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Critique La Maison des Ombres

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L’école espagnole semble avoir imposée une empreinte durable sur le cinéma de genre. L’Orphelinat, Les Yeux de Julia, Fragile ou encore Les Autres ont amené une orientation rétro à un registre ces dernières années engagé dans une politique de surenchère assez malsaine. Délaissant les effets sanguinolents au profit d’un cinéma plus sensitif, l’approche ibérique a su faire preuve d’une réelle inventivité afin d’amener la peur au cœur du propos. Le tout en conservant une vision artistique radicalement éloignée de la norme hollywoodienne, plus prompte à imposer l’ultra-cut en ligne de conduite – la franchise Saw – qu’à prendre le temps de s’attarder sur le développement des récits. A l’instar de La Dame en Noir, La Maison des Ombres s’inscrit directement dans cette mouvance. Ecrit et réalisé par le newcomer Nick Murphy, le métrage témoigne d’une impressionnante maitrise dans son traitement. Ce qui ne l’empêche pas de se voir cantonné à une sortie vidéo pour sa distribution française.

 

 

Sur le papier, La Maison des Ombres présente des contours bien connus. Articulé sous la forme d’une ghost-story prenant corps au lendemain de la première guerre mondiale, le travail de Nick Murphy évoque inévitablement Les Autres ou encore le mésestimé Saint-Ange. Considérée comme la meilleure chasseuse de fantômes d'Angleterre, l'écrivain Florence Cathcart est ici invitée à venir résoudre une mort mystérieuse dans un pensionnat pour jeunes garçons. Scientifique réfractaire à toute explication surnaturelle, Florence va s'acharner à résoudre la tragédie de manière logique. Ses convictions vont pourtant être mises à rude épreuve lorsque cette dernière va se retrouver confrontée à la présence d'un esprit errant. Assez conventionnel, le script initial de La Maison des Ombres opère à une fusion des éléments habituels. Le manoir isolé est une nouvelle fois de vigueur, tout comme la population de gamins en culottes courtes. Résidants parmi lesquels Nick Murphy ne tarde pas à extraire quelques protagonistes rejetés aux comportements étranges. La personnalité du personnage principal s’avère parallèlement brossé sur un canevas usité. Une femme forte, cartésienne, profondément marquée par la disparition d’un proche. Si l’installation du contexte duplique point par point celui d’Alejandro Amenábar sur Les Autres, La Maison des Ombres parvient pourtant à transcender ses idées de départs pour amener un climax oppressant et passionnant. 

 

 

Malgré une mise en place un brin trop classique, La Maison des Ombres profite pleinement de son atmosphère pour dérouler un développement intriguant et résolument accrocheur. Murphy parvient à épaissir son intrigue, manœuvre passant par une savante construction du métrage. Son travail s’avère en effet particulièrement bien équilibré en matière de narration. Le cinéaste dévoile ses éléments avec une certaine parcimonie, ce dernier parvenant de ce fait à conserver intact sa tension jusqu’à un cliffhanger final bien troussé. Au-delà de l’histoire principale, Murphy ajoute par ailleurs divers arcs inhérents au passif de ses différents personnages, ajouts qui contribuent grandement à alimenter la paranoïa cultivée autour de ces derniers. Si La Maison des Ombres fonctionne en huis-clos, Murphy aura apporté un soin particulier à creuser l’aspect psychologique de ses protagonistes, contribuant de ce fait à injecter une certaine dose de mystère qui tend à se dévoiler au fur et à mesure des interactions. La Maison des Ombres se profile par ailleurs comme une véritable leçon en matière de suspens. Tendu et bien mené, le travail de Nick Murphy joue sur les peurs ancestrales avec une impressionnante efficacité. L’exercice de style est d’autant plus remarquable que le cinéaste parvient à bâtir ses séquences de trouille sans avoir recours à l’usage prédominant du noir. 

 

 

La Maison des Ombres se profile comme une complète réussite sur le plan artistique. Encore relativement méconnu – le cinéaste ne compte à son actif que The Last Son, la Malédiction –, Nick Murphy se fend d’une copie emballée avec le plus grand soin. Tirant sur les couleurs grisâtres et délavées, la direction photo apporte à La Maison des Ombres une atmosphère inquiétante, en plus de renforcer l’aspect très « vieille école » de la réalisation de Murphy. Le cinéaste prend en effet le temps de s’attarder sur chaque détail, son travail laissant progressivement monter la tension en usant de séquences à la rythmique parfaitement calibrée. Les apparitions et autres jump-scares gagnent de ce fait grandement en intensité. Un travail d’orfèvre qui se répercute sans surprise dans la direction d’acteurs. Impeccables, les acteurs sont en grande partie aidés par la complexité des personnages et des dialogues. Comédienne confirmée mais relativement discrète, Rebecca Hall – Vicky Cristina Barcelona, Le Prestige – trouve notamment un rôle à la hauteur de l’excellence d’un jeu tout en subtilité et en émotions. Remarquable.

 

 

Avec La Maison des Ombres, Nick Murphy livre un métrage haletant et artistiquement très poussé. Moins simple qu’il n’y parait de prime abord, son travail se hisse facilement parmi les plus grandes réussites du genre. Un film de haute volée, qui aurait amplement mérité une distribution en salles obscures. Immanquable. 

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