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Critique Lock Out

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Luc Besson. Le nom du cinéaste / producteur suffit aujourd’hui à évoquer une myriade d’actioners bas du plafond. Scénariste prolifique mais assez peu intéressé par la profondeur de ses scripts, Besson aura monté au cours de la dernière décennie une impressionnante ribambelle de séries B invraisemblables aux prétentions résolument commerciales. Lock Out, nouvelle production estampillée EuropaCorp, ne déroge pas à la règle. Mis en boîte pas deux cinéaste débutants, le métrage est façonné selon un canevas désormais bien connu. Shooté au cœur des Pays de l’Est, le film de James Mather et Stephen St. Leger avance malgré tout une idée de base relativement convaincante. Si cette dernière ne suffit pas à faire de Lock Out un bon métrage de science-fiction, les deux cinéastes parviennent à livrer un produit crétinisant partiellement divertissant.

 

 

Besson est un homme très occupé. Ancien artiste impliqué dans le développement d’un cinéma de qualité, le businessman touche désormais à différents registres. L’écriture est à ce titre devenue l’une de ses marottes les plus contestables, ce dernier ne prenant jamais le temps d’approfondir ses travaux. Un constat d’actualité pour Lock Out, métrage au sein duquel la testostérone passe avant toute subtilité. Dans un futur froid et aseptisé, les Etats-Unis ont mis en orbite une prison spatiale où les criminels plus dangereux sont maintenus dans un sommeil artificiel. Chargée d’une mission humanitaire, la fille du Président est prise en otage suite à une mutinerie. Envoyé par le gouvernement Américain, l’agent Snow infiltre la station avec pour objectif de sauver cette dernière. Simple, efficace, le scénario de Lock Out évite soigneusement toute volonté d’originalité. Et pour cause, ce dernier se profile comme un pur duplicata du classique Los Angeles 2013. Les grandes lignes s’avèrent quasi-similaires. De la virginale blondasse perdue dans un enfer anarchique mené par des gangs de mabouls tatoués au portrait de l’anti-héros baroudeur – Snow, proche du Snake de Carpenter – désavoué par sa hiérarchie, Lock Out outrepasse très largement la simple notion d’hommage. Le travail du binôme Mather / St. Leger brosse le même type de personnage central. Débitant des chapelets de conneries sans discontinuer, celui-ci se profile comme un parfait ersatz des gros-bras rencontrés au dans les actioners eighties – Stallone, Schwarzenegger ou Russell –. Si les nombreux clins d’œil peuvent rester appréciables, Lock Out peine pourtant à laisser totalement parler les flingues, là ou son contexte offrait pourtant un terrain de jeu adapté.

 

 

A contrario d’un Los Angeles 2013, Lock Out ne profite jamais du chaos ambiant pour proposer des fusillades décérébrés. Mather et St. Leger insufflent bien une bonne dose d’action dans leur travail, mais ce dernier ne sombre qu’assez rarement dans la démesure. Propre et archi-conventionnel, Lock Out reste un métrage résolument grand public et n’exploite qu’une infime partie de son potentiel en matière de pétarade burinée. Les deux cinéastes privilégient étrangement un semblant d’amourette entre les deux personnages centraux, le crétin bodybuildé restant partiellement handicapé par une humaniste convaincue condamnant toute action de violence. Il ne reste de ce fait pas grand-chose à ce bancal Lock Out, qui tourne à vide en essayant désespérément de délayer ses enjeux dramatiques de départ. En vain. La seconde partie du métrage multiplie les dialogues d’une incommensurable bêtise, là ou la montée en puissance aurait pu laisser se profiler un festival de gunfights explosives. Le tout est à peine rythmé par un arc narratif parallèle centré sur l’innocence du héros, boursouflure scénaristique mal esquissée qui ne contribue pas davantage au suspens de l’ensemble. Dommage.

 

 

Relativement court, Lock Out évite cependant les longueurs. Si le tout n’est aucunement novateur, le film de Mather et St. Leger se présente comme une honnête série B parfaitement adaptée à une séance de minuit. Bien qu’inexpérimentés, les deux cinéastes emballent de plus leur métrage avec le plus grand sérieux. Visiblement dotés d’un budget limité – la course-poursuite d’ouverture, délicieusement vintage, n’est pas sans évoquer la séquence sous-marine de Los Angeles 2013 –, ces derniers livrent une copie exploitant pleinement l’enveloppe attribuée. Reste le design, parfois relativement pauvre, qui ne présente que grossièrement et rapidement la vision du futur de Mather et St. Leger. Difficile de faire autrement au vu du scénario en forme de huis-clos carcéral livré par Luc Besson. La direction d’acteurs tourne par ailleurs en roue libre. Guy Pearce profite visiblement de cette totale liberté et cabotine sans ménagement. A l’aise avec les rôles complexes – Le Discours d’un Roi, Memento –, l’acteur s’amuse ici de la connerie de son protagoniste en sur-jouant de manière ininterrompue. Relativement amusante, la prestation contribue notamment au côté nanardesque presque volontaire du métrage. 

 

 

Témoignant des qualités nécessaires au gros B qui déménage, Lock Out n’assume jamais pleinement son statut. Visiblement coincés entre l’envie de livrer un actioner bourrin jouissif et les prétentions commerciales de leurs producteurs, James Mather et Stephen St. Leger font de leur Lock Out un divertissement juste passable. Dépouillé des séquences explosives auquel le métrage aurait du prétendre, le tout reste de plus assurément très con du fait de la prédominance de dialogues inutiles et rapidement torchés. Une œuvre mineure.

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