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Critique Lesbian Vampire Killers

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Deux loosers. Un village maudit. Un minibus rempli d'étudiantes. Et, une armée de vampires lesbiennes... très vicieuses ! Le synopsis avait de quoi allécher les babines. Réalisateur inconnu au bataillon, Phil Claydon bricole avec son premier long-métrage un petit film fantastique teinté d’un humour typiquement britannique, Lesbian Vampire Killers s’inscrivant dans la directe continuité des derniers succès comico-gore pour lesquels la patrie de la reine Elizabeth II semble s’être faite spécialiste. Succédant au rigolard et acclamé Shaun Of The Dead ainsi qu’à la semi-déception Bienvenue au Cottage, le film du jeune cinéaste ne remplit pourtant que partiellement ses objectifs, mais présente en contrepartie des qualités artistiques indéniables qui suffisent à rendre l’ensemble intéressant.

 

 

Globalement, Lesbian Vampire Killers se profile comme un bon petit divertissement. Etrangement, l’intérêt du métrage de Phil Claydon tient ici d’avantage dans sa conception que dans son contenu. Le jeune cinéaste pose sur bandes un premier essai filmique foutrement bien réalisé, ce dernier habillant son script d’images ultra-léchées et diablement stylisées. Loin du clinquant et de toute notion de modernité cinématographique, Lesbian Vampire Killers est un pur hommage au bis des années 70-80, et en réplique les codes et l’esthétique désuète avec une impressionnante maitrise du genre. La direction artistique ne reflète à aucun moment le manque de moyens, Claydon plongeant ses personnages dans des décors de films d’exploitation soignés et subliment éclairés, malheureusement peu nombreux mais purement jouissifs. Vieilles bicoques bringuebalantes, cimetières crépusculaires et forêts tentaculaires sublimant les images et renforçant l’aspect délicieusement kitch et décalé du film. Un côté nanardesque que le cinéaste renforce d’une multitude d’effets visuels délirants, voire absolument ringards, mais pourtant parfaitement adaptés à cet objet filmique non identifié. Les ralentis bien appuyés foisonnent, souvent au service de la simple mise en valeur des arguments plastiques de torrides protagonistes. Accélération et décélérations des séquences laissent fulminer sensualité et second degré avec une insistante volonté de se complaire dans un machisme primaire plutôt attrayant étant donné la teneur des arcs scénaristiques. Lesbian Vampire Killers s’épaule d’un montage et d’incrustations fendards qui ne lésinent pas sur le has-been, polices d’écritures et transitions – le fameuse « page de livre qui se tourne » pour passer d’une séquence à l’autre – issues du pire logiciel pour débutant en tête de liste. On en redemande.

 

 

L’esprit débridé de l’habillage dont se pare Lesbian Vampire Killers se répercute inévitablement à travers une galerie de personnages tout aussi caricaturaux. Lancé sur les chapeaux de roue par la présentation de deux blaireaux sérieusement atteints, le casting ne tarde pas à s’étoffer d’une galerie de freaks savoureux – le curé dément du coin –, d’un petit chapelet de babas-cool atomiques ainsi que d’une armada de vampires lesbiennes prête à faire la nique à ces intervenants ramollis du cervelet. Pourtant et malgré ses excellentes fondations, Lesbian Vampire Killers laisse l’essentiel sur le banc de touche : le film de Phil Claydon n’est amusant qu’aux entournures, là ou l’ensemble présentait pourtant matière à se complaire dans un délire de tous les instants. Le métrage se montre certes fun par le sentiment nostalgique qu’il ne peine jamais à faire naitre chez le spectateur, mais le déroulé scénaristique souffre de réels manquements en matières de gags gras et efficaces. Bien que quelques maladroites tentatives en la matière n’éclosent de ci et là – notamment via un personnage rapidement lassant de beauf carburant à la bière bon marché –, le tout s’écoule avec une relative monotonie et n’engendre guère plus de quelques sourires en coin. Dommage, tant l’esthétique débridée de l’ensemble se prêtait aux dérives les plus extrêmes en matière de gore bricolé avec trois bouts de ficelles. Là ou un métrage comme Evil Dead parvenait à jouer à merveille de ses effets spéciaux délirants, Lesbian Vampire Killers ne s’autorise que de rares séquences de dépiautages humain et autres réjouissances saignantes. Ces dernières s’avèrent très réussies – la découpe de la goule de haut en bas à la hache - et usent du latex avec une amusante exagération, mais demeurent trop peu nombreuses pour insuffler au métrage le dynamisme nécessaire.

 

 

Lesbian Vampire Killers navigue entre deux eaux. Loin du sérieux qui pourrait caractériser un film de vampires traditionnel, l’essai de Phil Claydon semble pourtant hésiter continuellement à se vautrer dans la connerie assumée. Un fait d’autant plus significatif face à l’érotisme très timide avec lequel le cinéaste peinturlure son film. Alors que le titre semblait pourtant clair sur le contenu et que la présentation des protagonistes féminines laissait envisager une tambouille sexe’n’gore furieusement geekissime, Claydon rogne également sur ce second tableau et ne laisse filtrer de ci et là que d’épisodiques touches affriolantes. Un constat d’autant plus regrettable que l’ensemble des interprètes féminines rassemblé pour les besoins du projet ne s’avèrent pas uniquement convaincantes en matière d’anatomies gonflées à l’hélium. Les intervenants livrent tous d’excellentes performances et se fondent à merveille dans la niaiserie de leurs personnages. Le couple rapidement constitué par Lotte / Jimmy s’avère savoureux au possible, MyAnna Buring - vue dans The Descent et Doomsday - se montrant parfaite en innocente vierge et Mathew Horne délicieusement ridicule en héros malgré lui. Lesbian Vampire Killers aurait mérité un traitement encore davantage porté sur l’anticonformisme et le mauvais goût. On repassera.

 

 

Bien que tourné sous la forme d’un gros B en désaccord avec son temps, Lesbian Vampire Killers bande mou. Le fond ne s’accorde pas véritablement à l’habillage, bien que le métrage ne témoigne néanmoins d’une petite demi-douzaine d’idées bien cramées du bulbe. Si l’essai certes partiellement manqué, l’ensemble reste malgré tout divertissant et bien mis en boite. A visionner par pure curiosité.

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