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Critique Lost After Dark

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Malgré un revival sympathique à la fin des nineties – merci Wes Craven –, le slasher-movie appartient définitivement aux eighties. Conscient que l’âge d’or du genre est définitivement derrière lui, le newcomer Ian Kessner accouche donc avec Lost After Dark d’une œuvre indé’ qui en réplique la stricte construction, la patte artistique furieusement bis et pousse le bouchon jusqu’à dérouler son scénario au début de l’été 1984. En artisan appliqué, Kessner semble avoir potassé ses classiques jusqu’à plus soif. Relativement con, délicieusement cliché et techniquement contestable, son Lost After Dark est une pure resucée du film de boogeyman à l’ancienne dans lequel une bande d’ados se trouve attaquée en pleine cambrousse.

 

 

La nostalgie à du bon, surtout en ce qui concerne un terrain horrifique en mal de renouvellement depuis quelques années. Malgré quelques exceptions notables – It Follows, petite perle de tension et d’inventivité –, le grand écran reste désormais accaparé par une avalanche de teen-movies mal fagotés et articulés autour des mêmes lignes directrices – possession et found-footage, le cocktail gagnant –. Côté vidéo, le genre voit débarquer bon nombre de prétendants à la couronne du film old-school et sans concessions. ButcherHatchet en version originale –, Muck ou See no Evil ont plus particulièrement connus leurs petits succès, et Lost After Dark affiche très clairement des intentions similaires. A savoir se présenter en « petit » divertissement bis, film fauché candidat à la séance de minuit mais parallèlement ultra-généreux. En somme, un plaisir coupable pour adeptes du cinoche d’exploitation sans prétentions, carte sur laquelle joue malicieusement Ian Kessner en emballant son travail dans un look furieusement grindhouse, griffures et brulures factices à l’appui. Le bougre pousse même l’hommage jusqu’à user du ressort « bobine manquante » qui lui permet un cliffhanger des plus sympathiques une quinzaine de minutes plus tard. Lost After Dark pourra certes rebuter les plus jeunes qui ignorent les pratiques des petits cinoches de l’époque – ces derniers égaraient des pans entiers de certains films mais les remontaient avec les moyens du bord –, mais filera la banane aux aficionados de n’importe-nawak gore peuplé d’ados plus crétins les uns que les autres.

 

 

Lost After Dark patauge pourtant à l’allumage. La mise en place reste plutôt longue – près de cinquante minutes – et déroule des poncifs sans parvenir à distiller convenablement le second degré attendu. Les personnages sauvent légèrement la situation, le métrage misant sur la galerie complète du slasher pur premium. Le gros lard looser, la pute de service, le footballeur macho, la rockeuse rebelle, le black athlétique partagent donc leur temps de présence avec l’héroïne pucelle et le beau gosse dégoulinant de bons sentiments. Passé la phase d’exposition, Kessner sort pourtant légèrement des rails en dégommant son petit monde en mode aléatoire. Une manœuvre heureuse qui lui permet d’installer dans son travail un suspense inattendu, celui-ci se payant le luxe d’un twist redoutable en ce qui concerne la fameuse « survivante ». Joyeusement sanguinolent et bourré ras la gueule d’idées débiles à souhait, Lost After Dark charcle sévère dans sa seconde moitié. Kessner s’affranchit de la totale en matière de meurtres bien craspecs, accompagne le tout d’un petit soupçon d’érotisme gentillet – deux trois plans nichons, une pipe hors-champs – et impose dès lors une rythmique implacable. Le tout bouffi Robert Patrick – Une Nuit en Enfer 2, Terminator 2 – vient même tapiner avec bonheur dans le coin. Le fun aurait été complet en fournissant un petit effort sur le tueur psychotique de rigueur, qui aborde ici un look préhistorique assez peu charismatique en comparaison des modèles du genre que sont Jason Voorhees ou Michael Myers. Dommage.

 

 

Ian Kessner signe avec Lost After Dark sa première véritable réalisation, ce dernier n’étant intervenu jusqu’ici que sur un téléfilm ainsi que des courts métrages. Si les maladresses techniques sont globalement excusables du fait de l’aspect volontairement nanardesque de l’œuvre, certaines séquences en pâtissent en sombrant dans une relative illisibilité. C’est notamment le cas d’une bonne moitié des scènes de brutalité gratuite qui perdent de ce fait légèrement en impact, d’autant plus que la direction photo sombre à souhait ne contribue clairement pas à comprendre ce qu’il se passe. Le casting est pour sa part croquignolet. Les jeunes acteurs jouent absolument tous comme des savates, mais n’ont pas à rougir face à un Robert Patrick en roue libre totale dans un rôle de beauf relou complètement délirant. Du tout bon.

 

 

Lost After Dark est un excellent mauvais film. Non dénué de défauts et parfois extrêmement maladroit dans sa mise en scèe, le métrage compense très largement en ressuscitant avec brio l’esprit décérébré et décomplexé du slasher vite-fait mal-fait des eighties. Vite, une suite.

 

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