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Critique Le Labyrinthe du Silence

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Ce film entièrement tourné en allemand, avec des acteurs allemands par un réalisateur italien, retrace le procès d’Auschwitz ayant eu lieu dans les années 1960. Première fois de l’histoire qu’un pays poursuit ses propres criminels de guerre. Tiré d’une histoire vraie mais retravaillé pour en faire un vrai métrage de cinéma, Le Labyrinthe du Silence se profile comme un film essentiel et extrêmement pudique. La réalisation toute en finesse et le jeu des acteurs permet au métrage de Giulio Ricciarelli de ne pas tomber dans le travers facile de faire pleurer dans les chaumières à cause du sujet traité.

 

 

Tout ou presque a déjà été dit sur la seconde guerre mondiale, les camps de concentration et Auschwitz. Faire un autre film sur les nazis et leurs tords était surement un peu délicat. Et pourtant le pari est réussi, en grande partie parce qu’il n’y a pas de sensationnalisme dans ce métrage. Le but n’est pas de montrer une fois encore toutes les horreurs des camps mais de relater une réalité. Quinze ans après la fin de la guerre, le constat est implacable en Allemagne : peu de gens savent ce qui s’est passé à Auschwitz ou même connaissent ce nom. Aujourd’hui cela parait impensable et pourtant… Le jeune procureur Johann Radmann souhaite rendre la justice mais est cantonné aux infractions routières. Il rencontre un jour Simon Kirsch qui a reconnu par hasard un de ses bourreaux du camp et oh surprise, celui-ci est professeur dans un lycée. Le procureur est intrigué et il se lance alors avec le journaliste Thomas Gnielka dans une enquête qui peut changer toute la vision de la nouvelle Allemagne sur le rôle des SS pendant la guerre. Cette non-connaissance de leur propre histoire entraine des passages totalement absurdes comme lorsque Radmann reçoit son premier rescapé du camp et que celui-ci lui explique que des milliers de personnes ont été assassiné à Auschwitz. La seule chose que peut lui rétorquer le procureur est : « Il me faudra les noms de toutes les victimes ». Moment de gêne, a-t-il bien compris ? Des milliers de morts.

 

 

Le point de vue juridique est omniprésent et très bien traité. A l’époque, comme tout était cadenassé par les institutions, il fallait des preuves, des témoins oculaires, tout pour pouvoir accuser les SS reconvertis en professeur, boulangers... Une enquête minutieuse et titanesque, contre les instances les plus hautes, s’est alors engagée. Les faits et rien que les faits. Les histoires des rescapés ne sont là que pour obtenir les preuves nécessaires, ils ne sont pas là pour faire pleurer les spectateurs. Pour conserver cet aspect pudique du métrage, le réalisateur met les voix en sourdine lors de la grande scène de témoignages et se concentre uniquement sur les visages. Nous ne saurons donc pas ce que se dit, nous pourrons seulement observer les visages des juristes changer et prendre conscience au fur et à mesure de l’horreur. Et c’est presque plus fort, plus puissant émotionnellement que si nous avions tout entendu ou vu des photos… Heureusement, Giulio Ricciarelli, de façon très intelligente, rajoute des moments d’humour et allège ainsi l’ambiance générale de ce Labyrinthe du Silence.

 

 

Une minutie toute particulière a été apportée aux costumes et aux décors, ce qui ancre d’autant plus le métrage dans l’époque d’après-guerre. Le Labyrinthe du Silence est basé sur le long travail de recherche du jeune procureur ambitieux et de sa prise de conscience progressive. Et forcément ce type d’enquête laisse des traces. Le spectateur observe ce gendre idéal tomber peu à peu dans l’alcoolisme et la paranoïa : tous les allemands étaient nazis et tous savaient ce qui se passait. Alexander Fehling est très convaincant et joue ce rôle tout en justesse. Le réalisateur réussit également l’exploit de nous décrire Auschwitz autrement, de ne pas garder que l’horreur. Comme pour montrer qu’il y a toujours un semblant d’espoir et que la vérité peut libérer. Il matérialise cette vision en filmant la prairie qui entoure le camp, les champs verts et en jouant sur la lumière très claire. Tout en finesse comme le reste du film. Pas de désir de m’as-tu vu ici, la vérité, l’histoire juridique uniquement. C’est puissant.

 

 

Le cinéma n’est pas qu’une histoire de divertissement et d’effets spéciaux, il est aussi là de temps en temps pour nous instruire et nous faire réfléchir. Le Labyrinthe du Silence s’inscrit dans ce type de cinéma. Pour ceux qui ne connaissent pas ce pan de l’Histoire, c’est une claque : oui il était possible de ne pas connaître les camps de concentration, oui les crimes nazis ont été étouffés et oui on a laissé s’échapper des monstres comme Mengele. Alors oui, on réfléchit pendant la séance et aussi après. Le cinéma sert aussi à ça.

 

Auteur : FLORA

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