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Critique Les Harmonies Werckmeister

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Les Harmonies Werckmeister de Bela Tarr confirme les éloges qui pouvaient être entendues sur le réalisateur hongrois depuis son dernier film Satantango. Avec subtilité et poésie, il signe avec ce métrage une oeuvre aboutie, profondément troublante. Le film laisse le spectateur, longtemps après le visionnage, marqué par les images et la musique qui impriment sinueusement l'esprit.

 

 

 

L’arrivée du corps mort d’une baleine géante accompagnée d’un mystérieux Prince dans une petite ville de province sème trouble et confusion dans un ordre qui jusque-là maintenait les apparences d’une stabilité. Cet événement exacerbe les tensions et les rancœurs. Dans cette poudrière, le personnage principal, par son innocence et sa naïveté, est pourtant le seul à voir l’infinité du monde dans l’oeil du cétacé et regarde avec incompréhension la foule se déchainait autour de lui. Alors que le spectateur le suit dans sa routine quotidienne, l’ombre de la menace des violences à venir grandit. La conclusion tragique semble inévitable.

 

 

Dans une scène d’ouverture sublime, Bela Tarr inscrit son propos dans une dynamique non pas humaine mais cosmogonique. Cette dimension ne fera que se renforcer tout au long du métrage. Par sa succession de 39 plans séquences superbement construits et maîtrisés, le cinéaste s’efforce de nous montrer, avec force et simplicité, comment l’homme s’évertue à détruire ce qui est faible et vieux plutôt que d’admirer ce qui est puissant et transcendant. Parce que le personnage principal a su garder un regard réceptif et curieux pour ce que le monde peut offrir de plus pur, il se voit à son tour devenir la victime des exactions d’une dictature politique, où la recherche du pouvoir prend le pas sur toute forme d’harmonie, bien mise à mal depuis les théories du maître Werckmeister.

 

 

Sur le plan de la réalisation, il n’y a rien à redire. Les Harmonies Werckmeister est empreint de la maîtrise technique et artistique maintes fois acclamées du réalisateur. L’utilisation du noir et blanc ainsi que du clair et de l’obscur rend le métrage d’autant plus mystérieux, quasi fantomatique. Bela Tarr ne coupe jamais ses plans abruptement. Comme dans la vie, il laisse le temps aux personnages d’évoluer dans le décor, de se déplacer dans la scène. Cela apporte un ton mélancolique au métrage, la lenteur lancinante de chaque scène invitant le spectateur à la réflexion et à la contemplation, le tout enveloppé d’une bande-son hypnotique. Filmé à hauteur d’homme, le film de Bela Tarr nous place en témoin privilégié de cette tragédie et de ce chaos, où la perplexité du spectateur ne fait qu’une avec celle du personnage principal.

 

 

Avec Les Harmonies Werckmeister, Bela Tarr offre non seulement une leçon de cinéma mais également une leçon de vie. Il signe un métrage qui marque durablement le spectateur. Parce qu’il donne le temps à ses plans, à ses personnages, à son histoire d’évoluer et d’exister, l’impact dramatique de son message est d’autant plus bouleversant. Rarement un film n’avait, avec autant de pudeur, confronté l’idée de l’infini et du néant dans un combat à dimension humaine.

 

Auteur : GUILLAUME

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