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Critique Les Brasiers de la Colère

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Avec son Crazy Heart sorti de nulle part, drame à forte teneur Americana, Scott Cooper avait attiré l'attention de la critique et du public, offrant au passage un Oscar à un parfait Jeff Bridges dans le rôle titre. Le mérite du film avait été surtout de brasser avec brio une palanquée de clichés usés jusqu'à la corde mais en arrivant à y insuffler une sensibilité de cinéaste et un charme indéniable qui ne trompait pas. Son deuxième long, Les Brasiers de la Colère, était donc attendu avec une certaine impatience. Même si l'exploit n'est pas totalement réitéré, le film recèle bien des qualités et atteste de la place à part que se taille le prometteur Cooper.

 

 

Les Brasiers de la Colère évolue en terrain singulier, celui de l'Amérique profonde, sans fards ni artifices, faisant ainsi un parallèle évident entre son prédécesseur. Tout comme Jeff Bridges / Crazy Heart, cette Amérique est fêlée, en panne et lutte pour se maintenir à flots. Scott prend son temps pour balader sa caméra d'abord dans ses décors, la ville de Braddock, ses hauts fourneaux et sa zone industrielle dont la plupart des fabriques tournent au ralenti, quand elle ne sont pas purement et simplement à l'arrêt, comme pour mieux nous imprégner de la détresse de ses habitants ou mieux, nous préparer à la tragédie qui va suivre. D'ailleurs, ça ne tarde pas : il s'applique en deux trois scènes à précipiter le spectateur dans la dure réalité de ses personnages, le temps d'une combat à mains nues dans un drive-in la nuit, organisé par des un caïd local chelou. Les apparences peuvent êtres moches, mais ce qu'elles cachent est encore pire.

 

 

Scott Cooper ne se presse pas et prend son temps pour donner tout l'espace nécessaire à ses personnages. Il sait tout comme nous que son casting est de l'or en barres et décide donc d'en tirer le meilleur. C'est d'ailleurs là que le film commence à flancher légèrement. A trop vouloir laisser libre cours à ses acteurs, il dévie très souvent de sa trame d'origine au profit de sous intrigues sans réelle valeur ajoutée si ce n'est au niveau du Pathos - l'histoire d'amour contrariée entre Zoe Saldana et Christian Bale en est un bel exemple -. Dès lors, Les Brasiers de la Colère se profile plus comme un film d'acteurs qui s'appuie principalement sur ceux-ci et s'en accommode très bien pendant une bonne partie du métrage. Evidemment, Christian Bale est impeccable en chic type qui en chie des masses ainsi que Woody Harrelson en redneck mafieux et shooté jusqu'à la moelle. Ce sont pourtant les seconds rôles qui se taillent la part du lion : Sam Sheppard, Casey Afleck, Forrest Whitaker et surtout, Willem Dafoe, tous sont excellents. Scott Cooper met un point d'honneur à leur donner une tessiture assez inattendue.

 

 

C'est dans la deuxième moitié que Les Brasiers de la Colère commence à pâtir de certains partis pris : le cast impeccable n'arrive pas à rattraper un scénario super prévisible et malgré toute sa bonne volonté, Cooper ne dépasse le stade de narration linéaire, refusant catégoriquement une quelconque inventivité imagière. Le plus grave étant probablement son incapacité à approfondir les thèmes qu'il s'est évertué à énoncer en début du métrage, se contentant uniquement de les effleurer. Résultat : sa critique sociale sonne étonnamment creux. S'en rendant peut être compte, Cooper change son fusil d'épaule et se concentre sur son histoire de vengeance annoncée. Sa conclusion dramatique arrive malheureusement trop tard et n'arrive étonnamment pas à épouser toute la dramaturgie de son propos et c'est d'autant plus dommage que la matière était bien là, à portée de main. On pense très souvent à un Cimino ici, surtout à son Voyage au bout de l'Enfer - dans sa partie « rurale » - et Les Brasiers de la Colère aurait pu être un autre film du genre sauf que Cooper n'a à aucun moment le souffle épique qui caractérisait son modèle.

 

 

Très à l'aise dans son traitement mais jamais inspiré, Scott Cooper signe un drame social intense et habité mais qui, à trop vouloir éviter les prises de risques et à s'en remettre presqu'exclusivement à son cast - par ailleurs impeccable -, manque cruellement de souffle et d'originalité pour marquer durablement les esprits.

 

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