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Critique La Route

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Tourné au cours de l’année 2007, La Route aura patienté pendant de longs mois dans les tiroirs poussiéreux des frères Weinstein, producteurs bien connus pour leur souhait de constamment pousser les réalisateurs de leurs productions vers des formatages outranciers. Entre délais impossibles - Halloween 2 version 2009 -, remontages intempestifs et reshootings imposés par les exécutifs - le ridicule Cursed -, Dimension se profile aujourd’hui comme l’un des meilleurs pourfendeur de projets prometteurs et artistiquement forts. La Route n’aura pourtant aucunement souffert des prétentions commerciales habituelles de ses producteurs, mais pâti en contrepartie aux USA d’une distribution calamiteuse et d’un retard considérable sur son calendrier initial. Si les Weinstein livrent dans les pires conditions imaginables un métrage dont ils ne savaient visiblement que faire, John Hillcoat se fend pourtant avec La Route d’une œuvre envoutante et foudroyante.

 

 

Le post-apocalyptique reste aujourd’hui un genre codifié au possible, les règles autrefois édictées par le sombre et mécanique Mad Max 2 : Road Warrior s’avérant désormais plus propices aux dérives déjantées et aux séquences les plus funs et improbables - Doomsday -. Bien que l’histoire de La Route ne s’implante dans un futur dévasté et chaotique, John Hillcoat n’inscrit pourtant à aucun moment son film dans la mouvance du b-movie décomplexé et pose sur pellicule un témoignage résolument noir et premier degré. Adapté du roman de Cormac McCarthy, La Route se concentre sur l’exode vers le sud d’un père et de son fils, ces derniers fuyant le froid suite à la quasi-destruction de la faune et de la flore terrestre. Si le script reste basique, John Hillcoat évite avec soin la facilité de l’action omniprésente et des affrontements à répétition pour construire son œuvre sur un développement au rythme plus que mesuré, cadence qui instaure dès les premières images une ambiance de fin du monde pesante et terriblement dérangeante. Anti-2012 par excellente, La Route ne se fourvoie jamais dans le grand spectacle, le cinéaste ne dévoilant que timidement et uniquement dans une forme purement narrative les éléments relatifs au cataclysme responsable de l’extinction de l’écosystème. Une approche du registre post-apocalyptique qui permet au réalisateur de se pencher avant tout sur ses protagonistes, magistralement esquissés dans leurs relations les uns aux autres.

 

 

Dernière image d’un humanisme oublié, la beauté de la relation père-fils instaurée par le cinéaste dans ses images transcende les pires atrocités inhérentes à la nature la plus noire de l’homme. Bien que La Route ne sombre jamais dans un déluge de violence inutile, Hillcoat signe un métrage aux images parfois pénibles, notamment en abordant le cannibalisme comme dernier recours de l’espèce humaine. L’horreur prend tout son sens à travers une séquence de charnier humain relativement insoutenable, débauche de noirceur pourtant sublimée par l’ultime dilemme un temps mûri par le père : sacrifier lui-même son propre enfant ou prendre le risque qu’il ne devienne la victime des anthropophages. L’une des plus belles séquences du film. Si le personnage du père ne vire jamais dans les pires travers de l’espèce humaine, il n’en reste pourtant pas moins victimes de la situation et demeure terriblement crédible dans sa conception de la survie. Bien que ce dernier s’avère bon par nature, Hillcoat confère à son personnage un inévitable comportement individualiste, à peine remodelé par un enfant plus prompt à user de bonté que de rationalité. Rugueux, terrifiant, La Route dresse un portrait de l’humanité poussée dans ses derniers retranchements, et se fend d’une étude des comportements particulièrement convaincante dans ses plus sombres aspects. L’authenticité des rapports humains rejaillit dans le jeu habité des différentes mais rares personnalités croisées de ci et là, chaque intervenant portant avec aplomb tout le désespoir de la situation. Malgré quelques accessoires minutes de présence à l’écran, les prestations déroutantes et fabuleuses du voleur incarné par Michael K. Williams, de Robert Duvall ou encore de Garett Dillahunt marquent au fer rouge.

 

 

Le jeu de Viggo Mortensen et du jeune mais impressionnant Kodi Smit-McPhee n’est pas en reste, tant la prestation des deux acteurs se profile comme le moteur indispensable du récit. Si les deux personnages sont plongés dans l’immensité d’un monde chaotique, ces derniers demeurent les deux uniques visages récurrents et véritablement développés, Hillcoat construisant la matière première de son métrage autour d’une relation fusionnelle d’amour pourtant dénuée de toute illusion. En usant d’une thématique de la mort et du sacrifice omniprésente, le réalisateur relaye à merveille dans le traitement de ses personnages l’atmosphère émanant de ses images aux teintes sombres et poisseuses. Volontairement classique, la réalisation sans fioritures de La Route s’appuie avant tout des décors d’apocalypses pour dédoubler l’impact du propos. Rarement les horizons décharnés et vidés de toute présence humaine, animale, voire même végétale, n’avaient relayés une telle puissance. Le mal-être est presque palpable, et confère définitivement à La Route un potentiel émotionnel fort. A l’instar de Vinyan, La Route n’est pas un film facile, mais s’appréhende d’avantage comme une expérience visuelle et sensorielle. Passées l’introduction, la plongée en apnée est totale, la réalisation sobre de Hillcoat favorisant l’abandon le plus total dans un tourbillon de désespoir et de solitude.

 

 

La Route est un joyau brut, aussi passionné que passionnant. Si le rythme parfois anémique du métrage ne manquera pas de diviser, la dernière pépite de John Hillcoat reste un témoignage artistique à l’ambiance particulièrement prenante. A découvrir.

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