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Critique La Mariée Sanglante

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Vicente Aranda aura touché à divers registres cinématographiques. A ses débuts, le réalisateur s’oriente majoritairement vers des projets à scandales, souvent bardés d’horreur et d’érotisme. Engagé politiquement, ce dernier profite de l’âge d’or du fantastique espagnol pour livrer quelques bobines puissantes, portées par un message fort. C’est notamment le cas de La Mariée Sanglante, qui sous couvert d’une relecture osée du mythe vampirique se profile comme un pamphlet féministe efficacement troussé. Disparu des rayonnages pendant de longues années, le métrage d’Aranda est aujourd’hui restauré par Artus Films. Si quelques bobines semblant avoir disparues dans leur version originale – le métrage passe alors automatiquement en VF –, l’éditeur offre là une seconde jeunesse à un bis efficace.

 

 

La Mariée Sanglante est un petit budget tourné sous la forme d’un semi-huis clos. L’histoire reste de ce fait relativement simple et articulée autour d’un nombre restreints de protagonistes. Susan est une jeune femme qui vient de se marier. Elle décide de s’installer dans le manoir de son compagnon, une vaste demeure qui renferme bien des secrets. A peine arrivée, Susan apprend en effet par une domestique qu’une ancêtre de la famille, Carmilla, aurait assassiné son mari pour d’obscures raisons sexuelles. Le corps de cette dernière aurait été enterré aux environs de la maison, mais les hommes de la lignée auraient depuis été victimes de diverses tentatives d’agressions par leurs épouses respectives. Alors que son mari lui réclame des faveurs sexuelles de plus en plus étranges, Susan commence à être tourmentée par le spectre de Carmilla. De la vague espagnole horrifique des seventies, La Mariée Sanglante ne retient que quelques influences éparses. Le gore est bien présent, et habille quelques belles séquences résolument cradingues, mais Vicente Aranda n’en use qu’avec une grande parcimonie. Ce dernier préfère poser sur bandes une étrange cinématographique et soigner son suspense, bien que son œuvre ne présente certaines difficultés dans sa mise en place.

 

 

Intégrant autant d’éléments horrifiques que fantastiques, dramatiques ou érotiques, La Mariée Sanglante semble un temps naviguer sans fil conducteur ni direction précise. Vicente Aranda peine de ce fait à instaurer son climax, le montage parfois maladroit du métrage imposant des enchainements abrupts de séquences aux enjeux limités. Le film s’envole totalement dans sa seconde moitié, notamment grâce à l’ajout de personnages supplémentaires ainsi qu’à une science du rebondissement affutée. Aranda excelle dès lors à mixer ses envies, ce dernier s'affranchissant d'une œuvre résolument anticonformisme et audacieuse. La Mariée Sanglante repousse en effet les limites du cinéma traditionnel en faisant preuve d’un onirisme complète débridé. Appréciable, tout comme la propension affichée par Aranda a outrepasser les limites de l’acceptable – du moins pour l’époque –, le cinéaste couchant sur pellicule des saillies sanguinolentes certes rares mais bien appuyées ainsi qu’une forte propension à jouer du corps de ces deux actrices. Le sexe occupe une place prépondérante dans le métrage, qui explose littéralement les codes habituels du film de vampire pour se profiler comme un drame ultra-sexy, gracieux et sans concessions.

 

 

La Mariée Sanglante compte parmi les premiers films de son réalisateur. Cette relative inexpérience transparait légèrement à l’écran, le manque de moyens n’aidant pas à masquer certaines faiblesses techniques. Bien que doté d’une bande-son hypnotique, la réalisation est globalement assez statique. Une approche qui se répercute parfois sur la rythmique de l’ensemble. La jeune première Maribel Martí peine également à convaincre, malgré une absence de pudeur qui l’amène à s’effeuiller à de multiples reprises. Si la tendance de l’époque est au sur-jeu, cette dernière sombre à plusieurs reprises dans un grotesque assez flagrant. La plantureuse Alexandra Bastedo compense en faisant preuve d’une prestation toute en justesse et sensualité.

 

 

La Mariée Sanglante est un petit film à l’approche assez personnelle. Bien qu’handicapé par certaines longueurs, le travail de Vicente Aranda fait preuve d’une originalité appréciable et d’un jusqu’en boutisme notable. Une œuvre hybride qui gagne à être redécouverte.

 

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