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Critique Le Bossu de la Morgue

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Pour beaucoup d’aficionados, le cinéma horrifique européen a longtemps été la chasse gardée des Italiens. Les succès publics rencontrés par des réalisateurs comme Jess Franco ou Dario Argento a pourtant ouvert la voie à d’autres artistes, la péninsule Ibérique ayant produit au cours des sixties et des seventies une bonne palanquée d’œuvres fantastiques aujourd’hui oubliées. Paul Naschy, ex-culturiste reconverti dans la cinéma suite à un coup du destin, livrera à ce titre les premières péloches consacrées aux lycanthropes et aux vampires. Le Bossu de la Morgue débarque pour sa part dans les salles obscures en plein âge d’or. Réalisé par Javier Aguirre, le film écopera malheureusement à l’époque des traditionnelles coupes imposées par la commission de censure, mais bénéficie aujourd’hui d’une remise sur le marché d’une version intégrale de son long-métrage.

 

 

Le Bossu de la Morgue est né d'un malheureux concours de circonstances. Engagé sur le tournage d'El Gran Amor Del Conde Dracula, Javier Aguirre est contraint d'interrompre les prises de vues suite à un sérieux accident de la route de l'actrice Haydée Politoff. Au chomage technique, ce dernier se lance avec son équipe sur un nouveau long, et confie le rôle du bossu à Paul Naschy. Probablement traité dans l'urgence, le scénario opère pour sa part à une étrange fusion entre Le Bossu de Notre-Dame de Victor Hugo et le Frankenstein de Mary Shelley. Le film s'inscrit pour sa part comme un bis aux enluminures sanguinolentes, répliquant partiellement l'esprit du cinoche gothique britannique. Bien que d'origine espagnole, Le Bossu de la Morgue s'inspire en effet ouvertement des productions de la Hammer ou des œuvres fantastiques cataloguées sous le label « Universal-monsters ».  Naschy campe ici un individu difforme, rejeté par les autres et amoureux d’une jeune fille atteinte d’une maladie incurable. Au moment du décès de cette dernière, le bossu dissimule son corps et demande à l’un des professeurs de l’hôpital de la ressusciter. Bridé par  l’administration dans son travail sur la résurrection des tissus vivants, le savant fou va installer ses laboratoires dans d’anciennes galeries secrètes et demander au bossu de lui fournir la « matière » à ses recherches.

 

 

Avec Le Bossu de la Morgue, Aguirre s’affranchit d’un pur film d’exploitation. Le métrage brandit en effet un peu trop clairement ses influences, parfois au détriment d’une réelle personnalité, et se montre de ce fait occasionnellement maladroit dans son développement. Les quelques scories n’empêchent pourtant pas l’ensemble de fonctionner convenablement, Aguirre parvenant à développer une dimension émotionnelle via son personnage de « monstre » plutôt rare pour un film de genre. Le tout se montre par ailleurs particulièrement inventif en matière de gore craspec, et sombre de plus progressivement dans une folie complète, presque grand-guignol, qui permet au film d’afficher une rythmique générale particulièrement soutenue. Le Bossu de la Morgue regorge en effet de trouvailles visuelles farcies au gros rouge qui tache dur, de délires fantastiques débridés, de musique classique baroque et de décors sombres et magnifiques. Excellent.

 

 

Charcuté par la censure et aujourd’hui remonté par Artus Films, Le Bossu de la Morgue affiche le poids des années. Le film présente en effet une palanquée d’imperfections techniques, de mouvements saccadés, voire un montage parfois abrupt et hasardeux. Le jeu d’acteur est pour sa part typique du bis de l’époque. Si Paul Naschy se montre relativement sobre et parfois touchant dans son interprétation du bossu, la plupart de ses comparses n’hésite pas à opter pour un surjeu parfois un brin irritant. Cette « approche » du cinéma horrifique fait cependant plus ou moins le charme de cette petite bobine d’exploitation sans grandes prétentions, le travail de restauration effectué par l’éditeur étant de plus à souligner.

 

 

Le Bossu de la Morgue mise sur un étrange mélange. Compilant romance glauque et saillies d’une violence bien marquée – le film sera interdit au moins de seize ans, et ce même après coupes –, ce dernier se veut aussi tragique qu’horrifique. Si l’œuvre de Javier Aguirre pourra paraitre dépassée sur bien des aspects – notamment sur le plan technique, déjà faiblard pour l’époque –, Le Bossu de la Morgue reste un excellent moment de cinéma bis rétro. A découvrir.

 

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