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Critique Les Sept jours du Talion

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Le cinéma québécois se fait plutôt discret dans le genre mais s’il y a bien un homme qui a su s’affirmer ces derniers temps, au cinéma comme dans la littérature, c’est bien Patrick Sénécal. Auteur entres autres de Sur le Seuil, 5150 Rue des Ormes ou encore Les 7 Jours du Talion, ces œuvres se sont vus adaptées au cinéma durant les dix dernières années. Logiquement impliqué dans chacune de ces adaptations, le bonhomme est ici à l’origine du livre mais aussi du scénario, assurance de ne pas subir une réécriture s’éloignant à grands pas de l’essence de l’histoire. A la différence de Sur le Seuil et 5150 Rue des Ormes, avec Eric Tessier derrière la caméra, c’est cette fois-ci le réalisateur Daniel Grou qui s’y colle, connu aussi sous le pseudo de Podz. Autant le dire tout de suite, Les 7 Jours du Talion est un film qui divisera probablement les foules pour plusieurs raisons, autant au niveau de sa violence que de son traitement. Quoiqu’il en soit, le duo démontre ici une capacité à aborder un thème sensible, la légitimité de la vengeance, sans jamais tomber dans l’outrance en ayant su trouver le ton juste.

 

 

Bruno et Sylvie Hamel sont un couple parent d’une petite fille de 8 ans. Alors qu’un jour cette dernière part seule de la maison, ses parents ne pouvant pas l’accompagner, elle se fait violer puis tuer par un inconnu. Une fois le pédophile arrêté mais jugeant la justice insuffisante, Bruno va kidnapper le bourreau pour lui faire subir 7 jours de torture. Sous ses airs de film de torture teinté de rape & revenge, Les 7 Jours du Talion est avant tout un film psychologique. Démontrant une capacité à frapper fort lors de quelques scènes de sévices particulièrement dures, celles-ci restent anecdotiques préférant laisser place au traitement d’un sujet beaucoup plus acerbe mais néanmoins intéressant. La loi du Talion est une ancienne loi qui consiste à punir un crime d’une peine identique à celui-ci, loi souvent associée à l’expression « œil pour œil, dent pour dent ». Expression qui résume à merveille la vendetta que va entreprendre ce père de famille déchiré. Les enfants ont toujours été un sujet sensible au cinéma, qu’ils soient tortionnaires – Who Can Kill a Child, Eden Lake… – ou victimes – Thriller : A Cruel Picture, Girls Wanted –, ils suscitent un certain malaise se tournant autant vers la haine que la compassion. Et c’est à travers cette scène où le père découvre le corps meurtri et inerte de sa fille que le métrage marque radicalement le point de non retour. Une scène particulièrement dure retranscrite avec justesse et simplicité ne cherchant jamais à assommer le spectateur d’images chocs, préférant laisser place à l’émotion.

 

 

Quoi de plus horrible que le meurtre et le viol d’un enfant, voilà la base sur laquelle Les 7 Jours du Talion pose la fameuse question de la légitimité de la vengeance. A-t-on le droit de faire justice soi-même face au plus atroce des crimes ? Notre héros ne se posera pas la question. Même si ce thème a de nombreuses fois été traité, il est toujours intéressant d’avoir de nouvelles approches sur le sujet. Malheureusement, le métrage ne nous apprend rien de plus ni ne nous fait prendre conscience de quoi que ce soit – de nouveau - faute à un traitement plutôt simpliste. Les discours avisés tels que « non, ça ne mènera à rien » ou « ça ne te rendra pas ta fille » sont bien évidemment de la partie mais là où Les 7 Jours du Talion tire sa force, c’est dans sa mise en scène glaciale. Totalement dépourvu de bande son, l’atmosphère pesante accroche le spectateur, appuyée par des plans d’une sobriété étonnante mais choisis avec minutie, chacun étant différents. Ainsi, la caméra capture l’essentiel et va droit au but sans jamais tenter un quelconque artifice. Des choix légitimes qui se seraient probablement vautrés si les acteurs n’étaient tout simplement pas percutants et criants de vérité. Mention spéciale pour le rôle du vengeur interprété magnifiquement par Claude Legault. Il campe ici un père tiraillé entre la haine et la culpabilité, voulant à la fois venger sa fille, qui était quasiment sa seule raison de vivre à côté d’un couple qui sombre dans la routine, mais aussi tenter de se racheter. Sans aucune hésitation, agir sera son seul objectif. Un des regrets que l’on peut avoir, c’est que même si l’on ressent une certaine empathie envers ce personnage, le passage à l’acte beaucoup trop rapide pousse le spectateur à assister à la décadence de cet homme brisé avec suffisamment de recul pour ne pas être profondément touché, n’ayant pas eu vraiment le temps le connaître.

 

 

Ce qui devient intéressant dans la réaction du père, c’est qu’en tant que médecin, sauver des vies est sa principale préoccupation. Ayant notamment fait le serment d’Hippocrate, il va se diriger à l’opposé de ses principes et utiliser ses compétences, originellement pour faire le bien, pour faire le mal. Il entame alors une sorte de bras de fer avec le bourreau de sa fille. Car si Bruno semble avoir le dessus sur sa victime, la souffrance s’installe dans les deux camps avec d’un côté une souffrance physique et de l’autre une souffrance morale. Toutes deux aussi insoutenables l’une que l’autre. On assiste à une sorte de parallèle entre les deux hommes, plus le violeur souffre physiquement au point de perdre définitivement connaissance, plus le père sombre dans sa démence en essayant d’atteindre une paix illusoire. La violence graphique vient appuyer et se justifie en matérialisant la douleur ressentie par le père. Bien que le métrage aborde un sujet sensible intelligemment, il n’en reste pas moins qu’il ne semble pas réellement trouver sa voie. Un peu trop abrupte pour un public vaste mais pas assez dur pour les afficionados d’un cinéma plus agitateur, Les 7 Jours du Talion, à l’heure de l’avènement du torture porn, faiblit un peu par son manque de prise de position. A côté de ça, on assiste à une enquête policière un peu routinière s’approchant dangereusement d’un Maigret en fin course. Sans grand éclat, les forces de l’ordre suivent les pistes logiquement mais mollement, notamment l’inspecteur Remy Girard qui aurait mérité un développement plus approfondi, étant la seule personne capable de comprendre ce que ressent ce père, ayant de son côté perdu sa femme lors d’un braquage de quartier. Les 7 Jours du Talion démontre nombre de qualités autant dans le fond que dans la forme, mais dès que le générique de fin commence à défiler, il ne nous a pas retourné comme il l’aurait fallu et on en ressort avec un léger sentiment de détachement.

 

 

Métrage dur et sans détour, il faut lui reconnaître une mise en scène percutante, un jeu d’acteur au poil, une violence autant psychologique que physique parfaitement dosée mais surtout la volonté d’aborder un thème délicat sans jamais se vautrer dans la facilité. Malgré tout, il manque une petit quelque chose pour qu’il marque les esprits. Une pellicule québécoise à découvrir.

Auteur : TIBO

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