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Critique Les Enquêtes du Département V : Délivrance

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Le nord de l'Europe bénéficie d’un impressionnant vivier d’auteurs rodés au polar noir. Stieg Larsson aura notamment marqué les esprits avec sa trilogie Millenium, saga haletante adaptée sous divers formats suite au raz de marée en librairies. Moins exposée médiatiquement mais toute aussi passionnante, la franchise développée par Jussi Adler-Olsen sous le titre des « Enquêtes du Département V » connait également un beau succès depuis une petite décennie. A la fois prolifique – l’homme en est aujourd’hui à son sixième volume – et extrêmement constant niveau qualité, Adler-Olsen connait avec Délivrance sa troisième adaptation cinématographique. Un petit défi pour Hans Petter Moland, qui prend la succession de Mikkel Norgaard – réalisateur de Miséricorde et Profanation – sur une série désormais bien installée et se penche sur l’un des livres les plus denses de l’auteur. Sans grande surprise et à l’instar de ses prédécesseurs, Délivrance affiche presque autant de qualités qu’il ne souffre de défauts.

 

 

Adler-Olsen n’a rien de l’auteur foncièrement original. Ses livres affichent la formule du pur roman policier : sombres, poisseux, peuplés de « gueules » et d’esprits tordus, ceux-ci déroulent des intrigues parfois un brin clichées mais néanmoins très bien ficelées. Une efficacité qui tient pour beaucoup dans une excellente maitrise du suspense, mais également et surtout dans son impressionnante aisance à brosser des personnages truculents, loufoques et de ce fait incroyablement attachants. Cet atypisme répond pourtant aux grands absents pour ce qui est de la franchise cinéma, voulue comme du thriller pur et dur, sans espoir ni humour. Délivrance ne changera pas la donne, Petter Moland inscrivant son polar dans la tradition européenne du genre. Les flics affichent une nouvelle fois des trognes d’enterrement, fument des clopes à la chaine, s’empilent dans des décors cradasses et sous-éclairées. Bref, pas de prise de risque ni infidélité au registre. Si Délivrance se dresse en solide représentant du polar froid et clinique, on ne peut cependant que regretter l’absence de relief des personnages, voire l’exfoliation complète et incompréhensible de leurs backgrounds respectifs.

 

 

Il parait presque inévitable de dégraisser un roman de quelques intrigues secondaires afin de ne pas s’étaler sur un timing trop conséquent. La manœuvre semble à ce titre plus que légitime dans le cas de Délivrance, le cinéaste héritant du bouquin le moins riche en cliffhangers de la série. Petter Moland applique pourtant cette politique jusqu’à plus soif. Les deux premiers films avaient déjà polis à l’extrême le caractère d’Assad, flic extrêmement décalé sur le papier mais désespérément lambda dans le cas présent, Délivrance boucle la boucle en omettant complètement de développer correctement ses acolytes. Carl Mørck est brossé en simple dépressif chronique et bourru – exit donc les histoires relatives à ses relations chaotiques avec sa compagne Mona Ibsen ou son ex-équipier tétraplégique Harry – pendant que l’exubérante secrétaire du Département V, Rose Knudsen, se débarrasse de sa schizophrénie. Même constat du côté serial-killer, sur lequel Petter Moland prend à peine le temps de s’arrêter. Ce manque de profondeur apporté aux protagonistes se répercute inévitablement sur l’œuvre, qui peine à installer un véritable climax, à distiller la tension attendue. Et s’enfonce de ce fait dans un classicisme trop marqué, voire s’effondre à l’occasion de deux-trois longueurs handicapantes. Le métrage déroule heureusement deux longues séquences bien huilées et dynamiques, et s’envole littéralement mais presque trop tardivement à l’occasion d’un final aux enjeux dramatiques parfaitement calibrées. Dommage que le tout s’avère aussi déséquilibré, la première moitié du film restant mortellement lente et paresseuse.

 

 

Petter Moland respecte sur cette nouvelle Enquête du Département V le cahier des charges fixé par son prédécesseur. Teintes grisonnantes, atmosphère désespérée, cadrages soignées, mouvements retenus : Délivrance est une œuvre de commande qui aurait probablement pu être shootée par d’autres artisans pour une facture artistique similaire. Difficile en effet pour le cinéaste d’exprimer ici une quelconque originalité. Ce dernier remplit néanmoins son contrat et pose sur péloche un métrage lisible, un poil télévisuel mais agréable à visionner. La direction d’acteurs est à l’avenant : tout le monde fait correctement son job, les différents intervenants ne pouvant faire autrement que s’appliquer dans l’interprétation de « bons flics bien désespérés de cinéma » suite au travail de ponçage effectué sur les protagonistes.

 

 

Les Enquêtes du Département V : Délivrance est un « petit » policier correctement troussé mais trop conforme aux normes en vigueur. Les spectateurs en quête d’un divertissement facile s'en accomoderont, mais les aficionados de l’œuvre d’Adler-Olsen ne retrouveront que trop partiellement l’esprit et la touche de l’auteur dans cette nouvelle adaptation. Pourquoi pas.

 

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