film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique La Malédiction de Chucky

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Don Mancini est un acharné. A l’origine scénariste d’une petite série B articulée autour de la réincarnation d’un tueur sanguinaire dans un corps de poupon – Jeu d’Enfant, 1988 –, ce dernier aura passé près de vingt-cinq années à développer le personnage. Si l’idée de départ s’avère aujourd’hui plutôt saugrenue – quoi de plus ridicule qu’une poupée tueuse ? –, Mancini est pourtant parvenu à installer sa franchise dans le temps. Une longévité en partie inhérente au lifting complet présenté par La Fiancée de Chucky, quatrième opus davantage centré sur l’humour noir. Un petit bijou de second degré rouge-sang que Le Fils de Chucky tentera vainement de répliquer quelques années plus tard à grands renforts de séquences chocs et de doigts d’honneurs à la culture populaire – Britney Spears ou Redman succombaient ici à la folie meurtrière du rouquin miniature –. Un temps annoncé sous la forme d’un remake, La Malédiction de Chucky pioche de ci et là pour amorcer une fusion pour le moins risquée. Recentré autour des fondamentaux, ce sixième épisode conserve le schéma du premier métrage en l’adaptant tant bien que mal à la couleur actuelle.

 

 

Le Chucky des débuts est aujourd’hui le vestige poussiéreux d’une époque disparue. Si le cinéma horrifique pouvait alors user de suggestion et de l’importance du son pour imposer l’effroi, l’avènement de métrages aux images ultra-trashs aura fait muter le genre vers une brutalité plus exacerbée et décomplexée. Mancini l’avait bien compris, renforçant au passage le côté gore et spectaculaire de son travail et accentuant à l’extrême la vulgarité de son jouet difforme. La Malédiction de Chucky change pourtant de nouveau profondément la donne. Doté d’une enveloppe budgétaire plus que modeste, le film s’articule sur une idée simple, efficace et dépouillée de tout artifice. Cloué dans un fauteuil roulant depuis sa naissance, la jeune Nica se retrouve être destinataire d’un exemplaire de la fameuse poupée « Brave Gars ». Ressuscité on ne sait trop comment – Mancini ne semble plus guère s’en soucier depuis le troisième film –, Chucky va s’enticher de la gamine de la famille et décimer progressivement tout ce qui passe à portée de couteau. Avec une petite poignée d’acteurs et un décor quasi-unique, La Malédiction de Chucky fait donc dans les restrictions et privilégie de ce fait une ambiance confinée qui fonctionne étonnamment bien. L’ensemble présente pourtant une certaine paresse à l’allumage. Exception faite d’une scène d’accident de voiture cradasse au possible, le métrage de Don Mancini prend le temps de poser son ambiance. Presque trop.

 

 

Don Mancini n’a certes rien de neuf à insuffler dans son métrage et patine au démarrage, mais parvient néanmoins à l’habiller d’un excellent suspense en ne dévoilant l’étrange nature de son psychopathe de plastique qu’en seconde partie de course. Un excellent choix stratégique, qui offre à La Malédiction de Chucky une tension crescendo et un climax nickel-chrome. Plus flippant et nettement moins outrancier que les deux opus précédents, le film parvient à trouver un équilibre assez judicieux, sans pour autant bannir totalement le gore fendard de sa formule. Relativement fun et bien rythmé dans son sprint final, La Malédiction de Chucky enchaine les séquences de boucherie inventives et décérébrés. Mancini n’outrepasse jamais le statut d’honnête série B qui colle à la peau de la franchise depuis son premier épisode, mais déroule malgré tout un scénario moins idiot qu’il n’y paressait à première vue. Dressant enfin un pont avec le premier épisode, La Malédiction de Chucky dévoile progressivement une petite série de révélations bien trouvées – notamment en ce qui concerne les objectifs de la poupée ainsi que son apparence –, ainsi qu’un cliffhanger final des plus inattendus. Efficace.

 

 

Coupes budgétaires obligent, La Malédiction de Chucky est nettement plus avare en matière d’effets visuels que ses prédécesseurs. Le poupon est de ce fait moins présent à l’écran – à l’instar du Jeu d’Enfant originel –, mais conserve la même qualité d’animation. La Malédiction de Chucky est un film à l’ancienne, presque incongru au sein du paysage cinématographique actuel, mais l’absence d’ajouts numériques confère au travail de Mancini un cachet assurément séduisant. Emballé dans une esthétique gothique plutôt sympa – le manoir –, bardé de maquillages à l’ancienne et centré autour d’une marionnette dépassée mais attachante, La Malédiction de Chucky pèche néanmoins légèrement par son interprétation. Tout juste correcte, la direction d’acteur est cependant sauvée in extremis par un Brad Dourif qui intervient pour la première fois de manière conséquente sous sa forme humaine, le temps de flashbacks chargés de créer du lien entre les différents volets de la saga. La Malédiction de Chucky souffre par ailleurs d’un format vidéo assez dégueu, là ou le film aurait gagné à être emballé dans un scope qui se serait avéré nettement plus adapté à l’esthétique old-school des images.

 

 

La Malédiction de Chucky est un petit B sans prétentions démesurées, imparfait mais néanmoins efficace. Rédigé avec sérieux, bourré de rebondissements et recentrant la franchise sur l’essentiel, le traitement de Don Mancini offre à Chucky un énième nouveau départ. Espérons que les studios sauront faire confiance au produit et de nouveau confier au scénariste-réalisateur un budget plus ambitieux pour une éventuelle septième séquelle.

 

Auteur :

Critique vue 6681 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 81+3

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction