film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique La Traque

Fiche     Critique    Acheter le DVD / BluRay

pub

La France a bien souvent tenue un rôle majeur dans le monde du fantastique et de l'horreur. Elle nous a régulièrement fait découvrir des petites perles du cinéma de genre, qui au fil du temps, sont devenues de véritables références. Ces bijoux venus d’un autre monde se sont généralement construits sur des budgets plus que modestes – Baby Blood, Haute Tension, Frontiere(s) et surtout le décomplexé A L’intérieur –, mais bénéficiaient d’une putain de pêche et d’un amour incommensurable du 7ème art. Même leurs nombreux défauts n’arrivent pas à ébranler le plaisir ressenti par les amateurs que nous sommes.

 

 

Un des thèmes communs à ce genre de film nous fait, par exemple, baigner dans un flot permanent de testostérone, puis nous transporte malgré nous vers une conclusion profondément féministe. La Horde, de Yahnick Dahan, en est certainement le meilleur exemple. Ce n’est pas un paradoxe, mais une façon différente de voir la « french-touch », notamment à travers la mutation engendrée par le polar noir français typique des années 60 – d’où un arrière-goût « Badass » – et par un cinéma plongé dans un contexte social actuel très tendu. D’où le traitement de certains sujets particuliers comme les causes des homosexuels, l’immigration, les banlieues, l’extrémisme, les tragédies écologiques, etc. La Traque d’Antoine Blossier ne déroge pas à cette règle. Même si l’ensemble ne laisse que peu de place à la gent féminine - y préférant une partie de chasse à la chimère entre « couilles » –, leurs femmes en coulisse tirent bien évidemment les ficelles de ce psychodrame familial.

 

 

Une nuit, plusieurs cerfs se jettent inexplicablement sur la clôture électrique d’une exploitation agricole. Apercevant de profondes traces de morsures sur les cadavres des bêtes, les propriétaires de l’exploitation comprennent qu’un prédateur féroce sévit dans les bois alentours. Décidée à le chasser, la famille d’agriculteurs s’enfonce au cœur de la forêt voisine, entraînant avec eux leur nouveau beau fils Nathan - Grégoire Colin - et ses faux airs de Adrien Brody. La mise en place dans le décor des personnages est très importante, car la hiérarchisation de cette famille est capitale pour que le scénario fonctionne. Le père – Fred Ulysse – est avant tout le fondateur de cette grande entreprise familiale de pesticide agricole, il a donc le rôle du patriarche bourru et acariâtre. Ses deux fils sont aussi caricaturaux et caractériels que leur père. Ces personnalités très fortes plongent immédiatement le spectateur dans une ambiance de… merde, on se croirait dans Festen. Tout est fait pour que nous ressentions la jalousie entre les différents membres de cette fratrie rurale, pour lesquels nous soupçonnions certains de « cadavres dans les placards » et autres rancunes liées à leurs passés communs. Tout cela dans le seul but de créer un malaise lattant qui va se cumuler à cette traque, déjà menée dans une forêt hostile et lugubre. L’histoire est bien mince sur le papier, mais le cumul de ces différents styles – thriller, slasher, monster, huis-clos, etc. – permet de donner de la consistance au métrage. et ainsi, même une fois arrivés à la moitié du film, nous n’avons toujours pas vu de bestiole !

 

 

Au fur et à mesure que notre équipe s’enfonce dans les bois, une transition délectable s’opère presque à notre insu. L’ensemble dérive avec aisance vers le slasher-movie, la – ou les – bête assassinant sans bruit et sans se faire voir. Elle nous apparaît comme intelligente et profondément vicieuse, vu sa façon d’appréhender ses nombreuses mises à mort. Au même titre que Razorback – mais ici, nous ne sommes pas en Australie, mais bien en France –, la terreur des attaques est accentuée par un décor naturel mis en scène comme un personnage à part entière du métrage. Car même si à ce moment précis de la partie de chasse, on ne sait toujours pas si les chasseurs vont tuer la bête ou l’inverse, l’histoire de cette famille et les discordes qui l’accompagnent, nous laisse entrevoir une autre possibilité. Ils pourraient très bien en profiter pour s’entre-tuer. Au final, le péplum – version Dallas – qui entoure cette caste reste la principale base du scénario et lui amène in fine une morale intéressante sur l’homme face à lui même, mais aussi face à la nature. Justement, la nature, parlons-en. La palette des couleurs choisies met en valeur un environnement qui pourrait nous paraître comme trop classique. Pas de végétation luxuriante à la Predator, pas de brume langoureuse à la Vynian ou même un ours crétin adepte de miel, comme dans la forêt des rêves bleus, mais un noir profond, des espaces vides sans âmes ainsi que des clairières silencieuses et mélancoliques à souhait. Un grand soin à été apporté au traitement global de l’image, tout en restant profondément inspiré par de grands classiques du cinéma français, comme ceux de Chabrol, d’après les propres aveux du réalisateur.

 

 

Loin d’être soporifique et bénéficiant d’un scénario bien ficelé, le film La Traque s’imprègne d’un zeste d’écologie agréable et arrive à relier l’ensemble des questions qu’il soulève en une seule réponse très simple : « L’homme est bien plus dangereux pour la nature qu’elle ne l’est pour lui ». Si l’ont met de coté une fin à la limite du bâclé et une attaque porcine en latex spongieux – d’ailleurs tout le monde sait à quoi ressemble la bestiole à la base, alors pourquoi la « casher » ? - ce DTV a les moyens de vous faire passer une bonne petite soirée... Sans plus.

 

 

Auteur : MARC D'OC

Critique vue 4783 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 93+27

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction