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Critique Locke

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Connu surtout pour ses brillants scénarios, notamment ceux de  Dirty Pretty Things et de Eastern Promises, l'Anglais Steven Knight n'avait jusque là à son actif qu'un seul film derrière la caméra, Hummingbird - sorti en France sous le nom de Crazy Joe -, un actionner buriné avec Jason Statham. De quoi faire tiquer les curieux à la vue de son nom aux commandes de ce Locke présenté en grandes pompes dans une pléiade de festivals internationaux. La surprise n'en est pourtant que meilleure puisque son film est aux antipodes de son prédécesseur : un OVNI filmique et un drame intimiste d'une rare maîtrise.

 

 

Avec son pitch des plus intriguants - un homme seul dans sa voiture, luttant contre la montre, doit régler un tas de problèmes qui lui tombent dessus avec comme seul allié son téléphone portable -, Locke vaut avant tout pour ses qualités scénaristiques. Et sur ce terrain là, Steven Knight n'a pas de leçons à recevoir. Le réalisateur réussit avec une économie de moyens admirable à nous embarquer pile dans le siège passager, en route avec son personnage. A la confusion du début se succèdent au fil des kilomètres toutes les informations nécessaires à la compréhension de l'action et des enjeux. Nous en apprenons surtout plus sur Ivan Locke, sa vie, son passé et ses priorités. Locke apparaît alors dans toute sa complexité, un homme de principes, compétent et attentionné et qui se trouve confronté à des choix radicaux qu'il devra assumer au péril même de son travail et d'une vie jusque là bien rangée.

 

 

Comment filme-t-on l'histoire d'un homme seul derrière son volant qui interagit avec l'extérieur uniquement via son mobile sans montrer aucun autre vis-à-vis ? Knight choisit d'y répondre aussi simplement que possible en assumant pleinement le défi. Sa caméra ne quittera que très rarement le visage de son héros, le temps de s'attarder ici ou là sur quelques détails : des voyants de vitesse, un trafic dense, des poteaux électriques à la lumière blafarde. Des détails sans grande importance mais qui constituent l'univers immédiat du personnage, dans lequel tout se passe et tout évolue. La route en elle même revêt une dimension symbolique évidente, celle du voyage à accomplir et de la quête vers un avenir incertain mais d’ores et déjà assumé. Lorsque Locke monte dans son SUV au début du film, il est un homme comblé, avec un job gratifiant, une famille en or et un bel avenir, alors qu'en cours de route, tous ces acquis sont compromis et certains ne tiendront pas jusqu'à l'arrivée - Pas étonnant que la plaque d'immatriculation de son véhicule affiche ADIO -.

 

 

Impossible de ne pas louer au passage la prestation intense et brillante de Tom Hardy, un choix payant de la part du réalisateur et qui s'inscrit très bien dans l'optique de ce drame intimiste - Feu Tony Scott aurait pris un Denzell Washington et aurait filmé ça à 280 Km/h sous 126 angles -. La prouesse était ardue et Hardy - excusez le jeu de mots à deux sous - s'en sort avec les honneurs. Tout ce qu'il faut de retenue et de nuance avec un jeu exclusivement centré sur le visage sans pour autant sombrer dans le « regardez-moi, je la joue Actor's Studio ». Il faut au moins ça pour passer 1h30 en sa seule compagnie et ne pas sombrer dans l'ennui en cours de route. Pari réussi. On ne saura jamais s'il a eu tort ou raison - le scénario a le bon goût de ne pas donner de réponses définitives - mais on s'en fout pas mal car comme le dit Philippe Pollet-Villard, ce qui compte ce n'est pas la destination mais le voyage. Et à ce titre, Locke en est une très belle illustration.

 

 

Locke est donc un drame intimiste singulier qui bénéficie d'une réalisation élégante ainsi que d'une interprétation quatre étoiles par un Tom Hardy étonnant de justesse qui confirme tout le bien qu'on pense de lui. A n'en pas douter l'un des meilleurs films de l'année 2014.

 

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