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Critique La Mouche

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Remake de La Mouche noire de Kurt Neumann de 1958 avec Vincent Price, La Mouche permit à David Cronenberg de connaître son premier gros succès public et d'acquérir suffisamment la reconnaissance des studios pour pouvoir mener à bien ses projets. Pourtant, la Fox n'avait pas vraiment envisagé d'engager le réalisateur canadien, ayant jeté son dévolue sur Tim Burton, tout fraichement parti des Studios Disney, puis sur Robert Bierman, dont l'unique fait d'arme reste Embrasse moi Vampire. Il aura fallu l'intervention de Mel Brooks sous la forme d'une chaude lettre de recommandations envoyée à la direction du studio. Et sur ce coup-là, on peut saluer le flair du vieux briscard d'Hollywood, car bien qu'il y eut remaniements du script qui se rapprochait bien plus de celui du film original, La Mouche regroupe la majorité des thèmes chers à Cronenberg.

 

  

Dans le film original, le scientifique André Delambre permute sa tête avec celle de la mouche lors de l'expérience ratée. Hélène, sa femme part à la recherche de la mouche à tête humaine afin d'inverser le processus et peine à la trouver. Désespéré, Delambre se suicide, mais son acte étant pris pour un meurtre, Hélène se retrouve inculpée. Il est facile de se rendre compte à quel point le remake de Cronenberg diverge de ce premier scenario. En se focalisant essentiellement sur le couple de Seth Brundle, le scientifique (Jeff Goldblum) et de Veronica, la journaliste (Geena Davis), le réalisateur se détache du schéma du film de science fiction pur, pour lui offrir une dimension romantique et dramatique. La destruction du corps de Seth devient non seulement l'enjeu de sa perte d'humanité et de sa disparition en tant qu'individu, mais également la fin tragique d'un amour pur et puissant. En nous plongeant dès la première scène dans l'intimité du couple, leur première rencontre, Cronenberg nous positionne comme témoins uniques de cet amour, tout comme nous serons seuls à assister à l'expérience maudite. Cela a pour effet d'attirer immédiatement la sympathie pour les deux personnages, Seth, savant un peu fantasque et maladroit avec les femmes, et Veronica, indépendante, séductrice et passionnée par son travail.

 

 

La découverte de l'antre de Seth montre l'espace restreint contenant tous les éléments clés de l'intrigue, le lieu de leur amour et de sa déchéance (à l'image du corps du scientifique) et la machine de téléportation qui en est à l'origine, ses deux énormes œufs cybernétiques, métaphore de l'accouchement et de la maternité, les capsules n'étant pas sans rappeler le ventre maternel. Après tout, la machine recrée la matière plus qu'elle ne la téléporte et c'est là tout le problème qui va se poser à Seth. En créant une confrontation entre eux, la jeune femme voulant absolument faire publier sa découverte et lui ne pouvant se permettre une couverture médiatique trop précoce, Cronenberg délimite les rôles de chacun dans la cellule du couple, le scientifique cherchant à créer un cocon autour d'eux contre l'extérieur, et elle, trop libre pour se laisser enfermer. Mais ces rôles ne sont pas définitifs et le réalisateur n'hésite pas à les inverser au long du film.

 

 

Alors que la première expérience de téléportation a été une réussite (Veronica, en jeu innocent de séduction, donne à Seth son bas en guise de cobaye), la seconde est un sanglant échec: le babouin test est littéralement écorché vif par le processus. En retardant l'apparition du corps agonisant, le réalisateur amplifie l'effet gore de la scène, mauvais augure pour la suite de l'expérimentation: la machine modifie la matière en la recréant. Pourtant, c'est de cette scène que va suivre le passage à l'acte sexuel entre Veronica et Seth. Cet amour aura pour fardeau la mutation de Seth ; Celle-ci redistribue les rôles au sein du couple et rend le scientifique vif et désinhibé, de plus en plus habité par ses instincts animaux. La transformation ne sera suivie qu'à travers le regard de Veronica. Habilement, Cronenberg donne au film un unique point de vue sur son « monstre » celui de celle qui l'aime, au point de revenir malgré la dégradation physique et mentale du héros. Là encore, l'empathie mis du côté de son scientifique permet au réalisateur de rendre plus brutales les dégradations de la chair de Seth, perdant tour à tout , ongles, oreilles, nez, jusqu'à la tragique apogée de la fusion avec l'insecte.

 

 

Qu'il s'agisse sous la forme d'une maladie physique dans Frissons, ou mentale comme dans Chromosome 3, les influences du corps et de l'esprit sont un des thèmes fondamentaux de l'œuvre de Cronenberg. En partant du biologique pour aller vers la mutation, La Mouche s'inscrit dans cette exploration des connivences entre chair et psychisme, cristallisant l'idée autour de ce qui représente le plus l'Humanité de Seth, l'amour qu'il éprouve pour Veronica, auquel celle ci répond en acceptant de rester malgré l'effritement inévitable de son corps et de son esprit.

Auteur : LULLABY FIREFLY

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