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Critique Livide

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Le cinéma d'horreur français actuel n'est pas, et de très loin, au niveau de celui de certains de nos voisins européens, tels l'Espagne ou le Royaume-uni. Pourtant, certains films marquent et ont marqués les rares courageux prêts à en découdre, malgré un manque de visibilité certain. Ainsi, Martyrs, Maléfique ou bien encore A l'intérieur portent notre cinéma de genre vers des sommets rarement atteints, preuve que faire de bons films de genre aux pays des fromages qui puent est possible. A l'intérieur justement, que l'on doit à un duo de réalisateur français, apportait un style radical, sans concessions, et avec peu de moyens démontrait des qualités évidentes. Ce même duo revient aujourd'hui pour un film très différent, mélange de différents sous-genres, Livide, qui mérite amplement de figurer dans votre vidéothèque. 

 

 

C'est la nuit d'Halloween en Bretagne. Lucie, son petit ami et un de leurs copains, décident de s'introduire dans une ancienne demeure isolée en pleine campagne, que seule une vieille prof de danse classique célèbre, plongée dans le coma, habite. Alors qu'ils explorent la maison à la recherche d'un soi-disant trésor, ils vont rapidement se rendre compte que réveiller les anciens secrets enfouis entraîne de biens terribles conséquences. Sur un canevas des plus classiques – plusieurs thèmes traversent l'esprit, tant le film brouille les pistes – Bustillo et Maury, les réalisateurs donc, brodent des éléments propres à créer un malaise permanent. C'est notamment le cas en ce qui concerne le comportement de la collègue infirmière de l'héroïne, et dont le rôle sera essentiel dans le dénouement de l'intrigue, ou bien encore certains plans malsains proche du cinéma gothique – les flashbacks des cours de danse –. Ce qui frappe le plus à la vision de Livide, c'est avant tout l'atmosphère irréelle créée par les réalisateurs. Des feux follets en passant par la plage bretonne ou certains plans proches de Guillermo Del Toro – on peut penser parfois au Labyrinthe de Pan –, le film regorge de magnifiques images qui frappent la rétine. L'aspect visuel est donc essentiel pour développer une intrigue qui demande pas mal d'efforts pour en deviner les tenants et aboutissants. Le film se découpe distinctement en deux parties, le pitch évoqué plus haut ne commençant vraiment qu'après une bonne demi-heure nécessaire au développement de l'intrigue, surtout pour nous présenter deux des personnages principaux, Lucie et l'infirmière jouée par Catherine Jacob. En évoquant à la fois le film de vampires, le film de maison hantée en passant par le film de démons, Livide perd un peu de lisibilité et ne récompensera que celui prêt à s'investir.

 

 

Car le principal souci de Livide, qui sans cela lui aurait permis d'atteindre un statut de bombe cinématographique, réside dans la confusion de son scénario. Du moins, dans son portage à l'écran. On comprend que les deux réalisateurs ont voulu avant tout créer une œuvre au look inattaquable et imparable, mais c'est regrettable que cela se fasse au détriment de la compréhension du spectateur. Car faire autant douter sur les motivations des méchants – celles des personnages principaux sont compréhensibles et crédibles – provoque un manque d'implication émotionnel du spectateur aux événements frappants les protagonistes de l'intrigue. Le caractère  fantastique des êtres qui peuplent la maison nous est livré dans la confusion, les explications se faisant rares voire même inexistantes, si ce n'est par des plans disséminés le long du film, ce qui laisse forcément sur sa faim celui qui n'aura pas une concentration maximum ou qui n'aura pas prêté attention à certains détails. On est en effet assez souvent obligé de s'interroger sur le sens de telle ou telle scène, ce qui se révèle parfois pénible pour bien profiter des atouts du film. Ceux-ci sont pourtant nombreux. Citons pêle-mêle la réalisation efficace dans la gestion de la terreur – le réveil de la fille danseuse –, les acteurs ou bien encore la photographie et les maquillages. A ce titre le film regorge de moments – surtout dans sa deuxième partie – gores et empreints de poésie macabre. 

 

 

Les acteurs se sont investis pour le film et on découvre, ravi et surpris, le personnage de Catherine Jacob, infirmière froide, cynique et dont l'importance va se révéler primordiale. Marie-Claude Pietragalla donne également une performance qui fait froid dans le dos. A leurs côtés, les jeunes acteurs font un bon boulot et se révèlent assez crédibles de bout en bout. L'aspect visuel de Livide est, comme déjà évoqué, l'âme du film et nous donne des scènes touchant parfois au sublime, comme la découverte de la salle de jeux de la « fille » de la professeur de danse. L'intelligence des réalisateurs nous donne à la fois le meilleur et le pire dans le film, provoquant malgré tout l'envie nécessaire de revisionner la bande afin d'en saisir tous les aspects. 

 

 

Livide, en dépit de sa complexité narrative, pourra déconcerter ceux qui ne feront pas l'effort de s'impliquer. C'est bien dommage car ils passeront à côté d'une œuvre ambitieuse et unique dans le paysage horrifique français. L'échec en salles du film – dû surtout à la frilosité des exploitants et des publicistes – ne doit pas freiner ceux qui voudront découvrir l'oeuvre de Julien Maury et Alexandre Bustillo, dont le travail mérite qu'on s'y attarde. Quand on voit la qualité de Livide, on peut regrette que ces derniers n'aient pas été retenus pour le remake d'Hellraiser, tant ils convenaient parfaitement. Voilà un duo de réalisateurs qui se construit une filmographie à suivre. Qu'on leur donne plus de moyens et le résultat en vaudra la chandelle.

 

Auteur : TONTON

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Votre réponse :

korku 05-07-2013
Pour un film d'horreur français j ai trouvé ça plutôt bien et qui se regarde sans que l'on s ennuie.
Tomtom 26-06-2012
Je suivrai l'avis de Lucie en ce qui est des jeunes acteurs masculins qui m'ont parfois paru peut encrés dans l'histoire. Cependant, le filme reste d'une réalisation.... parfaite? Le scénario reste très cohérent et objectif, il est rare mais jamais inutile. Tout un art. Quand à la fin du filme je m'interroge, qui des deux meure? Les yeux disséminaient ils la deuxième âme? Je ne comprend pas pourrait on m'éclairer? Je tenterais tout de même un deuxième visionnage pour mieux comprendre. Je vous remercie de cette critique qui m'a donné envie de voir ce filme qui, je dois dire, ne m'a pas déçu!

Lucie 25-04-2012
Personnellement, je trouve que les deux acteurs masculins ne sont absolument pas crédibles, dans la manière de jouer évidement mais aussi dans la diction du texte, qui n'a rien de naturel et ce qui a, je pense, nuis énormément à ce film. La compréhension est difficile, même si le film est revu plusieurs fois, et il est vrai qu'en le regardant je me suis demandé à plusieurs reprise quel est l'utilité de telle ou telle scène. Par contre l'histoire reste originale et très intéressante pour tout les amateurs du genre. Je reste perplexe.

 

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