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Critique La Légende d'Hercule

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Le péplum est furieusement tendance. Relancé par le Gladiator de Ridley Scott au début des années 2000, modernisé à la sauce numérique par le jouissif 300 ainsi que sa récente séquelle, le genre fait recette. Le film antique bardé de combats virils reste cependant un exercice difficile, capable de faire sombrer un projet de l’expérience galvanisante à l’étalage de kitsch en quelques séquences. L’horrible doublé Choc / Colère des Titans en fera les frais, les films s’avérant d’une ringardise absolue malgré des budgets confortables. Doté d’une enveloppe plutôt ric-rac, La Légende d’Hercule sombre dans le piège du nanar en costumes sans grande volonté de l’éviter. Derrière la caméra, le roublard Renny Harlin – Freddy 4, Die Hard 2, L’Exorciste : Au Commencement – livre un pur film de commande, mix improbable entre un banal actioner US et un épisode de Xena la Guerrière.

 

 

Tout le monde connait plus ou moins l’origine d’Hercule. Derrière les poncifs d’usage se cache pourtant une mythologie foisonnante, dont Renny Herlin tire en partie la moelle de son adaptation. Ou plutôt un prétexte à la mise en boîte d’un sous-300 qui ne s’embarrasse jamais de ramifications trop complexes. De la légende d’origine, le cinéaste ne conserve en effet que de rares éléments épars, ce dernier s’autorisant des raccourcis multiples pour construire un récit incroyablement manichéen et attendu. La Légende d’Hercule laisse donc sur le banc de touche la description bipolaire et parfois extrêmement violente du demi-dieu placé au cœur du métrage pour brosser un protagoniste principal héroïque, désintéressé, parfaitement lisse. Et de surcroit, guidé par un amour inébranlable et profond. En à peine quelques séquences, Harlin laisse donc se profiler un métrage aux ambitions grand-public à peine camouflées par un petit chapelet de séquences pseudo-épiques. Le postulat reste à ce titre navrant de banalité. Fils caché du dieu Zeus et de la reine Alcmène, Hercule est trahi par le roi Amphitryon, qui l’envoie dans une mission suicide. Ce dernier destine de plus Hébé, princesse de Crète, à son « véritable » fils Iphiclès. Survivant miraculeusement au traquenard, Hercule est vendu comme esclave. Sa destinée va pourtant le conduire à libérer le royaume de la tyrannie d’Amphitryon. Et à récupérer sa gonzesse au passage.

 

 

La Légende d’Hercule aligne les clichés avec une maestria qui force le respect. La simplicité du synopsis n’est certes pas forcément annonciatrice d’une œuvre baclée. 300 avait à ce titre su tirer profit d’un scénario simpliste pour compenser en alignant des scènes d’action à l’intensité inédite. Renny Harlin se prive pourtant d’un tel calibrage en sombrant à intervalles réguliers dans le bla-bla superflu et dans une romance risible et ultra-chiante. Con comme la lune, bourré de bons sentiments nauséabonds, exfolié de toute brutalité trop prononcée – un comble ! –, La Légende d’Hercule aligne un impressionnant chapelet de séquences hors-contexte, mal fagotées et souvent involontairement comiques. La mère d’Hercule prend ici un panard monstre en se faisant sauter par le vent – étrange représentation de Zeus –, les méchants hurlent comme des sauvages en tendant les bras vers le ciel et les « héros » affichent des sourires colgates / torses huilés qui feraient presque passer les peuples de l’antiquité pour des victimes de la mode. Si la majorité des passades de bourrinage restent partiellement divertissantes malgré une irritante tendance à user des techniques en vogue – bonjour les ralentis –, La Légende d’Hercule se dote d’une approche pur nanar qui vient mettre à rude épreuve les neurones. Outch. Le tout défile donc pépère sans semblant de climax ou recherche d'enjeux dramatiques.

 

 

Le pire est de constater à quel point le projet reflète de la nullité de son développement dans son approche esthétique. Renny Harlin signe ici l’une des pires réal’ de toute sa carrière, ce dernier couchant sur pellicule un Z doté d’un visuel cheap au possible. Bien que financé par des studios renommés, La Légende d’Hercule est un immonde produit d’exploitation, certes emballé avec un certain savoir-faire – Harlin est un vieux briscard d’Hollywood – mais torpillé par des effets spéciaux de clochard. Film carton-pâte par excellence, ce gros bis qui pique les yeux explose littéralement dans un hallucinant final constitué à base d’éclairs en CGI d’un autre temps. Abominable. Côté casting, le musclé Scott Adkins joue le though guy jusqu’à la caricature. Une véritable performance. A la surprise générale, le jeune Kellan Lutz n’est pour sa part moins mauvais que le reste de la troupe. Sans témoigner d’un remarquable talent pour la comédie, ce dernier ne sombre jamais dans les excès. Mais ne sauve pas pour autant l’ensemble du naufrage.

 

 

La Légende d’Hercule est probablement l’un des pires néo-péplums de ces dernières années. Déjà rudement critiqué sur ses précédents travaux, Renny Harlin se profile ici définitivement comme un artisan fatigué, dépassé, incapable de livrer un film ne serait-ce que convenable. Dégueulasse sur le fond comme sur la forme, La Légende d’Hercule mérite le four monumental relatif à sa sortie sur le marché américain. Parallèlement, ce projet augure du pire pour la suite d’Au Revoir à Jamais, que le cinéaste tente de développer depuis quelques années.

 

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