures mythiques par douzaines, affrontait le méga-monstre tout droit issu des sombres abymes avant d’emballer la princesse à l’occasion d’un final émouvant. Un déroulement ultra-conventionnel à l’efficacité prouvée auprès du grand public. Désormais rodé à l’art de la séquelle qui réplique au détail près les moindres spécificités de son modèle – son Massacre à la Tronçonneuse, parfait copié-collé du film précédent –, Jonathan Liebesman livre avec La Colère des Titans un pur produit d’exploitation dénué d’ambitions. L’unique effort d’écriture dont témoigne le scénario torché par trois illustres inconnus reste de trouver un prétexte pour justifier l’arrivée de nouvelles bestioles gigantesques, et une pseudo-quête pour le héros Persée, désormais affublé d’une permanente ringardos lui conférant un parfait look d’idiot du village. Rien de bien compliqué. Désormais pécheur depuis près de dix ans, ledit Persée est appelé à la rescousse lorsque les dieux commencent à perdre leur immortalité. Délaissés par les humains, ces derniers sont désormais menacés par leur propre père, Kronos, et une palanquée de Titans s’échappant du Tartare, donjon situé dans les entrailles de l’Enfer. Tout ce beau monde ne tarde pas à venir semer la zizanie sur terre, obligeant le brave et valeureux Persée à occire tout ce qui se présente sur son passage. La Colère des Titans mise davantage sur la forme que sur le fond, Liebesman ne faisant preuve d’aucune finesse dans son développement et offrant par ce biais des accents nanardesques à son travail de manière nettement plus prononcée que pour le premier segment.

 

 

Emballé vite-fait bien fait et visiblement nanti d’un budget nettement inférieur à son prédécesseur, La Colère des Titans multiplie les aberrations. Sourires Colgate d’un blanc éclatant pour l’ensemble du casting, plombage bien visible pour un guerrier dreadlocké à l’humour pénible et assez peu antique, le tout arrosé de nombreux dialogues faisandés – « Si je connais le Tartare ? Je l’ai construit… Je l’ai même conçu ! » –, La Colère des Titans se profile comme une grosse machine hollywoodienne sans âme ni réel objectif. Dépourvu du moindre climax, le travail de Liebesman se limite à enquiller les séquences de marche / affrontements à intervalles réguliers, le tout ne témoignant à aucun moments d’un quelconque suspens ou d’un semblant d’enjeu dramatique. Si ce n’est peut-être la lente agonie du dieu Zeus, qui débite des idioties enchainé au cœur du Tartare pendant l’intégralité du métrage. Le pseudo-scénario de cette grosse Colère des Titans semble partir dans tous les sens, Liebesman ne tenant parallèlement aucun de ses engagement en matière de séquences épiques. Chiantissime au possible, son travail ne présente qu’une ridicule poignée d’affrontements rapidement expédiés. Grands absents de cette inutile séquelle, les fameux Titans se content sur les doigts de la main. Pire, Liebesman n’hésite pas à les expédier ad-patres en deux trois coups de manivelle, les bestioles délirantes représentant sans doute un coût trop conséquent pour les studios. Cerise sur le gâteau, le méga-vilain Kronos est ici matérialisé par un tas de cendre qui grogne et ne présente strictement aucun intérêt, ce dernier se voyant vaincu on ne sait trop comment par un héros juché sur son cheval volant. Minable.

 

 

Si La Colère des Titans ne présente rien de bien intéressant, le métrage semblait pouvoir bénéficier du savoir-faire de Joanathan Liebesman en matière de réalisation. Bien que cette dernière s’avère tout à fait correcte, le cinéaste accentue pourtant toujours davantage une volonté de lorgner vers l’épilepsie et l’utra-cut déjà visible sur le bancal World Invasion : Battle Los Angeles. Ce dernier ne prend jamais véritablement le temps de se poser lors des séquences burinées, et livre une palanquée de plans hasardeux, voire même de scènes complètement illisibles. Les choix du cinéaste se montrent même parfois relativement handicapants pour la bonne compréhension de l’ensemble – difficile de voir de prime abord que les héros sont attaqués par plusieurs cyclopes –, et n’offrent qu’une mince poignée d’images nettes des monstres affrontés. Un comble pour un film qui mise davantage sur le design de ses créatures que sur une écriture travaillée. A l’image du « je m’en foutisme » qui plane sur la conception générale de La Colère des Titans, l’ensemble des acteurs cachetonnent misérablement. Seul Sam Worthington semble un tant soit peu intéressé par l’entreprise, ses comparses du premier volet – Ralph Fiennes, Liam Neeson – se limitant à d’occasionnelles et inintéressantes apparitions de ci et là. 

 

 

Métrage bâclé et sans véritable valeur ajoutée vis-à-vis du premier volet, La Colère des Titans se visionne tout juste d’un œil distrait et amuse par la relative bêtise de ses dialogues. Déjà conçu comme un piètre duplicata du travail de Louis Leterier, le film de Jonathan Liebesman tente la pétarade et le festival d’effets spéciaux sans jamais parvenir à imposer un rythme correct. Les scénaristes sont eux déjà à l’œuvre sur un troisième volet. Espérons que le futur concepteur du métrage imposera au moins à Sam Worthington une coupe digne de ce nom.

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