film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Left Bank

Fiche     Critique    Acheter le DVD / BluRay

pub

Le cinéma fantastique belge a sa petite histoire mais les productions du genre ne se bousculent pas au portillon et sont malheureusement peu connues de notre côté de la frontière. On a vu dernièrement Vampires débarqué dans nos contrées et, aujourd’hui, c’est au tour de Left Bank de faire son apparition. Cependant, ce dernier a été tourné bien avant le film de Vincent Lannoo puisqu’il date déjà de 2008, une sortie tristement tardive tant la qualité du métrage méritait bien mieux qu’une simple sortie DTV dans la discrétion la plus totale. Left Bank est le premier long métrage de Pieter Van Hees, un flamant qui a déjà mis la main à la patte, auteur de plusieurs courts-métrages depuis plus de 10 ans.

 

 

 

Premier volet d’une trilogie sur l’amour et la douleur – Dirty Mind et The Waste Land étant respectivement les 2nd et 3ème volets –, Left Bank a été couché sur papier en 2002 et dépeint l’histoire d’amour entre deux personnes au sein d’un environnement hanté par son passé, le tout tourné entièrement en langue flamande. Marie, une sportive de haut niveau, se voit contrainte de renoncer à participer à un championnat, dont elle venait tout juste de se qualifier, faute à un surmenage. Déçue, elle s’installe chez son petit copain qu’elle vient à peine de rencontrer. L’appartement était récemment habité par une femme aujourd’hui portée disparue, c’est alors que des évènements étranges vont commencer à s’amonceler autour d’elle. Le postulat sur lequel s’appuie le métrage laissait entrevoir l’arrivée d’esprits frappeurs et de phénomènes inexplicables en tout genre, du moins dans sa description. Puisque Left Bank n’est rien de tout ça. Les films qui nous portent de bout en bout sans jamais savoir quelle route ils vont prendre se font tellement rares que l’on prend un vrai plaisir à admettre nos torts. Totalement ancré dans la culture flamande utilisant même des images d’archives pour venir appuyer sa narration, Pieter Van Hees inscrit l’évolution de ses personnages au sein d’un climat fantastique et onirique dont il est difficile d’en cerner tous les aspects, laissant constamment planer un certain mystère, même lorsque les explications font surface.

 

 

Résolument influencé par les œuvres de Polanski – notamment dans la dérive psychologique de l’héroïne –, Left Bank installe – très – lentement les bases où le bien et mal s’entrechoquent, le spectateur n’ayant que ses doutes pour essayer de comprendre au même titre que le protagoniste. La pellicule pioche dans différents registres aussi variés que le film psychologique, d’horreur, le drame ou le fantastique avec une réelle habileté sans jamais céder à la facilité. Les accros à l’action et aux éclaboussures d’hémoglobine risquent d’en sortir très frustré – si par miracle ils arrivent en bout de parcours – car le métrage de Pieter Van Hees propose une lenteur et une sensitivité distillant tout au long du film un mystère pesant. Le travail derrière la caméra force le respect tant les plans choisis transcendent littéralement le quartier sans âme dans lequel évoluent les protagonistes, apportant ainsi le charisme dont il avait besoin pour devenir un personnage à part entière.

 

 

Le métrage n’aurait pas été aussi réussi si l’interprète principale (Eline Kuppens dans son premier rôle) ne parvenait à insuffler autant de mal être et de vérité à son personnage, touché au plus profond dans sa chair. Si la perte de ses repaires paraît longue à l’écran, l’héroïne vit ici un traumatisme relativement bref ne lui laissant pas le temps de retomber sur ses pieds, parfaitement retranscrit par cette jeune actrice prometteuse. Au final, Pieter Van Hees ne raconte pas grand-chose en surface mais en dit beaucoup dans le fond. Critique sociétale, réflexion sur la vie après la mort, amour passionnel, rites païens, les sous couches se multiplient en différents niveaux de lecture. Cependant, le survol de nombreux éléments et les explications toujours volontairement approximatives pourront en dérouter certains. Certains aspects se retrouvent un peu laissés de côté – comme la transformation physique – au profit d’une volonté d’imposer une atmosphère menaçante. On en ressort un peu chamboulé, notamment en raison d’un final prêtant aux questionnements. Difficile de coller une étiquette à ce Left Bank, pas vraiment un film d’horreur, la pellicule penche plus du côté du drame romantique… quoique.

 

 

Left Bank est la preuve que les petites perles se trouvent bien trop souvent dans l’ombre, là où personne n’ira les chercher. Beau, menaçant, inquiétant, malsain, provoquant, planant, le premier long métrage de Pieter Van Hees nous emmène là où on ne l’attend pas. Un réalisateur à suivre de très près au même titre que son compatriote Fabrice Du Welz. A découvrir.

Auteur : TIBO

Critique vue 24840 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 84+45

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction