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Critique La Isla Minima

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Non, le cinéma espagnol ne se limite pas à Pedro Almodovar.  Alberto Rodriguez fait également sensation chez nos voisins ibériques depuis les années 2000. Déjà très fortement plébiscité par la critique pour l’un de ses précédents films, le réalisateur a tout raflé à la cérémonie des Goyas en plus de deux prix au Festival Policier de Beaune avec son nouveau métrage. Autant dire que les attentes sont fortes pour La Isla Minima, son polar situé dans les années 80.

 

 

Rien que pour la scène d’ouverture, La Isla Minima vaut son billet d’entrée. Rodriguez a eu la merveilleuse idée de filmer l’Andalousie – où se situe l’action – d’en haut. Les prises de vues aériennes sont époustouflantes, complétement psychédéliques. Le spectateur ne sait pas  vraiment ce qu’il observe : des canaux, des paysages ou des tranches de cerveau. C’est déroutant de prime abord mais passé la surprise, le réalisateur entraine le spectateur dans cet univers très particulier. Les images sont belles, très belles. Alors en effet, cela vaut surtout par les lieux de tournage choisis mais pas seulement. Il faut un véritable talent pour filmer tous ses lieux à la verticale et faire rêver après quelques minutes seulement de lancement. Ces prises de vue aériennes sont une espèce de fil rouge tout au long de l’histoire et permettent de relâcher la pression à certains moments. Le film se déroulant dans les années 80, le réalisateur teinte la pellicule d’une couleur sépia qui lui donne une vraie signature. L’Andalousie montrée dans le métrage est aride, désertique, pauvre et quelque peu flippante sur les bords… Bref, le décor idéal de tout bon thriller qui se respecte.

 

 

Dans une petite ville pourrie du sud de l’Espagne, deux flics que tout oppose – l’un est un jeune idéaliste, l’autre un vieux de la vieille un peu violent – doivent enquêter ensemble bon gré mal gré sur la disparition de deux jeunes filles. Les deux sœurs, soit disant faciles, sont supposées s’être fait la malle pour mener  la belle vie jusqu’à ce qu’elles soient retrouvées mortes et plutôt très amochées, au fond d'un fossé. Mais mener une enquête policière dans une ville reculée, après les années Franco, dans une Espagne qui se lance sur la voie de la démocratie n’est pas chose facile. Les deux flics se heurtent au silence oppressant de tous les habitants. La Isla Minima ne révolutionne pas vraiment le thriller, sa narration restant très conventionnelle. Cependant le réalisateur rend oppressante cette ville et son mystère, et le spectateur est vite pris dans l’intrigue. Un soin très particulier a été apporté aux décors, aux costumes et aux accessoires, ce qui donne un effet encore plus réaliste au film. Le réalisateur ose également s’amuser avec l’époque de son film, la scène de mise sur écoute téléphonique est une petite pépite – merci le magnétophone vintage ! –.

 

 

Même si les acteurs espagnols sont connus dans leur pays, ils ne le sont pas encore auprès du public international. Et c’est dommage, Raul Arévalo – le jeune flic – et Javier Gutiérrez – le plus âgé des deux – forment un duo convaincant. Mention particulière également pour les deux jeunes : Jesus Castro et Ana Tomeno. La Isla Minima, sous ses allures de polar basique – jeunes filles violées, torturées, assassinées dans une ville perdue, glauque et où tout le monde se tait – se fait également le reflet d’une époque présentée comme idéale par les médias espagnols, mais qui n’était vraiment pas jolie jolie. Les années post-Franco et le passage à la démocratie ne se sont pas faits en douceur. Le réalisateur, par le traitement de son histoire, le reflète très bien. La relation entre les deux flics en est un très bel exemple : Pedro doit il révéler le passé trouble de Raul, ancien de la gestapo franquiste ? Le film supporte une double lecture : on peut le voir que comme une histoire policière de plus ou creuser un peu plus et y voir le début de la reconstruction d’un pays. Malgré un rythme plutôt lent pendant une bonne moitié du métrage, on ne s’y ennuie pas et les dernières vingt cinq minutes tiennent parfaitement en haleine.

 

 

La Isla Minima est un beau film, esthétiquement parlant. Les prises de vues aériennes sont époustouflantes et les paysages envoutants. L’histoire meurtrière est efficace malgré son traitement conventionnel. Mais tous les éléments mis bout à bout, ce métrage est une vraie découverte et mérite un visionnage attentif.

Auteur : FLORA

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Combien font : 89+24

Votre réponse :

minimaliste 17-07-2018
excellent film! Vu et revu, toujours alerte. Les quelques critiques négatives ici et là sont pathétiques!

 

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