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Critique La Maison près du cimetière

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Après avoir achevé ce que tout le monde considère comme ses trois plus beaux films, L'enfer des Zombies, Frayeurs et l'Au-délà - aussi appelée la Trilogie des Morts -, Lucio Fulci commence déjà à chercher un nouveau sujet pour son prochain long-métrage, qu'il souhaite toujours dans le registre de l'épouvante. Jamais le dernier lorsqu'il s'agit de flairer le bon coup, il décide avec son compère de toujours Dardano Sachetti, de se pencher sur un sujet en vogue à cette époque : les maisons hantées et les fantômes. De là naîtra le script de La Maison près du Cimetière, un film en demi teinte qui présage la lente détérioration artistique de Maître Fulci durant les 80's.

 

 

Cette villa, c'est celle de feu Docteur Freudstein dont l'histoire ne dira pas s'il s'agit d'un enfant illégitime entre Freud et Frankenstein. Nous apprendrons qu'il s'agissait d'un chirurgien chelou qui pratiquait des expériences non moins chelous sur des malades, dans sa cave macabre avant de disparaître du jour au lendemain. Un autre collègue qui enquêtait sur cette disparition mystérieuse a fini par se suicider après avoir trucidé sa maîtresse. Et comme nous sommes dans la logique d'un film d'horreur, ne voilà-t-il pas qu'un autre docteur - Paolo Malco, L'Eventreur de New York - décide à son tour de mener l'enquête en s'installant avec sa femme - Catriona McColl, Frayeurs, L'au-Delà - et son fils dans cette même villa pendant six mois, histoire de bien s'imprégner de son ambiance morbide et de tirer tout ceci au clair. Evidemment cette trame pour le moins simpliste n'est pas sans rappeler quelques autres monuments de l'horreur qui ont sévi quasiment à la même période, les premiers qui viennent à l'esprit étant Amitville et Shining. Fulci ne s'en cache pas et ne fait rien pour atténuer les ressemblances allant même jusqu'à calquer le modèle de la famille américaine avec son papa bosseur et pas très présent, une femme légèrement instable et écrasée par son mari ainsi qu'un charmant bambin avec des « pouvoirs » surnaturels  - ici, il communique avec le fantôme d'une fillette disparue - et qui en chiera des masses dans cette nouvelle demeure. De ce côté là, rien de nouveau, Fulci n'est pas spécialement réputé pour ses personnages follement originaux, loin de là. Ce qui l'intéresse est bien sûr ailleurs : l'ambiance, là ou il fait d'habitude toute la différence. Et pourtant c'est là le plus gros défaut du film. 

 

 

La scène d'ouverture laissait présager le meilleur avec un dézinguage au couteau dans les règles  - le genre de celui qui fend un crâne en deux -. En deux trois mouvements de caméra et avec l'expertise du toujours excellent maquilleur Giannetto de Rossi, Fulci plante le décor et nous immerge dans ce cauchemar à venir, empruntant au passage les codes du Slasher des 80's. Cette intro sera malheureusement le seul moment fort du film pendant un bon bout de temps, le réalisateur entrant dans une torpeur seulement ponctuée de quelques soubresauts ici et là - rien de bien méchant - avant le clap de fin. De l'univers des maisons hantées, il ne gardera que les clichés qu'il nous assénera avec une roublardise déconcertante : ces portes qui claquent, ce plancher qui craque, cette profusion de « Jump Scares » super Cheap - Aaahhhh!! Ouf, ce n'était que le chat - et bien d'autres du même acabit... On peine à retrouver la patte du réalisateur de Frayeurs. Il y avait pourtant matière et pas des moindres, rien n'y fera, Fulci ne fera qu'effleurer son sujet à la surface sans pouvoir  - vouloir ? - aller au fond des choses et proposer une nouveauté quelconque. L'exemple le plus emblématique est peut-être cette scène de « l'attaque de la chauve-souris vénère », que l'auteur étire sans fin à grand renforts de gros plans, de giclées d'hémoglobine et de cris de détresse mais qui ne fait pas illusion : c'est une scène ridicule et purement gratuite destinée à combler le vide qui se dégage du film.

 

 

La Maison près du Cimetière montre  les limites de l'art de Fucli et un déclin qui ne fera que s'accentuer au fil des prochains métrages. Là ou dans Frayeurs il s'était très bien accommodé d'un scénario déconstruit sous forme de vignettes macabres, offrant de vrais chocs visuels, force est de constater qu'il peine ici à réitérer l'exploit. De fait, la maison du titre est sous exploitée de façon honteuse et l'on n'en verra qu'un salon, une cuisine et une cave sombre, alors que dans Amityville par exemple, elle était un personnage à part entière qui suintait l'horreur et la mort par tous les pores. Il en résultera une certaine distance entre le spectateur et les événements tragiques, très dommageable pour le film. De plus, à trop vouloir faire dans le mystère, Fulci ne prend plus la peine d'expliquer certaines actions et motivations des protagonistes, l'exemple le plus frappant est sans doute le personnage de la baby-sitter / femme de ménage interprété par la belle Ania Pieroni  - vue chez Dario Argento entre autres - dont on ne connait pas les motivations ni la raison de sa présence, nous nous contenterons seulement d'admirer ses yeux bleus. Nous passerons aussi sur les autres personnages  - très - secondaires qui ne sont là que pour augmenter le bodycount sanglant, et la supposée enquête que mène le Docteur Norman pour élucider le cas « Freudstein » ainsi que les raccourcis scénaristiques magiques qui font disparaître des hectolitres de sang en deux secondes et transforment une cave sombre d'un débarras tout noir à un étal de boucher avec des entrailles encore fumantes. Triste.

 

 

Ce n'est que vers la fin du film que Fucli reprend du poil de la bête avec un final forcément violent nous dévoilant son monstre / zombie en pleine besogne et qui ravira les amateurs de gore impatients. Un virage assez inattendu sera opéré alors avec un dénouement surprenant d'une noirceur qui rappelle ceux de ses deux précédents métrages, refusant encore une fois les happy ends et les fins faciles. Une conclusion qui forcera peut-être un peu d'indulgence pour ce film très inégal et assez peu inspiré dans son ensemble.

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