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Critique Long Weekend

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A une époque où le cinéma des années 70 nous livrait toute une flopée d’agressions animales telles que Les Dents de la Mer, Grizzly, Mutations et autres, le plus souvent explicites, un réalisateur répondant au nom de Colin Eggleston s’allie au scénariste Everett De Roche pour proposer une œuvre qui a su marquer son temps. En 78, pur produit du cinéma d’exploitation australien, Long Weekend émerge là où une prise conscience écologique commençait à pointer le bout de son nez en prenant le tout à contre pied. Pas de bête féroce ni d’effusions de sang, mais une suggestion basée sur la menace d’une nature omniprésente et quasiment invisible. Le métrage se voit revisité de nos jours à travers un remake dont les raisons de son existence restent légèrement obscures. Cependant, grâce à des retouches pouvant paraître anodines, Long Weekend version 2008 s’affirme comme il se doit.

 

 

Si l’idée d’un remake n’est pas toujours la bienvenue, les noms derrière le projet rassurent quelque peu… ou pas. A la réalisation, Jamie Blanks. Coupable du médiocre Mortelle St Valentin (dont il s'est cependant détâché suite à un montage final qu'il désapprouvait), il est également géniteur du premier Urban Legend et du sauvage Insane. Si ses métrages souffrent généralement d’un scénario bancal, Jamie Blanks s’avère fin technicien avec des moyens le plus souvent peu élevés et sa collaboration avec Everett De Roche – scénariste du Long Weekend original donc – sur Insane avait plutôt bien fonctionné. La quasi intégralité de l’équipe de son dernier film regroupée, le duo reprend du service et s’offre même les faveurs du cultissime Grant Page, cascadeur australien cramé du bulbe au talent inestimable. Là où le remake de Long Weekend peut être contestable, c’est qu’il reprend quasiment à la lettre son homologue, principalement dans sa trame globale mais également dans nombre de ses détails. Quel est donc l’intérêt de faire le remake quasi-identique d’un film qui avait déjà tout dit plus de trente ans auparavant ? L’environnement étant un thème sensible plus que jamais d’actualité, peut être qu’il paraissait bon de justifier de ce fait la sortie du métrage. Avec tous les documentaires et les pellicules sur le sujet, ce n’est certainement pas ce remake qui fera prendre conscience de quoi que ce soit, même si on se rend compte que les choses n’ont finalement pas vraiment bougé trente années plus tard. Un couple en crise décide de partir en week-end pour se ressourcer en camping sauvage. L’initiative venant – et imposée – du mari, l’entente n’est pas vraiment au rendez-vous. Couple aisé et peu soucieux de la nature, celle-ci est bien décidée à prendre sa revanche et leur négligence va leur en faire payer le prix fort.

 

 

De prime abord, peu de choses changent entre les deux versions. La plupart des scènes sont présentes et les dialogues sont quasi identiques. L’un des plus gros changements se fait au niveau de la photographie, les magnifiques paysages balnéaires et forestiers profitent largement de cette relecture et le spectateur peut profiter pleinement des plans, là où l’original peinait – le mot est peut-être un peu fort – parfois à marquer le contraste entre beauté et menace, faute de moyens et de technologie. On pourra, d’un autre côté, reprocher l’aspect un peu lisse de ce remake, mais cela n’est qu’une question de goût. Bien entendu, transposition d’époque oblige, le tout est modernisé et remis au goût du jour, le couple nous faisant par exemple le coup du GPS qui ne capte pas, seule la fameuse carabine originelle est conservée – un clin d’œil plaisant. Les fervents défenseurs de l’original pourront tourner très rapidement le dos au métrage de Jamie Blanks, mais il a au moins le mérite d’apporter son grain de sel nous évitant de le revivre à la manière du Psycho de Gus Van Sant ou du Funny Games de Haneke – refait par Haneke lui-même pour le marché américain. Tout d’abord grâce aux acteurs. Jim Caviezel, avec son flegme naturel, offre une performance brillante, interprétant ce mari machiste, peu soucieux du bien être de sa femme et de la nature, véritable pierre angulaire de drame d’amoureux. A ses côtés, Claudia Karvan, malheureuse et austère, manifestement pas prête à faire le moindre effort pour profiter de cette petite escapade. L’interprétation, beaucoup plus professionnelle, fait mouche là où celle de John Hargreaves et Briony Behets laissait parfois à désirer.

 

 

Autre point fort, ce remake apporte un réel côté dramatique – notamment grâce à la performance d’acteurs – dont l’original s’écartait légèrement – volontairement ou non – pour privilégier une tension et une claustrophobie ambiante. Certaines scènes se voient revisitées, comme celle où le couple part voir un camion garé sur une plage adjacente à leur campement pour vérifier si des personnes s’y trouvent. Quand l’original abordait cette séquence de manière plutôt expéditive et dont la présence peinait à se justifier, celle de la version 2008 en fait trop et préfère l’explicite à la suggestion, marquant une rupture inutile en opposition à l’atmosphère globale de la pellicule, d’autant que le métrage reprend au même endroit que l’original sans aucune conséquence. Considéré comme un film culte par certains, le bébé de Colin Eggleston comptait tout de même son lot de défauts et, malgré une tension palpable, les quelques baisses de régime perdaient épisodiquement le spectateur. Aucun changement aujourd’hui, Jamie Blanks conserve mot pour mot le déroulement de l’histoire en rajoutant des anecdotes par-ci par-là sans jamais avoir un impact significatif. Le concept de la nature hostile – sans pour autant faire appel à des animaux tueurs et des gerbes de sang – est efficace mais légèrement sous exploité, ou du moins parfois mal exploité. Si cette nature omniprésente et oppressante fonctionne bien dans l’ensemble, certaines « attaques » bestiales – les mots sont forts – s’avèrent par moment ridicules et signent un contraste dont le spectateur aurait pu se passer, dans l’original comme dans le remake. Pour finir, on notera la participation de Roger Ward – le vilain gardien chauve des Traqués de l’An 2000 – pour un petit cameo bref mais intense.

 

 

Quasiment copié-collé, le film de Jamie Blanks n’a pas grand mérite et rien que pour ça, les fans hardcore pourront lui tourner le dos. Un peu lisse, la nouvelle version n’a pas le charme de son prédécesseur et n’apporte que très peu de changements, mais il reste un très bon film. A défaut de chercher à gommer les carences du métrage d’Eggelston, Long Weekend version 2008 s’affuble d’une performance d’acteurs et d’une photographie soignée qui rehaussent le tout, appuyant sur un aspect dramatique plus qu’horrifique. Une réussite.

Auteur : TIBO

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