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Critique Les Yeux de Julia

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Réalisateur appliqué, Guillermo Del Toro – Hellboy 1 & 2, Le Labyrinthe de Pan – occupe désormais occasionnellement le siège de producteur. Tout aussi prompt à propulser des réalisateurs prometteurs qu’à coucher sur bandes des métrages artistiquement novateurs, le cinéaste conserve dans l’ensemble de ses activités une politique de qualité particulièrement exigeante. Ainsi qu’un flair plutôt remarquable pour les bobines anti-conformistes résolument détachées des prétentions commerciales actuelles. Dernier-né d’une école ibérique particulièrement active, Guillem Morales signe avec Les Yeux de Julia son second long-métrage. Six ans après une première et discrète réalisation – El Habitante Incierto –, ce dernier accouche d’une œuvre mature et respectueusement calquée sur les codes instaurés par les premiers fondamentaux  du cinéma de genre. 

 

 

Bien qu’inexpérimenté, Morales témoigne à travers son œuvre d’une culture plutôt affutée. Privé de moyens véritablement conséquents, ce dernier donne naissance à un métrage proche des précurseurs classiques de l’épouvante. Subtil, astucieux et exfolié de toute fioriture stylistique mal-placée, Les Yeux de Julia instaure ses bases sur un script aussi simple que brumeux. Si l’événement déclencheur s’avère plutôt banal – le prétendu suicide d’un proche engendrant une enquête mystérieuse assortie d’une cécité progressive du protagoniste principal, atteint d’une incurable maladie –, le métrage s’autorise des voies de développement aussi multiples qu’inattendues. Et bien que le tout semble un temps verser dans un registre purement fantastique, Morales maitrise l’art du suspens avec une implacable maestria. Lorgnant aussi bien vers le drame psychologique que du côté du thriller soutenu, Les Yeux de Julia se profile en œuvre trans-genres. Une bizarrerie cinématographique aux rebondissements incessants, le cinéaste osant instaurer un rythme particulièrement mesuré sans jamais nuire à la bonne tenue de son travail. Exit les effets sonores et visuels bourrins, Les Yeux de Julia mise davantage sur l’intelligence de son fond pour installer un climax passionnant. Furieusement énigmatique, le film se concentre ainsi sur l’essentiel. L’intrigue prend lentement corps à travers une poignée de personnages forts et soigneusement esquissés. Un développement tout en retenue qui favorise l’attente et renforce la portée des cliffhangers, remarquablement amenés.

 

 

L’aspect astucieusement épuré du script de Morales rattache inévitablement sa bobine à tout un pan du cinéma Américain des sixties. Le travail de Alfred Hitchcock et Michael Powell en tête de liste. Des références à qui Morales rend hommage dans son approche globale, le cinéaste ponctuant son métrage de nombreux clins d’œil à Peeping TomLe Voyeur –, maitre étalon du Thriller horrifique. Tendu, le projet de Morales se fend d’un ultime hommage via un final en caméra subjective aussi déconcertant que terrifiant. Une pirouette de conclusion qui n’use jamais des procédés stylistique récents – ultra cut, mouvements épileptiques – pour s’imposer en très grande séquence. Volontairement daté, Les Yeux de Julia lorgne définitivement vers la vieille école. Un choix que Morales confirme à travers son esthétique. Sobrement éclairé et très classique dans son habillage, le métrage n’en reste pas moins techniquement audacieux. Soucieux de retranscrire la cécité progressive de son caractère principal, Morales gomme progressivement tout visage de ses images. Optant pour les décadrages à répétition, ce dernier se concentre sur les traits de Julia et embrume tout personnage secondaire dans l’anonymat le plus total. Un choix osé mais propice à renforcer l’aspect mystérieux de l’ensemble. Et parallèlement, à brouiller les pistes autour du personnage malfaisant de rigueur. Naviguant constamment entre présence fantasmée et réalité de son psycho-killer, le cinéaste s'affranchit d’un développement parfaitement mené du personnage. 

 

 

Relativement avare en matière de décors – Les Yeux de Julia tournant sur de nombreuses séquences en huit-clos –, le métrage tire l’essentiel de sa moelle du traitement des personnages. Le petit chapelet de caractères bénéficie en effet d’une richesse d’écriture renforcée d’une impeccable direction d’acteurs. Remarquablement inspirée, Belén Rueda – L’Orphelina, Le Pacte du Mal – livre une prestation d’autant plus remarquable que le métrage repose quasi-uniquement sur ses épaules. Unique personnage capturé sous tous les angles, l’actrice compense merveilleusement le manque d’humanisme émanant de seconds couteux fantomatiques volontairement capturés sous des angles improbables. Remarqué à travers ses précédentes interprétations de femmes à fleur de peau, Rueda insuffle au travail de Morales un côté sensitif prompt à renforcer une ambiance globale par ailleurs passionnante.

 

 

Travaillé, profond et doté d’un habillage sobre, Les Yeux de Julia se profile en vibrant revival d’un cinéma trop souvent oublié. Un grand film, posé sur pellicule par un newcomer furieusement prometteur. Une nouvelle preuve de l’effervescence du vivier Espagnol. 

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Combien font : 67+50

Votre réponse :

korku 06-07-2013
Un très bon film qui nous tient en haleine tout le long.
Tonton 19-05-2011
Un film qui prend son temps mais dont la dernière partie réserve son lot de frayeur et de surprises ! A conseiller vivement ! Décidément l'Espagne reste un des rares pays à engranger des pellicules de qualité !

 

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